Myostatine : la musculation la fait baisser, l’épicatéchine aide surtout après 60 ans

Par , publié le , mis à jour le .

En 2004, une équipe de Berlin a décrit un petit garçon aux cuisses hors normes : vers 4 ans, il tenait deux haltères de 3 kg bras tendus. Son gène de la myostatine, la protéine qui freine la croissance des muscles, ne fonctionnait pas. Depuis, le « bloqueur de myostatine » est devenu une promesse de rayon : dépasser sa limite naturelle avec une gélule. Chez l’humain, ce qui fait le plus sûrement baisser la myostatine, c’est la musculation. L’épicatéchine du cacao a de vrais résultats chez des seniors qui perdent du muscle, rien de démontré chez le jeune pratiquant, et les médicaments qui bloquent la myostatine ajoutent du muscle sans toujours ajouter de la force.

Un frein fabriqué par le muscle lui-même

La myostatine, aussi appelée GDF-8, appartient à la famille du TGF-bêta, des facteurs qui règlent la croissance des tissus. Le muscle la fabrique, et elle agit sur lui. Son travail : l’empêcher de grossir sans limite.

Elle se fixe sur un récepteur de la membrane des cellules musculaires, le récepteur à l’activine de type IIB, qu’on abrège en ActRIIB. Ce récepteur active à l’intérieur de la cellule deux protéines, Smad2 et Smad3. Elles entrent dans le noyau et freinent les gènes de la croissance. Elles s’opposent aussi à la voie Akt et mTOR, la voie principale de la synthèse des protéines musculaires, celle que stimulent l’entraînement et l’apport en protéines. Une revue de 2022 résume ce circuit dans ce schéma :

Schéma : la myostatine se fixe sur son récepteur de la membrane, active Smad2 et Smad3, coupe la voie AKT et mTOR qui fabrique les protéines et active les gènes qui les dégradent, ce qui fait perdre du muscle
La myostatine (MSTN) se fixe sur son récepteur, coupe la voie AKT et mTOR qui fabrique les protéines du muscle (à gauche) et active les gènes qui les dégradent (à droite). En haut, en rouge, ce qui peut l’intercepter : follistatine (FST), anticorps (MSTN-Ab), GASP1 ou faux récepteur (sACVRIIB). Baig et al., Frontiers in Physiology, 2022, figure 1, licence CC BY 4.0.

Le corps a aussi son frein du frein : la follistatine, une protéine qui capture la myostatine avant qu’elle atteigne son récepteur. C’est pour ça que beaucoup d’études mesurent les deux en même temps.

La myostatine n’est pas seule à freiner. Chez le singe, une cousine, l’activine A, pèse même plus lourd qu’elle sur la masse musculaire (Latres, 2017, une équipe du laboratoire Regeneron). C’est une des raisons pour lesquelles les résultats de la souris ne se retrouvent pas tels quels chez l’humain.

Double musculature : des chiens, des vaches, des souris et un petit garçon

Tout commence en 1997 à Baltimore. L’équipe de Se-Jin Lee retire le gène de la myostatine à des souris : leurs muscles pèsent 2 à 3 fois plus lourd, avec plus de fibres et des fibres plus grosses (McPherron, 1997). La même année, elle trouve la cause de la « double musculature » de deux races de vaches, la Blanc Bleu Belge et la Piémontaise : une mutation du même gène (McPherron et Lee, 1997).

En 2007, c’est au tour des whippets, des lévriers de course. Certains, surnommés « bully whippets », portent deux copies d’une petite mutation du gène. Ceux qui n’en ont qu’une copie sont plus musclés que les autres, et plus rapides en course (Mosher, 2007). Voilà à quoi ils ressemblent :

Neuf photos de whippets : à gauche des chiens fins sans mutation, au centre des chiens plus musclés avec une copie de la mutation, à droite des chiens massifs avec deux copies
À gauche, des whippets sans mutation (+/+). Au centre, avec une copie de la mutation de la myostatine (mh/+), plus musclés. À droite, avec deux copies (mh/mh), les « bully whippets ». Mosher et al., PLoS Genetics, 2007, figure 1, domaine public (CC0).

Chez l’humain, le cas le plus connu date de 2004. Markus Schuelke et ses collègues de l’hôpital de la Charité publient l’histoire d’un garçon dont la mère était une ancienne athlète professionnelle (Schuelke, 2004). Une mutation empêchait son gène de la myostatine de fonctionner. La section de ses quadriceps dépassait de 7,2 écarts-types la moyenne des enfants de son âge, et vers 4 ans il tenait deux haltères de 3 kg bras tendus à l’horizontale (détails repris par Omosule et Phillips, 2021).

Ces animaux ne sont pas des athlètes parfaits pour autant. Chez des souris sans myostatine, les muscles plus gros ne développent pas plus de force maximale. Rapportés à leur taille, ils sont même plus faibles, avec moins de mitochondries, les centrales à énergie de la cellule (Amthor, 2007). Leurs tendons sont plus petits et plus cassants (Mendias, 2008).

Surtout, ces cas parlent d’une suppression totale et définitive, dès l’embryon. Ils ne disent rien de ce que donne une petite baisse chez un adulte qui s’entraîne. C’est exactement là que le marketing fait son raccourci.

La musculation fait baisser la myostatine de 20 à 45 %

On commence avec Roth (2003). 15 jeunes et seniors, hommes et femmes, ont fait 9 semaines d’extension de jambe lourde, d’un seul côté. Dans les biopsies du quadriceps, des petits prélèvements de muscle à l’aiguille, l’activité du gène de la myostatine a baissé de 37 %. Walker (2004) a mesuré la protéine dans le sang de 17 hommes après 10 semaines de musculation lourde : -20 % en moyenne, avec de grosses différences d’une personne à l’autre. Laurentino (2012) a comparé trois façons de s’entraîner chez 29 hommes actifs pendant 8 semaines. Je te mets les chiffres juste en dessous :

Graphique en barres horizontales : la myostatine baisse de 37 % chez Roth, de 20 % chez Walker, de 41 % à 80 % du maximum et de 45 % à 20 % du maximum avec garrot chez Laurentino
Baisse de la myostatine après un programme de musculation, dans le muscle (activité du gène) ou dans le sang (protéine). Chez Laurentino, la charge légère sans garrot (20 % du maximum) ne l’a pas fait baisser de façon significative. Graphique MuscuNutrition d’après les chiffres de Roth et al., Exp Biol Med, 2003, Walker et al., Med Sci Sports Exerc, 2004, et Laurentino et al., Med Sci Sports Exerc, 2012.

Le lourd et le léger avec garrot, le sang du membre partiellement bloqué, ont aussi fait grossir le quadriceps d’environ 6 %. Le léger sans garrot n’a fait ni l’un ni l’autre : ce qui compte, c’est un effort qui fait grossir le muscle, pas la charge en elle-même.

En 2023, Khalafi et ses collègues ont regroupé 26 essais et 768 adultes de 18 à 82 ans. La musculation fait baisser la myostatine du sang et monter la follistatine, quel que soit l’âge. L’effort agit aussi par une autre voie : après 3 heures de vélo, la follistatine du sang est multipliée jusqu’à 7 fois dans les heures qui suivent, et elle viendrait du foie, pas du muscle qui travaille (Hansen, 2011).

Toutes les études ne vont pas dans ce sens. Chez 22 hommes non entraînés, 12 semaines à 85-90 % du maximum ont fait monter la myostatine, avec pourtant du muscle et de la force en plus (Willoughby, 2004).

Comment faire baisser la myostatine ? Avec de la musculation. Huit à dix semaines de séances lourdes, ou légères avec garrot, la font baisser de 20 à 45 % selon les études, et font monter la follistatine. C’est de loin le moyen le mieux démontré chez l’humain.

Gène du muscle ou protéine du sang : ce que les études mesurent

Certaines études mesurent l’activité du gène dans une biopsie, d’autres la protéine dans le sang. Dans le muscle, la baisse se joue surtout juste après la séance : chez 40 hommes en musculation, l’activité du gène était plus basse 4 heures après la dernière séance, puis remontait à 48 heures (Agergaard, 2015).

Le dosage dans le sang, lui, est discuté. Avec une méthode plus précise que les kits habituels, l’équipe de Bergen (2015) trouve que les jeunes hommes ont environ deux fois plus de myostatine dans le sang que les jeunes femmes, et plus que les hommes âgés. Une baisse dans le sang n’est donc pas un résultat en soi : ce qui compte, c’est la force et le muscle mesurés à côté.

Épicatéchine : plus de force chez les seniors en perte de muscle

L’épicatéchine est un flavanol, une petite molécule du cacao et du thé. C’est le « bloqueur naturel » de myostatine le plus vendu. Chez de vieilles souris, 1 mg/kg pendant 2 semaines a fait baisser la myostatine du muscle de 21 % et monter la follistatine de 56 % (Gutierrez-Salmean, 2014).

Dans le même article, 6 adultes de 41 ans ont pris 25 mg d’épicatéchine pure deux fois par jour, environ 1 mg/kg. Après 7 jours, leur force de serrage de la main avait gagné 7 % environ, et le rapport follistatine sur myostatine du sang 49 %. Six personnes, une semaine, aucun placebo : c’est un point de départ, pas une preuve.

L’essai de Mafi : 62 hommes sarcopéniques de 68 ans

L’essai le plus utile date de 2019. En Iran, Mafi et ses collègues ont recruté 62 hommes de 68 ans atteints de sarcopénie, la fonte musculaire liée à l’âge. Pendant 8 semaines, ils ont été tirés au sort en quatre groupes : musculation seule, épicatéchine seule à 1 mg/kg par jour (environ 70 mg pour 70 kg), musculation plus épicatéchine, ou placebo. Le programme : 3 séances par semaine, 8 exercices sur machines, 3 séries de 8 à 12 répétitions à 60-80 % du maximum.

La force à la presse à cuisses et au développé a le plus progressé dans le groupe musculation plus épicatéchine. La follistatine aussi. La myostatine n’a baissé que dans les deux groupes qui s’entraînaient. Et l’indice de masse musculaire des bras et des jambes, comme le temps pour se lever d’une chaise, marcher quelques mètres et se rasseoir, s’est amélioré dans les trois groupes actifs par rapport au placebo, épicatéchine seule comprise. Je n’ai pu lire que son résumé et les tableaux de deux revues qui le reprennent.

En 2026, Zhu et ses collègues ont regroupé 11 essais où l’on prenait un polyphénol en plus de la musculation. L’essai de Mafi y ressort comme le plus favorable de tous. Voilà ce que ça donne :

Graphique en forêt de huit essais de polyphénols ajoutés à la musculation : la ligne Mafi 2018 est la plus à droite, avec un effet de 0,83 en faveur de l'épicatéchine, et le losange de l'effet moyen est à 0,25
Effet d’un polyphénol ajouté à la musculation sur la force : à droite du pointillé, le groupe complément progresse plus. La ligne « Mafi 2018 » (l’essai sur l’épicatéchine) est la plus à droite, avec un effet plutôt fort de 0,83. Le losange orange donne l’effet moyen des 8 essais, petit et incertain. Zhu et al., Frontiers in Nutrition, 2026, figure 4, licence CC BY 4.0.

Ce qui n’est pas mal du tout pour un complément. Mais c’est un seul essai, avec une quinzaine d’hommes par groupe, et personne ne l’a refait.

Même sans entraînement, chez 67 sexagénaires coréens

Seo et ses collègues (2021) ont testé un extrait de thé vert traité par une enzyme pour le rendre riche en épicatéchine : 600 mg par jour, soit environ 60 mg d’épicatéchine, avec aussi beaucoup d’acide gallique. 80 adultes de 60 ans et plus, en majorité des femmes, l’ont pris ou ont pris un placebo pendant 12 semaines, sans changer leurs habitudes. 67 ont été analysés. Voilà les résultats :

Trois graphiques en barres sur 12 semaines : force des fléchisseurs du genou droit +6,18 sous extrait contre -1,85 sous placebo, préhension de la main droite -0,15 contre -1,57 kg, myostatine du sang -0,22 contre +0,02 ng/mL
Variation en 12 semaines, sans entraînement : la force des muscles de l’arrière de la cuisse droite monte sous extrait et baisse sous placebo, la force de la main droite baisse beaucoup moins, et la myostatine du sang baisse. Graphique MuscuNutrition d’après les chiffres de Seo et al., Antioxidants, 2021, tableaux 2, 3 et 5.

Sans la moindre séance, c’est encourageant. Mais sur les quatre groupes de muscles testés au genou, seuls les fléchisseurs du genou droit ont progressé plus que sous placebo. La masse des bras a baissé de 70 à 90 g dans les deux groupes, alors que le résumé ne parle que du placebo. Cinq personnes ont été retirées de l’analyse, et l’extrait venait de son fabricant, BTC Corporation, qui compte deux des auteurs.

D’autres essais vont dans le même sens chez des personnes âgées ou malades. Chez 44 personnes de 72 ans atteintes d’artérite des jambes, 6 mois d’une boisson de cacao apportant 75 mg d’épicatéchine par jour ont allongé de 42,6 m la marche en 6 minutes (McDermott, 2020). Chez des adultes de 55 à 90 ans, 12 semaines de cacao riche en flavonoïdes ont amélioré le lever de chaise et la masse musculaire (Munguia, 2019).

Dans la myopathie de Becker, une maladie génétique du muscle, 7 hommes ont pris 50 mg deux fois par jour pendant 8 semaines. Leur follistatine a monté et leur myostatine a baissé, dans le muscle comme dans le sang (McDonald, 2021). Mais il n’y avait pas de placebo, et l’étude était financée par Epirium Bio, qui développe l’épicatéchine comme médicament.

L’épicatéchine est-elle un vrai bloqueur de myostatine ? Chez des seniors, elle la fait un peu baisser : en 12 semaines contre placebo sans entraînement, et en 8 semaines quand elle s’ajoute à la musculation, avec plus de force à la clé. Chez de jeunes adultes à vélo, la myostatine du muscle n’a pas bougé.

Chez les jeunes : rien sur le muscle, un frein sur l’endurance

Chez des jeunes en bonne santé, le seul essai de plusieurs semaines est défavorable. Schwarz (2018) a donné 100 mg d’épicatéchine pure deux fois par jour, ou un placebo, à des adultes actifs de 18 à 30 ans pendant 4 semaines de vélo. 20 sont allés au bout. La puissance en sprint a progressé autant dans les deux groupes. Mais la VO2max, la quantité maximale d’oxygène que ton corps peut utiliser, est passée de 33,2 à 40,7 mL/kg/min sous placebo, contre 34,3 à 36,4 sous épicatéchine. Une enzyme des mitochondries, la SDH, n’a augmenté que sous placebo. Et la myostatine du muscle n’a bougé dans aucun groupe.

C’est le même genre de frein que celui des fortes doses de vitamines C et E, que je décris dans mon article sur les antioxydants en musculation. Avec 9 personnes par groupe, il reste à confirmer. Prise juste avant l’effort, l’épicatéchine n’a augmenté ni le flux sanguin du bras pendant des curls, ni la performance en CrossFit (Schwarz, 2020). Et aucun essai ne l’a testée sur plusieurs semaines de musculation chez de jeunes pratiquants.

Chocolat noir et thé : il faudrait en manger des tablettes

Chocolat noir concassé dans un bol en verre, l'un des aliments qui apportent de l'épicatéchine

On trouve de l’épicatéchine dans le cacao et le thé vert, mais pas beaucoup. Dans l’essai de Taub (2016), 20 g d’un chocolat noir choisi pour sa richesse en flavanols apportaient 26 mg d’épicatéchine, pour 100 kcal. Pour retrouver la dose de l’essai de Mafi, environ 70 mg pour un homme de 70 kg, il en faudrait plus de 50 g par jour, soit près de 270 kcal.

Ces 20 g ont quand même fait quelque chose : chez 20 sédentaires d’environ 50 ans, 3 mois de ce chocolat ont fait monter la VO2max de 17 %, un résultat à la limite de la significativité, sans changement sous placebo. Méfie-toi du cacao en poudre fortement alcalinisé : l’essai de Munguia s’en servait comme cacao sans flavonoïdes.

Follistatine : le frein du frein, introuvable en gélule

Si la follistatine capture la myostatine, pourquoi ne pas en ajouter ? Chez la souris, ça marche. Des souris qui en fabriquent beaucoup dans leurs muscles grossissent autant que des souris sans myostatine (Lee et McPherron, 2001). Et des souris sans myostatine qui fabriquent en plus de la follistatine ont environ quatre fois plus de muscle que des souris normales (Lee, 2007) :

Photos d'une souris normale et d'une souris sans myostatine qui fabrique de la follistatine, vivantes puis sans la peau : la seconde a des épaules et des cuisses bien plus massives
À gauche, une souris normale (wild type) et une souris sans myostatine qui fabrique en plus de la follistatine (Mstn-/- F66). À droite, les mêmes sans la peau : haut du dos, puis pattes arrière. Lee, PLoS ONE, 2007, figure 3, licence CC BY 4.0.

Ce quadruplement montre que la follistatine neutralise d’autres freins que la myostatine, comme l’activine A. Chez l’humain, elle n’a été testée que par thérapie génique, injectée dans les quadriceps de 6 malades à chaque fois. Dans la myopathie de Becker, la marche en 6 minutes a gagné de 29 à 125 m chez 4 patients sur 6 (Mendell, 2015). Dans la myosite à inclusions, une maladie inflammatoire du muscle, elle a progressé de 56 m par an, quand celle de 8 malades non traités baissait de 26 m (Mendell, 2017).

Quant aux compléments vendus pour « faire monter la follistatine », je n’ai trouvé aucun essai chez l’humain dans PubMed. La follistatine est une protéine, et une protéine avalée est digérée comme les autres. Pour faire monter la tienne, l’effort reste le moyen le mieux prouvé. L’épicatéchine a aussi un petit signal : sous 50 mg deux fois par jour, la follistatine du sang de quelques volontaires était environ 2,5 fois plus haute au 5e jour qu’au 1er (Barnett, 2015).

Créatine, HMB, acide ursolique, sulforaphane : les autres « anti-myostatine » du rayon

La créatine a un résultat chez l’humain. Chez 27 hommes de 23 ans, 8 semaines de musculation ont fait baisser la myostatine du sang, plus fortement avec de la créatine qu’avec un placebo (Saremi, 2010 ; je n’ai lu que le résumé).

Une algue, Cystoseira canariensis, a été vendue comme « capteur de myostatine ». Chez 22 hommes en musculation, 1 200 mg par jour pendant 12 semaines n’ont changé ni la myostatine, ni la force, ni le muscle (Willoughby, 2004). Le HMB, un dérivé de la leucine, n’a fait baisser l’activité du gène de la myostatine que chez le rat (Shirvani, 2020).

L’acide ursolique, ici tiré du romarin, doit sa réputation à un petit essai coréen : 16 hommes en musculation, 450 mg par jour pendant 8 semaines, plus d’irisine et de force qu’au départ (Bang, 2014). La myostatine n’y était pas mesurée. Chez 22 hommes actifs, 400 mg par jour n’ont ajouté ni force ni muscle à la musculation (Lobo, 2021).

Le sulforaphane du brocoli, souvent cité, n’a agi sur la myostatine que dans des cellules en culture, de porc puis de souris (Fan, 2012 ; Son, 2017), et chez de vieilles souris (Bose, 2020). Jamais chez l’humain, comme je le montre dans mon analyse du sulforaphane. Pour la turkestérone, la « myostatine divisée par 4 » vient de cellules de souris baignées 6 heures dans un extrait.

Reste la vitamine D : chez 40 hommes en musculation, elle n’a ajouté ni muscle ni force, seulement un gène de la myostatine moins actif chez les jeunes (Agergaard, 2015), comme je l’explique dans l’article sur la vitamine D en musculation.

Inhibiteurs de myostatine : du muscle en plus, rarement de la fonction

Les laboratoires ont développé des molécules bien plus puissantes : des anticorps contre la myostatine ou son récepteur, et des faux récepteurs qui la capturent dans le sang. Ce sont des médicaments injectés dans des essais, sous surveillance médicale. Je résume ce qu’ils ont donné, sans aucun conseil d’usage.

Le premier anticorps, le MYO-029, n’a apporté ni force ni fonction à 116 adultes atteints de dystrophies musculaires (Wagner, 2008). Le faux récepteur ACE-031 a fait gagner 3,3 % de masse maigre en un mois, avec une seule injection, à des femmes ménopausées (Attie, 2013), mais son essai chez des garçons atteints de myopathie de Duchenne a été arrêté pour des saignements de nez et des petits vaisseaux dilatés sur la peau (Campbell, 2017). Chez 201 personnes de 75 ans et plus qui chutaient, 24 semaines de landogrozumab ont ajouté 0,43 kg de muscle aux bras et aux jambes, avec un peu de mieux pour monter les marches (Becker, 2015).

Le bimagrumab bloque le récepteur lui-même, donc la myostatine et l’activine A. Chez 180 sarcopéniques de 70 ans et plus, 6 mois de traitement ont fait gagner 7 % de masse maigre, contre 1 % sous placebo, mais avec un peu d’exercice et une alimentation suffisante, la fonction physique a progressé autant dans les deux groupes (Rooks, 2020). Dans la myosite à inclusions, 251 malades n’ont pas marché plus loin au bout d’un an (Hanna, 2019). Son effet le plus net porte sur la graisse : -20,5 % de masse grasse en 48 semaines chez 75 diabétiques en surpoids, avec 1,7 kg de masse maigre en plus (Heymsfield, 2021). Il est maintenant testé avec le sémaglutide contre l’obésité (Heymsfield, 2026).

L’apitegromab, qui empêche la myostatine de s’activer, a réussi un grand essai de phase 3. Chez des enfants de 2 à 12 ans atteints d’amyotrophie spinale, il a fait gagner 1,8 point de motricité par rapport au placebo en un an (Crawford, 2025). Chez 102 adultes qui maigrissaient sous tirzépatide, il a limité la perte de muscle de 1,9 kg (Pratley, 2026).

Le bilan de près de vingt ans d’essais : bloquer la myostatine ajoute du muscle, surtout chez des gens malades ou âgés, mais ce muscle ne se traduit pas toujours en force ou en marche.

Dangers des bloqueurs : l’épicatéchine passe bien, les anticorps moins

Pour l’épicatéchine, les données sont rassurantes mais minces. Des volontaires ont pris jusqu’à 200 mg en une prise, et 50 mg deux fois par jour pendant 5 jours, sans effet indésirable (Barnett, 2015), et chez Seo, les effets indésirables étaient aussi fréquents sous extrait que sous placebo. Le vrai signal, c’est le frein sur l’endurance vu chez Schwarz. Personne n’a testé plus de 200 mg par jour pendant plusieurs semaines, ni chez la femme enceinte ou qui allaite.

Les médicaments ont des effets plus nets. Sous bimagrumab, 40 à 68 % des malades ont eu des crampes selon la dose, contre 21 % sous placebo, et 32 à 52 % des diarrhées, contre 18 % (Hanna, 2019), sans compter l’acné de l’essai sur l’obésité. Le landogrozumab a donné des réactions au point d’injection chez 30 % des patients contre 9 %. Et chez la souris, la suppression totale de la myostatine rend les tendons cassants (Mendias, 2008) : personne ne sait ce que donnerait un blocage de plusieurs années chez un adulte qui soulève lourd.

Bloquer la myostatine est-il dangereux ? Avec l’épicatéchine, aucun effet indésirable n’a été relevé jusqu’à 200 mg par jour, mais elle a freiné les progrès d’endurance de jeunes adultes. Les médicaments bien plus puissants donnent crampes, diarrhées ou saignements de nez selon la molécule, et leurs effets sur plusieurs années restent inconnus.

Toutes les études humaines sur la myostatine et ses bloqueurs

ÉtudeParticipantsProduit et dose par jourDuréeRésultat
Gutierrez-Salmean 20146 adultes de 41 ans, sans placeboÉpicatéchine pure, 50 mg7 joursForce de la main +7 %, rapport follistatine sur myostatine +49 %
Mafi 201962 hommes sarcopéniques de 68 ansÉpicatéchine, 1 mg/kg, avec ou sans musculation8 semainesPlus de force et de follistatine avec musculation plus épicatéchine ; masse musculaire améliorée aussi avec l’épicatéchine seule
Seo 202167 adultes de 64 ans, surtout des femmesExtrait de thé vert, 600 mg (environ 60 mg d’épicatéchine)12 semainesFléchisseurs du genou droit +6,2 N·m contre -1,9, myostatine du sang en baisse
McDermott 202044 personnes de 72 ans avec artérite des jambesBoisson de cacao, 75 mg d’épicatéchine6 mois+42,6 m de marche en 6 minutes
Munguia 2019Adultes de 55 à 90 ansCacao riche en flavonoïdes12 semainesLever de chaise et masse musculaire améliorés
McDonald 20217 hommes avec myopathie de Becker, sans placeboÉpicatéchine, 100 mg8 semainesFollistatine en hausse, myostatine en baisse
Taub 201620 sédentaires d’environ 50 ansChocolat noir, 20 g (26 mg d’épicatéchine)3 moisVO2max +17 % (à la limite de la significativité)
Barnett 201517 volontaires en bonne santéÉpicatéchine, 50 à 200 mg1 à 5 joursAucun effet indésirable, follistatine environ x2,5
Schwarz 201820 adultes actifs de 18 à 30 ansÉpicatéchine pure, 200 mg4 semaines de véloVO2max +2,1 contre +7,5 mL/kg/min sous placebo, myostatine inchangée
Schwarz 202011 hommes, puis 11 adultesÉpicatéchine, 200 mg1 séance, puis 3 joursNi plus de flux sanguin, ni meilleur temps en CrossFit
Roth 200315 jeunes et seniorsMusculation lourde9 semainesGène de la myostatine -37 %
Walker 200417 hommesMusculation lourde10 semainesMyostatine du sang -20 %
Laurentino 201229 hommes actifsMusculation lourde, légère, ou légère avec garrot8 semainesGène de la myostatine -41 % (lourd) et -45 % (garrot)
Willoughby 200422 hommes non entraînésMusculation à 85-90 % du maximum12 semainesMyostatine en hausse, muscle et force aussi
Khalafi 202326 essais, 768 adultesMusculationVariableMyostatine en baisse, follistatine en hausse
Hansen 2011Hommes en bonne santé3 heures de vélo1 séanceFollistatine du sang x7
Agergaard 201540 hommes jeunes et âgés en musculationVitamine D, 1 920 UI16 semainesNi muscle ni force en plus ; gène de la myostatine moins actif chez les jeunes
Saremi 201027 hommes de 23 ansCréatine, avec musculation8 semainesMyostatine du sang plus basse qu’avec la musculation seule
Willoughby 200422 hommesCystoseira canariensis, 1 200 mg12 semainesAucune différence avec le placebo
Bang 201416 hommesAcide ursolique, 450 mg8 semainesIrisine et force en hausse, myostatine non mesurée
Lobo 202122 hommes actifsAcide ursolique, 400 mg8 semainesNi force ni muscle en plus
Mendell 20156 patients avec myopathie de BeckerThérapie génique de follistatineUne injectionMarche de 6 minutes +29 à +125 m chez 4 sur 6
Mendell 20176 malades de myosite à inclusionsThérapie génique de follistatineUne injection+56 m par an contre -26 m chez 8 non traités
Wagner 2008116 adultes avec dystrophie musculaireAnticorps MYO-029Non précisée dans le résuméNi force ni fonction en plus
Attie 201348 femmes ménopauséesACE-031, une injection29 joursMasse maigre +3,3 %
Campbell 2017Garçons avec myopathie de DuchenneACE-031ArrêtéSaignements de nez, vaisseaux dilatés
Becker 2015201 personnes de 75 ans et plus qui chutaientLandogrozumab24 semaines+0,43 kg de muscle, un peu mieux aux escaliers
Rooks 2020180 sarcopéniques de 70 ans et plusBimagrumab, 700 mg par mois6 moisMasse maigre +7 % contre +1 %, fonction identique
Hanna 2019251 malades de myosite à inclusionsBimagrumab52 semainesMarche identique, crampes et diarrhées
Heymsfield 202175 diabétiques en surpoidsBimagrumab48 semainesMasse grasse -20,5 %, masse maigre +1,7 kg
Heymsfield 2026507 adultes obèsesBimagrumab, avec ou sans sémaglutide48 semaines-9,3 kg seul, -17,8 kg avec sémaglutide, contre -3,3 kg
Crawford 2025188 jeunes avec amyotrophie spinaleApitegromab12 mois+1,8 point de motricité chez les 2-12 ans
Pratley 2026102 adultes sous tirzépatideApitegromab24 semaines1,9 kg de muscle perdu en moins

Dernière étude ajoutée : Pratley RE et al., 2026.

Mon conseil : la musculation d’abord, 1 mg/kg d’épicatéchine après 60 ans

Si tu as moins de 50 ans et que tu t’entraînes, ta myostatine baisse déjà à chaque bloc de musculation lourde. Mets ton énergie dans le programme, les protéines et la créatine, les bases que je classe dans ma page sur les compléments de musculation. L’épicatéchine n’a rien montré chez un jeune pratiquant, et je l’éviterais pendant un bloc d’endurance.

Après 60 ans, ou si tu perds du muscle, l’épicatéchine a de vrais arguments, surtout en plus de la musculation. Vise la dose de l’essai de Mafi, environ 1 mg par kilo et par jour (70 mg à 70 kg), pendant au moins 8 à 12 semaines, la durée des essais positifs. Les essais sont allés de 50 à 200 mg par jour, et aucun n’a comparé le matin et le soir. Si tu veux en acheter, tu peux avoir une réduction sur l’épicatéchine pure Nutriforce avec le code MUSCUNUTRITION : c’est de l’épicatéchine pure, comme dans les essais de Mafi et de Schwarz. Elle est dosée à 500 mg par gélule, au-dessus de tout ce qui a été testé sur plusieurs semaines : une gélule par jour au maximum, jamais deux.

Si tu veux savoir comment je trie toutes ces études, j’explique ma méthode de lecture dans une page à part.

Sources

  1. Latres E, Mastaitis J, Fury W et al. (2017). Activin A more prominently regulates muscle mass in primates than does GDF8. Nature Communications.
  2. McPherron AC, Lawler AM, Lee SJ (1997). Regulation of skeletal muscle mass in mice by a new TGF-β superfamily member. Nature.
  3. McPherron AC, Lee SJ (1997). Double muscling in cattle due to mutations in the myostatin gene. Proceedings of the National Academy of Sciences.
  4. Mosher DS, Quignon P, Bustamante CD et al. (2007). A Mutation in the Myostatin Gene Increases Muscle Mass and Enhances Racing Performance in Heterozygote Dogs. PLoS Genetics.
  5. Schuelke M, Wagner KR, Stolz LE et al. (2004). Myostatin Mutation Associated with Gross Muscle Hypertrophy in a Child. New England Journal of Medicine.
  6. Omosule CL, Phillips CL (2021). Deciphering Myostatin’s Regulatory, Metabolic, and Developmental Influence in Skeletal Diseases. Frontiers in Genetics.
  7. Amthor H, Macharia R, Navarrete R et al. (2007). Lack of myostatin results in excessive muscle growth but impaired force generation. Proceedings of the National Academy of Sciences.
  8. Mendias CL, Bakhurin KI, Faulkner JA (2008). Tendons of myostatin-deficient mice are small, brittle, and hypocellular. Proceedings of the National Academy of Sciences.
  9. Roth SM, Martel GF, Ferrell RE et al. (2003). Myostatin Gene Expression is Reduced in Humans with Heavy-Resistance Strength Training: A Brief Communication. Experimental Biology and Medicine.
  10. Walker KS, Kambadur R, Sharma M et al. (2004). Resistance Training Alters Plasma Myostatin but not IGF-1 in Healthy Men. Medicine & Science in Sports & Exercise.
  11. Laurentino GC, Ugrinowitsch C, Roschel H et al. (2012). Strength Training with Blood Flow Restriction Diminishes Myostatin Gene Expression. Medicine & Science in Sports & Exercise.
  12. Khalafi M, Aria B, Symonds ME et al. (2023). The effects of resistance training on myostatin and follistatin in adults: A systematic review and meta-analysis. Physiology & Behavior.
  13. Hansen J, Brandt C, Nielsen AR et al. (2011). Exercise Induces a Marked Increase in Plasma Follistatin: Evidence That Follistatin Is a Contraction-Induced Hepatokine. Endocrinology.
  14. Willoughby DS (2004). Effects of Heavy Resistance Training on Myostatin mRNA and Protein Expression. Medicine & Science in Sports & Exercise.
  15. Agergaard J, Trøstrup J, Uth J et al. (2015). Does vitamin-D intake during resistance training improve the skeletal muscle hypertrophic and strength response in young and elderly men? A randomized controlled trial. Nutrition & Metabolism.
  16. Bergen HR, Farr JN, Vanderboom PM et al. (2015). Myostatin as a mediator of sarcopenia versus homeostatic regulator of muscle mass: insights using a new mass spectrometry-based assay. Skeletal Muscle.
  17. Gutierrez-Salmean G, Ciaraldi TP, Nogueira L et al. (2014). Effects of (−)-epicatechin on molecular modulators of skeletal muscle growth and differentiation. The Journal of Nutritional Biochemistry.
  18. Mafi F, Biglari S, Ghardashi Afousi A et al. (2019). Improvement in Skeletal Muscle Strength and Plasma Levels of Follistatin and Myostatin Induced by an 8-Week Resistance Training and Epicatechin Supplementation in Sarcopenic Older Adults. Journal of Aging and Physical Activity.
  19. Zhu Y, Shi N, Wang C et al. (2026). Does chronic polyphenol supplementation modify resistance training-induced strength and muscle morphology adaptations in adults? A systematic review and multilevel meta-analysis of randomized controlled trials. Frontiers in Nutrition.
  20. Seo H, Lee SH, Park Y et al. (2021). (−)-Epicatechin-Enriched Extract from Camellia sinensis Improves Regulation of Muscle Mass and Function: Results from a Randomized Controlled Trial. Antioxidants.
  21. McDermott MM, Criqui MH, Domanchuk K et al. (2020). Cocoa to Improve Walking Performance in Older People With Peripheral Artery Disease. Circulation Research.
  22. Munguia L, Rubio-Gayosso I, Ramirez-Sanchez I et al. (2019). High Flavonoid Cocoa Supplement Ameliorates Plasma Oxidative Stress and Inflammation Levels While Improving Mobility and Quality of Life in Older Subjects: A Double-Blind Randomized Clinical Trial. The Journals of Gerontology: Series A.
  23. McDonald CM, Ramirez‐Sanchez I, Oskarsson B et al. (2021). (−)-Epicatechin induces mitochondrial biogenesis and markers of muscle regeneration in adults with Becker muscular dystrophy. Muscle & Nerve.
  24. Schwarz NA, Blahnik ZJ, Prahadeeswaran S et al. (2018). (-)-Epicatechin Supplementation Inhibits Aerobic Adaptations to Cycling Exercise in Humans. Frontiers in Nutrition.
  25. Schwarz NA, Theodore AP, Funderburg BR et al. (2020). Acute (-)-Epicatechin Consumption: Effects on Local Vasodilation Following Resistance Exercise and High-Intensity Exercise Performance. Sports.
  26. Taub PR, Ramirez-Sanchez I, Patel M et al. (2016). Beneficial effects of dark chocolate on exercise capacity in sedentary subjects: underlying mechanisms. A double blind, randomized, placebo controlled trial. Food & Function.
  27. Lee SJ, McPherron AC (2001). Regulation of myostatin activity and muscle growth. Proceedings of the National Academy of Sciences.
  28. Lee SJ (2007). Quadrupling muscle mass in mice by targeting TGF-β signaling pathways. PLoS ONE.
  29. Mendell JR, Sahenk Z, Malik V et al. (2015). A Phase 1/2a Follistatin Gene Therapy Trial for Becker Muscular Dystrophy. Molecular Therapy.
  30. Mendell JR, Sahenk Z, Al-Zaidy S et al. (2017). Follistatin Gene Therapy for Sporadic Inclusion Body Myositis Improves Functional Outcomes. Molecular Therapy.
  31. Barnett CF, Moreno-Ulloa A, Shiva S et al. (2015). Pharmacokinetic, partial pharmacodynamic and initial safety analysis of (−)-epicatechin in healthy volunteers. Food & Function.
  32. Saremi A, Gharakhanloo R, Sharghi S et al. (2010). Effects of oral creatine and resistance training on serum myostatin and GASP-1. Molecular and Cellular Endocrinology.
  33. Willoughby DS (2004). Effects of an Alleged Myostatin-Binding Supplement and Heavy Resistance Training on Serum Myostatin, Muscle Strength and Mass, and Body Composition. International Journal of Sport Nutrition and Exercise Metabolism.
  34. Shirvani H, Rahmati-Ahmadabad S, Kowsari E et al. (2020). Effects of 2-week HMB-FA supplementation with or without eccentric resistance exercise on expression of some genes related to muscle protein turnover and serum irisin and IGF-1 concentrations. Gene.
  35. Bang HS, Seo DY, Chung YM et al. (2014). Ursolic Acid-Induced Elevation of Serum Irisin Augments Muscle Strength During Resistance Training in Men. The Korean Journal of Physiology & Pharmacology.
  36. Lobo PCB, Vieira IP, Pichard C et al. (2021). Ursolic acid has no additional effect on muscle strength and mass in active men undergoing a high-protein diet and resistance training: A double-blind and placebo-controlled trial. Clinical Nutrition.
  37. Fan H, Zhang R, Tesfaye D et al. (2012). Sulforaphane causes a major epigenetic repression of myostatin in porcine satellite cells. Epigenetics.
  38. Son YH, Jang EJ, Kim YW et al. (2017). Sulforaphane prevents dexamethasone-induced muscle atrophy via regulation of the Akt/Foxo1 axis in C2C12 myotubes. Biomedicine & Pharmacotherapy.
  39. Bose C, Alves I, Singh P et al. (2020). Sulforaphane prevents age-associated cardiac and muscular dysfunction through Nrf2 signaling. Aging Cell.
  40. Wagner KR, Fleckenstein JL, Amato AA et al. (2008). A phase I/II trial of MYO-029 in adult subjects with muscular dystrophy. Annals of Neurology.
  41. Attie KM, Borgstein NG, Yang Y et al. (2013). A single ascending-dose study of muscle regulator ACE-031 in healthy volunteers. Muscle & Nerve.
  42. Campbell C, McMillan HJ, Mah JK et al. (2017). Myostatin inhibitor ACE-031 treatment of ambulatory boys with Duchenne muscular dystrophy: Results of a randomized, placebo-controlled clinical trial. Muscle & Nerve.
  43. Becker C, Lord SR, Studenski SA et al. (2015). Myostatin antibody (LY2495655) in older weak fallers: a proof-of-concept, randomised, phase 2 trial. The Lancet Diabetes & Endocrinology.
  44. Rooks D, Swan T, Goswami B et al. (2020). Bimagrumab vs Optimized Standard of Care for Treatment of Sarcopenia in Community-Dwelling Older Adults. JAMA Network Open.
  45. Hanna MG, Badrising UA, Benveniste O et al. (2019). Safety and efficacy of intravenous bimagrumab in inclusion body myositis (RESILIENT): a randomised, double-blind, placebo-controlled phase 2b trial. The Lancet Neurology.
  46. Heymsfield SB, Coleman LA, Miller R et al. (2021). Effect of Bimagrumab vs Placebo on Body Fat Mass Among Adults With Type 2 Diabetes and Obesity. JAMA Network Open.
  47. Heymsfield SB, Aronne LJ, Montgomery P et al. (2026). Bimagrumab plus semaglutide alone or in combination for the treatment of obesity: a randomized phase 2 trial. Nature Medicine.
  48. Crawford TO, Servais L, Mercuri E et al. (2025). Safety and efficacy of apitegromab in nonambulatory type 2 or type 3 spinal muscular atrophy (SAPPHIRE): a phase 3, double-blind, randomised, placebo-controlled trial. The Lancet Neurology.
  49. Pratley RE, Denham DS, Trivedi R et al. (2026). Apitegromab for lean mass preservation during tirzepatide-induced weight loss: a randomized, double-blind, placebo-controlled phase 2 trial. Nature Medicine.
  50. Baig MH, Ahmad K, Moon JS et al. (2022). Myostatin and its Regulation: A Comprehensive Review of Myostatin Inhibiting Strategies. Frontiers in Physiology.
Retour en haut