Par Nathan de MuscuNutrition, publié le .
On te vend le collagène marin comme une crème antirides à avaler : du collagène de poisson qui irait se loger dans tes rides. Ça ne se passe pas comme ça, parce que ton intestin le découpe et que ton corps ne le recolle pas tel quel. Pourtant, quand on regroupe les essais contre placebo, la peau gagne bien en hydratation, et un peu en élasticité, au bout de 8 à 12 semaines. Le hic, c’est que presque tous ces essais ont été payés par des fabricants, et que les autres trouvent beaucoup moins. Pour les cheveux et les ongles, les essais se comptent sur les doigts d’une main ; pour les os, ils ont surtout utilisé du bœuf.
Peau, écailles et arêtes : d’où sort le collagène marin
Le collagène marin est tiré de la peau, des écailles et parfois des arêtes de poissons, souvent des restes de l’industrie du filet. Dans les essais, on croise surtout le pangasius, un poisson-chat d’élevage d’Asie, et le tilapia.

Collagène de type 1 ou de type 2 : ce que veut dire le numéro
On connaît près de 28 types de collagène, d’après la revue de León-López (2019). Le type I est celui de ta peau, de tes os, de tes tendons et de tes ligaments. Le type II est celui du cartilage. Le collagène de peau et d’écailles de poisson est du type I, comme celui de la peau de porc : Ohara et son équipe (2007) ont d’ailleurs comparé trois collagènes « de type I », deux de poisson et un de porc.
Une fois le collagène hydrolysé, le numéro compte beaucoup moins, parce que l’hydrolyse défait la structure qui distingue les types. Le type II n’a vraiment de sens que pour l’UC-II, du collagène non dénaturé dosé à 40 mg, un tout autre produit que je présente dans mon article sur le collagène en musculation.
Hydrolysé : la triple hélice coupée en petits peptides
Le collagène natif est une grosse molécule : trois chaînes enroulées en hélice, d’environ 300 kDa (le kilodalton est l’unité de poids des molécules). On le chauffe pour séparer les chaînes, ce qui donne la gélatine. Puis des enzymes coupent la gélatine en peptides, de petits morceaux de protéine de 3 à 6 kDa en moyenne :

Certains fabricants coupent encore plus finement. Dans l’essai de Tak, les peptides pesaient 500 Da en moyenne et 20 % étaient des tripeptides, des chaînes de trois acides aminés. Garde ce détail en tête : la taille des peptides semble compter plus que le poisson d’origine.
Pro-Hyp et Gly-Pro-Hyp : les morceaux qui passent intacts dans le sang
Ton intestin finit de découper les peptides, et l’essentiel arrive dans le sang sous forme de glycine, de proline et d’hydroxyproline libres, que ton corps sait aussi fabriquer (voir l’article sur la glycine). Mais une partie passe en petits morceaux intacts. Le plus abondant est la Pro-Hyp, une proline collée à une hydroxyproline, qui culmine dans le sang 1 à 2 heures après la prise (Iwai, 2005).
Sur des fibroblastes de peau humaine en culture, les cellules qui fabriquent le collagène du derme, la Pro-Hyp a multiplié leur croissance par 1,5 et leur production d’acide hyaluronique par 3,8 (Ohara, 2010). Chez la souris, le Gly-Pro-Hyp avalé arrive jusque dans la peau (Yazaki, 2017). Ce sont des cellules et des souris : ça explique pourquoi le collagène pourrait agir, pas qu’il agit chez toi.
La quantité qui passe dépend du produit. Plus un hydrolysat contient de Gly-Pro-Hyp, plus on en retrouve dans le sang (Yamamoto, 2016). Et ça semble se voir sur la peau. Chez 80 femmes de 35 à 55 ans, Inoue (2016) a comparé deux hydrolysats à 2,5 g par jour pendant 8 semaines : le plus riche en Pro-Hyp et en Hyp-Gly a fait mieux que l’autre et que le placebo sur l’hydratation, l’élasticité et les rides.
Poisson, porc ou bœuf : une absorption presque égale
L’argument de vente numéro un du collagène marin, c’est une meilleure absorption, mais les essais qui comparent les sources sont minuscules. Chez Ohara, 5 hommes ont avalé tour à tour un hydrolysat d’écailles de poisson, de peau de poisson et de peau de porc. Les peptides contenant de l’hydroxyproline étaient plus nombreux dans le sang avec les écailles qu’avec le porc, et certains n’apparaissaient qu’avec le poisson.
L’essai le plus récent est moins flatteur. Virgilio (2024) a donné à 6 volontaires, à tour de rôle, 10 g de collagène de poisson, de porc ou de bœuf. L’hydroxyproline libre du sang a été multipliée par 7,2 avec le poisson, 9,9 avec le porc et 6,2 avec le bœuf, sans différence significative. Le poisson apportait jusqu’à 2,3 fois plus de certains petits peptides que le bœuf, mais pas plus de Pro-Hyp. La plupart des auteurs travaillent pour Rousselot, qui vend les trois, et concluent à une absorption « très comparable ».
Une analyse de 4 hydrolysats va dans le même sens : la taille des peptides change plus leur devenir pendant la digestion que l’animal d’origine (Kleinnijenhuis, 2020). Mon avis : le collagène marin vaut celui de porc ou de bœuf, sans plus. Son vrai avantage, c’est qu’il convient si tu ne manges ni porc ni bœuf, ou si tu manges du poisson mais pas de viande.
Hydratation, rides, élasticité : le bilan de 26 essais sur la peau
On commence avec la méta-analyse de Pu (2023) : 26 essais contre placebo, 1 721 participants, presque tous des femmes. Le collagène hydrolysé y améliore l’hydratation et l’élasticité de la peau. 14 de ces essais utilisaient du collagène de poisson. Voilà ce que ça donne pour l’hydratation, rangée par origine :

Le losange du poisson est franchement à droite : un effet moyen, et net. Les auteurs en concluent que le poisson est la meilleure source pour l’hydratation. Je serais plus prudent, puisque le bœuf, le porc et le poulet n’ont qu’un essai chacun en face. L’effet était plus marqué au-delà de 8 semaines, et sur l’élasticité, l’origine ne changeait rien. Sur 19 essais et 1 125 participants, de Miranda (2021) trouve aussi plus d’hydratation, plus d’élasticité et moins de rides qu’avec le placebo, au bout d’environ 90 jours.
Un gramme par jour : les essais coréens aux peptides très courts
Le plus parlant des essais à 1 g est celui de Kim (2018) : en Corée, 64 femmes de 40 à 60 ans ont pris 1 g de peptides de peau de pangasius ou un placebo, dans une petite boisson, pendant 12 semaines. Voilà les chiffres d’hydratation :

La hausse est déjà là à 6 semaines, ce qui n’est pas mal du tout pour 1 g. À 12 semaines, les pattes d’oie notées par les dermatologues étaient aussi moins marquées, et deux mesures d’élasticité sur trois faisaient mieux que le placebo. Limites : 53 femmes seulement sont allées au bout, et deux des auteurs travaillaient pour Newtree, qui fabrique ces peptides.
Avec 1 g de peptides d’écailles de poisson, Jung (2021) trouve 7,3 % d’hydratation en plus que sous placebo en 12 semaines, chez 50 adultes de 35 à 60 ans. Les auteurs sont salariés d’Amorepacific, un groupe de cosmétiques. Lee (2024) a donné 1 g de collagène de pangasius en boisson à 85 adultes à la peau abîmée par le soleil : peau plus hydratée dès 6 semaines, moins rugueuse et plus élastique. L’essai était entièrement payé par le fabricant, Amicogen.
Toutes les études ne vont pas dans ce sens. Chez 84 femmes de 40 à 60 ans, 1 g de tripeptides de peau de tilapia pendant 12 semaines n’a fait mieux que le placebo ni sur l’hydratation, ni sur les rides, ni sur l’élasticité. Seule la perte d’eau à travers la peau a baissé davantage (Tak, 2021). Et trois auteurs de cet essai travaillaient pour Amicogen, le même fabricant que chez Lee.
De 5 à 10 g par jour : les essais aux hydrolysats classiques
Chez 36 femmes ménopausées, 5 g de collagène marin par jour ont amélioré l’élasticité des joues en 4 semaines seulement, et l’écart avec le placebo tenait encore 4 semaines après l’arrêt (Sangsuwan, 2021). Asserin (2015) a mené deux essais avec 10 g de collagène de poisson ou de porc : l’hydratation montait au bout de 8 semaines, et dès 4 semaines, le collagène du derme était plus dense à l’échographie. Au Japon, 10 g de collagène d’écailles de tilapia, pris avec de l’ornithine et de la vitamine C, ont amélioré l’élasticité de 22 adultes en 8 semaines (Ito, 2018). Avec trois ingrédients, difficile de faire la part du collagène.
Là, ça se complique un peu. Evans (2021) a donné 10 g de collagène de pangasius ou un placebo à 50 femmes de 45 à 60 ans pendant 12 semaines. Son critère principal, l’élasticité des joues, n’a pas fait mieux que le placebo. Le score de rides a quand même baissé de 35 % par rapport au départ dans le groupe collagène. L’essai était financé par Vinh Hoan, le fabricant.
L’essai le plus cité sur les rides, lui, utilisait 2,5 g de peptides Verisol, sans que le résumé en précise l’origine. Chez 114 femmes de 45 à 65 ans, le volume des rides autour des yeux a baissé de 20 % par rapport au placebo en 8 semaines, et le procollagène de type I, le collagène en cours de fabrication, était 65 % plus abondant dans la peau (Proksch, 2014).
Oui, le collagène marin hydrate la peau : dans la plupart des essais, l’hydratation et un peu l’élasticité s’améliorent par rapport au placebo après 8 à 12 semaines, de 1 à 10 g par jour. Les rides baissent aussi dans une partie des essais, de 14 à 20 % de volume ou de profondeur dans ceux qui les mesurent à l’appareil.
Les essais payés par les fabricants, et les autres
Newtree, Amorepacific, Amicogen, Vinh Hoan, Rousselot : sur la peau, presque tous les essais sont financés ou menés par l’entreprise qui vend le produit. En 2025, Myung et Park ont refait le calcul sur 23 essais et 1 474 participants en séparant les deux. Tous essais confondus, le collagène améliorait l’hydratation, l’élasticité et les rides. Dans les essais sans financement de l’industrie, il n’y avait plus d’effet sur aucun des trois, et pas davantage dans les essais de bonne qualité. Je n’en ai lu que le résumé.
La revue de Bassila (2026) est plus favorable : hydratation améliorée dans 10 essais sur 15, élasticité dans 10 sur 13, rides dans 9 sur 10. Mais elle juge la majorité de ces essais à haut risque de biais. Un essai payé par un fabricant n’est pas faux pour autant, mais je le signale à chaque fois (voir ma méthode de lecture des études). Selon moi, l’effet sur l’hydratation revient assez souvent pour être pris au sérieux, mais il est sans doute plus petit que ce que montrent les essais des fabricants.
Cheveux et ongles : trois essais récents et beaucoup de promesses
Pour les cheveux, l’essai le plus complet est celui de Reilly (2024) : 140 adultes de 40 à 60 ans, à 90 % des femmes, ont pris 8 g de collagène marin avec 60 mg de vitamine C, ou un placebo, pendant 12 semaines. Hydratation +13,8 % et élasticité +22,7 % par rapport au placebo pour la peau, mais c’est plus mince pour les cheveux. Le nombre de cheveux compté à la caméra a monté de 27,6 % de plus que sous placebo, mais l’écart n’était pas significatif. L’aspect des cheveux noté par un expert s’est amélioré de 31,9 %, contre 9,4 % sous placebo. L’essai a été payé par Absolute Collagen, dont presque tous les auteurs sont salariés.
Deux essais de 2026 vont dans le même sens, mais je n’en ai lu que les résumés. Chez 114 femmes qui trouvaient leurs cheveux plus fins, 1 g de peptides de peau de poisson pendant 24 semaines a augmenté le diamètre des cheveux, et réduit la cellulite des cuisses (Hwang, 2026). Chez des adultes aux cheveux abîmés, 3 g de peptides courts ont amélioré la brillance, la résistance et le diamètre des cheveux en 24 semaines (Kim, 2026).
Pour les ongles, l’essai le plus cité n’a pas de placebo : 25 personnes aux ongles cassants ont pris 2,5 g de peptides Verisol pendant 24 semaines, et leurs ongles poussaient 12 % plus vite et cassaient 42 % moins souvent (Hexsel, 2017). Je n’ai trouvé aucun essai contrôlé avec du collagène marin sur les ongles. Une revue de dermatologues le dit bien : sur Instagram et YouTube, les promesses pour la peau, les ongles et les cheveux vont bien au-delà des preuves (Rustad, 2022).
Os et articulations : très peu d’essais avec du collagène marin
L’essai de référence sur les os a utilisé du collagène de bœuf. König (2018) a suivi 131 femmes ménopausées dont la densité osseuse avait baissé. Pendant un an, elles ont pris 5 g de peptides de collagène bovin ou une poudre sans protéines. Voilà les résultats :

Les auteurs jugent ce gain cliniquement important. Limites : 102 femmes sur 131 sont allées au bout, et Gelita, qui vend ces peptides, a financé une partie de l’étude. Les auteurs disent eux-mêmes ne pas savoir quelle origine, marine, porcine ou bovine, marche le mieux.
Chez 51 femmes ménopausées, 5 g de peptides ajoutés au calcium et à la vitamine D ont fait mieux que le calcium et la vitamine D seuls : la densité de la partie spongieuse du tibia a gagné 2,5 % en un an (Lampropoulou-Adamidou, 2022). Sur 15 études, Kuhlman (2026) juge la piste prometteuse chez les femmes ménopausées, avec des résultats qui ne concordent pas tous. Avec du collagène marin, je n’ai trouvé aucun essai contrôlé chez l’humain sur la densité osseuse.
Pour les articulations, j’ai repris les essais chez les sportifs dans l’article sur le collagène, les tendons et les genoux : 5 à 10 g par jour pendant au moins 3 mois réduisent un peu la douleur du genou à l’effort. Le seul essai marin que j’ai trouvé y ajoute glucosamine, chondroïtine et vitamines. Chez 120 personnes, la douleur articulaire notée par les participants a baissé de 43 % en 90 jours (Czajka, 2018), sans qu’on puisse dire ce qui revient au collagène.
Vitamine C et acide hyaluronique : ce qu’ils ajoutent au collagène
La vitamine C est indispensable à la fabrication du collagène. Elle fait marcher les enzymes qui transforment la proline et la lysine des chaînes en hydroxyproline et en hydroxylysine, ce qui stabilise la triple hélice. Sans elle, c’est le scorbut : peau fragile, plaies qui cicatrisent mal. Mais la vitamine C de la peau ne monte plus une fois que celle du sang est au maximum : en ajouter n’aide que si tu en manques (Pullar, 2017).
Beaucoup d’essais en ajoutent 60 à 80 mg, mais je n’ai trouvé aucun essai sur la peau qui compare le collagène avec et sans vitamine C. Pour les tendons, l’expérience de Shaw (2017) donnait de la vitamine C dans tous les groupes, et l’écart venait de la gélatine. Évite par contre les fortes doses : 1 g par jour peut freiner certaines adaptations à l’entraînement (voir l’article sur les antioxydants en musculation).
Le collagène marin avec de la vitamine C, ce n’est pas obligatoire : elle sert à fabriquer le collagène, mais aucun essai n’a montré qu’en ajouter améliore l’effet sur la peau. Si tu manges des fruits et des légumes, tu en as déjà. Les 60 à 80 mg ajoutés dans les essais ne posent pas de problème.
Pour l’acide hyaluronique, l’essai qui répond à la question est slovène. Žmitek (2024) a réparti 90 femmes de 40 à 65 ans en trois groupes pendant 16 semaines : 5 g de collagène avec 80 mg de vitamine C, la même chose avec 30 mg d’acide hyaluronique, ou un placebo. Le collagène était bovin, mais c’est le seul essai qui teste l’ajout d’acide hyaluronique :

Les deux formules ont rendu le derme plus dense et les rides moins profondes, sans changer l’hydratation ni l’élasticité, et l’acide hyaluronique n’a rien ajouté. L’essai était financé par une agence publique et par le fabricant des produits. Pris seul, l’acide hyaluronique a pourtant marché à 120 mg par jour, sur les rides, l’hydratation et l’élasticité de 40 adultes en 12 semaines (Hsu, 2021, un essai payé par Kewpie, qui le fabrique). Dans un collagène marin « avec acide hyaluronique », regarde donc la dose : à 30 mg, quatre fois moins, il n’a rien ajouté au collagène.
Collagène marin en poudre ou en gélules : une affaire de grammes
La dose varie de 1 à 10 g d’un essai à l’autre. Sur 10 essais, Danessa (2025) relève 4 g par jour le plus souvent, 3,5 g en valeur médiane, avec des effets de 1 à 10 g. Voilà les doses des essais sur le poisson que je t’ai présentés :

Deux familles se dessinent : 1 g par jour de peptides très courts, testés surtout en Corée, ou 2,5 à 10 g d’un hydrolysat classique. Avec des gélules de 500 mg, 1 g, ce sont 2 gélules, mais 5 g en feraient 10. Au-dessus de 2,5 g, la poudre dans un verre d’eau est plus simple ; pour 1 g, les gélules suffisent.
Si tu veux en acheter, tu peux avoir une réduction sur le Collagène Marin Nutriforce avec le code MUSCUNUTRITION : ses 2 gélules apportent 1 g de collagène marin hydrolysé par jour, la quantité testée dans les essais de Kim, Jung et Lee.
Les critères qui comptent pour choisir un collagène marin
Pour trouver le meilleur collagène marin, aucun essai ne compare les marques, mais les essais disent quoi regarder sur l’étiquette :
- La mention « hydrolysé » ou « peptides de collagène ».
- La taille des peptides, en daltons. Les essais à 1 g utilisaient des peptides riches en tripeptides (plus de 15 % chez Kim et Jung, 20 % chez Tak, pour 500 Da). Les hydrolysats classiques font plutôt 2 000 à 5 000 Da.
- Une dose par jour qui correspond aux essais : 1 g si les peptides sont très courts, sinon 2,5 g ou plus.
- Peau ou écailles de poisson comme origine, pour du collagène de type I.
- Pas besoin de vitamine C ni d’acide hyaluronique en plus.
Huit à douze semaines avant de juger ta peau
Les premiers effets arrivent parfois vite : l’hydratation dès 6 semaines chez Kim et Lee, l’élasticité dès 4 semaines chez Sangsuwan. Mais la plupart des essais durent 8 à 12 semaines, et chez Pu, l’effet est plus marqué au-delà de 8 semaines. La régularité compte : chez Reilly, une prise tous les jours a fait mieux qu’une prise un jour sur deux. Le moment de la journée, lui, n’a été comparé dans aucun essai.
Une cure de collagène marin dure au moins 8 semaines, et 12 pour juger : c’est la durée de la plupart des essais. Le gain ne disparaît pas tout de suite : l’élasticité tenait encore 4 semaines après l’arrêt chez Sangsuwan, et la baisse des rides chez Proksch.
Allergie au poisson et calculs rénaux : les contre-indications du collagène marin
Dans les essais, le collagène est bien toléré : Kim ne rapporte aucun effet indésirable lié au produit, Tak aucun effet notable, et la revue de Bassila parle d’effets indésirables rares. Deux situations demandent de la prudence.
La première, c’est l’allergie au poisson. Chez 101 allergiques au poisson, 21 % avaient des anticorps de l’allergie dirigés contre le collagène de poisson, aujourd’hui répertorié comme allergène (Kalic, 2020). Dans un test en double aveugle, aucun des 30 allergiques au poisson n’a réagi à 3,6 g de gélatine de poisson (Hansen, 2004). Mais chez une fillette de 9 ans allergique au poisson, deux bonbons gélifiés au collagène de poisson ont provoqué une anaphylaxie, la réaction allergique grave. Au test de contrôle, 0,3 g de ce collagène a suffi à déclencher une nouvelle réaction (Ueno, 2020). Si tu es allergique au poisson, tu n’en prends pas sans l’avis de ton allergologue.
La seconde, ce sont les calculs rénaux. Ton corps transforme une partie de l’hydroxyproline en oxalate, le composant des calculs les plus fréquents. Chez des volontaires sous régime contrôlé, 30 g de gélatine ont augmenté l’oxalate de l’urine de 43 % par rapport à 30 g de whey, et des prises de 5 ou 10 g suffisaient à le faire bouger, pas des prises de 1 ou 2 g (Knight, 2006). Si tu as déjà eu des calculs, parles-en à ton médecin avant une cure à 5 g ou plus. Enfin, je n’ai trouvé aucun essai chez la femme enceinte ou allaitante : faute de données, mieux vaut attendre.
Tous les essais chez l’humain que j’ai repris
| Étude | Participants | Produit et dose par jour | Durée | Résultat |
|---|---|---|---|---|
| Kim 2018 | 64 femmes de 40 à 60 ans | 1 g de peptides de pangasius | 12 semaines | Hydratation, rides et élasticité mieux que placebo |
| Jung 2021 | 50 adultes de 35 à 60 ans | 1 g de peptides d’écailles | 12 semaines | Hydratation +7,3 % face au placebo |
| Lee 2024 | 85 adultes de 35 à 60 ans | 1 g de collagène de pangasius | 12 semaines | Hydratation, rugosité, élasticité améliorées |
| Tak 2021 | 84 femmes de 40 à 60 ans | 1 g de tripeptides de tilapia | 12 semaines | Moins de perte d’eau, rien d’autre |
| Hwang 2026 | 114 femmes de 20 à 50 ans | 1 g de peptides de peau de poisson | 24 semaines | Cellulite, élasticité, cheveux plus épais |
| Inoue 2016 | 80 femmes de 35 à 55 ans | 2,5 g, riche ou pauvre en Pro-Hyp | 8 semaines | Le plus riche fait mieux |
| Sangsuwan 2021 | 36 femmes ménopausées | 5 g de collagène marin | 4 semaines | Élasticité meilleure, même après l’arrêt |
| Asserin 2015 | Femmes de 40 à 65 ans | 10 g de poisson ou de porc | 8 à 12 semaines | Hydratation, derme plus dense |
| Ito 2018 | 22 adultes | 10 g d’écailles, ornithine, vitamine C | 8 semaines | Élasticité, perte d’eau |
| Evans 2021 | 50 femmes de 45 à 60 ans | 10 g de collagène de pangasius | 12 semaines | Critère principal raté ; rides -35 % |
| Proksch 2014 | 114 femmes de 45 à 65 ans | 2,5 g de peptides Verisol | 8 semaines | Rides des yeux -20 % face au placebo |
| Reilly 2024 | 140 adultes de 40 à 60 ans | 8 g de collagène marin, 60 mg de vitamine C | 12 semaines | Peau améliorée ; cheveux sans différence nette |
| Kim 2026 | Adultes aux cheveux abîmés | 3 g de peptides courts | 24 semaines | Brillance, résistance, diamètre des cheveux |
| Hexsel 2017 | 25 personnes aux ongles cassants | 2,5 g de Verisol, sans placebo | 24 semaines | Pousse +12 %, ongles cassés -42 % |
| Žmitek 2024 | 87 femmes de 40 à 65 ans | 5 g de bovin et vitamine C, avec ou sans acide hyaluronique | 16 semaines | Derme +16 %, rides moins profondes |
| Hsu 2021 | 40 adultes de 35 à 64 ans | 120 mg d’acide hyaluronique | 12 semaines | Rides, hydratation, élasticité |
| König 2018 | 131 femmes ménopausées | 5 g de peptides bovins | 12 mois | Densité osseuse +3,0 et +6,7 % |
| Lampropoulou-Adamidou 2022 | 51 femmes ménopausées | 5 g de peptides, calcium, vitamine D | 12 mois | Densité du tibia +2,5 % |
| Czajka 2018 | 120 adultes | Collagène de poisson, glucosamine, chondroïtine | 90 jours | Douleur articulaire -43 % |
| Ohara 2007 | 5 hommes | Écailles, peau de poisson, peau de porc | Une prise | Plus de peptides avec les écailles |
| Virgilio 2024 | 6 volontaires | 10 g de poisson, de porc ou de bœuf | Une prise | Absorption comparable |
| Hansen 2004 | 30 allergiques au poisson | Gélatine de poisson | Un test | Aucune réaction à 3,6 g |
| Knight 2006 | Volontaires | 30 g de gélatine contre whey | Régimes tests | Oxalate de l’urine +43 % |
Dernière étude ajoutée : Kim, 2026.
Mon conseil : 1 g de peptides courts, ou 2,5 à 5 g de poudre, chaque jour pendant 12 semaines
Le collagène marin vaut le coup si ta peau est sèche ou commence à marquer, surtout après 35 ou 40 ans, la population de presque tous les essais. Prends un collagène hydrolysé : 1 g par jour si ce sont des peptides très courts, sinon 2,5 à 5 g de poudre. Tiens 12 semaines, tous les jours, au moment qui t’arrange, avant de juger. N’attends pas de miracle sur les rides, ni rien de solide pour les cheveux et les ongles. Si tu es allergique au poisson ou si tu as déjà eu des calculs rénaux, demande d’abord l’avis de ton médecin.
Si c’est pour tes genoux ou tes tendons, les doses et le timing ne sont pas les mêmes : tout est dans l’article sur le collagène en musculation. Et si tu cherches surtout à protéger tes os, commence par vérifier ton taux de vitamine D.
Sources
- León-López A, Morales-Peñaloza A, Martínez-Juárez VM et al. (2019). Hydrolyzed Collagen : Sources and Applications. Molecules.
- Ohara H, Matsumoto H, Ito K et al. (2007). Comparison of Quantity and Structures of Hydroxyproline-Containing Peptides in Human Blood after Oral Ingestion of Gelatin Hydrolysates from Different Sources. Journal of Agricultural and Food Chemistry.
- Iwai K, Hasegawa T, Taguchi Y et al. (2005). Identification of Food-Derived Collagen Peptides in Human Blood after Oral Ingestion of Gelatin Hydrolysates. Journal of Agricultural and Food Chemistry.
- Ohara H, Ichikawa S, Matsumoto H et al. (2010). Collagen-derived dipeptide, proline-hydroxyproline, stimulates cell proliferation and hyaluronic acid synthesis in cultured human dermal fibroblasts. The Journal of Dermatology.
- Yazaki M, Ito Y, Yamada M et al. (2017). Oral Ingestion of Collagen Hydrolysate Leads to the Transportation of Highly Concentrated Gly-Pro-Hyp and Its Hydrolyzed Form of Pro-Hyp into the Bloodstream and Skin. Journal of Agricultural and Food Chemistry.
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- Virgilio N, Schön C, Mödinger Y et al. (2024). Absorption of bioactive peptides following collagen hydrolysate intake: a randomized, double-blind crossover study in healthy individuals. Frontiers in Nutrition.
- Kleinnijenhuis AJ, van Holthoon FL, Maathuis AJ et al. (2020). Non-targeted and targeted analysis of collagen hydrolysates during the course of digestion and absorption. Analytical and Bioanalytical Chemistry.
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- de Miranda RB, Weimer P, Rossi RC (2021). Effects of hydrolyzed collagen supplementation on skin aging: a systematic review and meta-analysis. International Journal of Dermatology.
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- Tak YJ, Shin DK, Kim AH et al. (2021). Effect of Collagen Tripeptide and Adjusting for Climate Change on Skin Hydration in Middle-Aged Women: A Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled Trial. Frontiers in Medicine.
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