Par Nathan de MuscuNutrition, publié le , mis à jour le .
La turkestérone (turkesterone sur la plupart des pots) se vend comme un stéroïde naturel : plus de muscle et de force, sans toucher à tes hormones. C’est un ecdystéroïde, une hormone de mue d’insecte que fabriquent aussi certaines plantes. Chez l’humain, un seul essai a trouvé plus de muscle, et il testait l’ecdystérone, sa proche cousine, pas la turkestérone. Les deux essais publiés sur la turkestérone elle-même n’ont rien montré. Et quand des laboratoires analysent les gélules, ils trouvent souvent bien moins que ce qu’annonce l’étiquette, parfois rien du tout.
Des hormones de mue d’insectes, fabriquées par des plantes
Les ecdystéroïdes sont d’abord des hormones d’insectes et de crustacés. Elles déclenchent la mue, quand l’animal change d’enveloppe. La plus courante s’appelle la 20-hydroxyecdysone. Dans les compléments, tu la trouves sous le nom d’ecdystérone ou de bêta-ecdystérone : c’est la même molécule.
Des plantes en fabriquent aussi, pour se protéger des insectes qui les mangent. L’épinard en fait partie, comme l’a montré une équipe parisienne. On connaît plus de 500 ecdystéroïdes, d’après une revue de l’université de médecine de Plovdiv, en Bulgarie. Les compléments en utilisent surtout deux : l’ecdystérone et la turkestérone.
L’Ajuga turkestanica, une petite plante de la famille de la menthe qui pousse en Ouzbékistan, a donné son nom à la turkestérone. Le Rhaponticum carthamoides, ou racine de maral, vient de l’Altaï, en Sibérie. D’après la même revue, les sportifs soviétiques en prenaient déjà. Pour fabriquer de l’ecdystérone pure, l’industrie utilise beaucoup une plante chinoise, le Cyanotis arachnoidea, dont les racines en contiennent jusqu’à 4 ou 5 %.
Turkestérone et ecdystérone : un seul groupe d’atomes de différence
Les deux molécules sont presque identiques. La turkestérone porte simplement un groupe OH de plus (un atome d’oxygène lié à un hydrogène), en position 11. Je te mets les deux squelettes côte à côte :

Ce détail compterait. Dans des expériences de Syrov publiées en 2001 et citées par Lafont et Dinan, la turkestérone stimulait le plus la fabrication de protéines, devant l’ecdystérone. C’est l’argument repris partout pour en faire le plus puissant des ecdystéroïdes. Personne ne l’a vérifié chez l’humain.
Autre idée reçue : l’Ajuga serait la plante de la turkestérone, et le Rhaponticum celle de l’ecdystérone. C’est plus mélangé. Une équipe de chimistes a trouvé dans l’Ajuga une dizaine d’ecdystéroïdes, et l’ecdystérone figurait parmi ses composés les plus abondants. L’extrait d’Ajuga d’une équipe de Caroline du Nord contenait même 23,6 % d’ecdystérone pour 5,9 % de turkestérone. À l’inverse, l’équipe de Plovdiv a mesuré dans des racines sauvages de Rhaponticum 2,97 mg d’ecdystérone et 1,72 mg de turkestérone par gramme.
Tu en manges aussi sans le savoir. La même équipe en a trouvé 260 à 462 µg par gramme d’épinard, 272 à 330 µg dans le quinoa et 198 µg dans l’asperge. Mais ton intestin en absorbe très peu. Après environ 950 g d’épinards, 1,4 % de l’ecdystérone avalée se retrouvait dans les urines, et 2,6 % après 370 g de quinoa cuit. Avec de l’ecdystérone pure, c’est environ la moitié, d’après l’équipe allemande dont je parle plus bas. Ton assiette ne fera rien pour tes muscles.
Pas un stéroïde anabolisant : ce que fait l’ecdystérone dans le muscle
Malgré le mot « stéroïde », les ecdystéroïdes ne se fixent pas sur le récepteur des androgènes, la serrure de la testostérone et des anabolisants. Une revue de l’université de Szeged le rappelait dès 2008. Chez l’animal, ils n’ont aucun effet masculinisant, résument Lafont et Dinan.
Dans des cellules musculaires en culture, l’ecdystérone augmente pourtant la fabrication de protéines, jusqu’à 20 % selon l’université Rutgers. Le signal part de la surface de la cellule : un afflux de calcium, puis l’activation d’Akt, une enzyme qui commande la croissance du muscle (même équipe, 2010).
En 2014, l’équipe de Maria Parr, entre Cologne et Berlin, a trouvé une piste : le récepteur bêta aux œstrogènes. Dans leurs cellules, un anti-œstrogène bloquait l’effet de l’ecdystérone, alors qu’un anti-androgène ne changeait rien. Chez leurs rats, les fibres musculaires grossissaient, l’IGF-1 (un facteur de croissance du muscle) montait, et l’œstradiol baissait.
Biophytis, une société française qui développe l’ecdystérone pure comme médicament, ajoute un autre partenaire : le récepteur MAS. C’est celui de l’angiotensine 1-7, une molécule qui protège le cœur et les vaisseaux. Voilà le schéma de leur revue de 2021 :

La myostatine est le frein naturel de la croissance musculaire (voir l’article sur la myostatine et ses bloqueurs). La « myostatine divisée par 4 » qu’on lit sur la turkestérone vient d’une étude de 2012. Des cellules de souris y ont baigné 6 heures dans un extrait d’Ajuga de marque. L’activité du gène de la myostatine a été divisée par 4, contre moins de 2 avec le dianabol. C’était une boîte de culture, en trois exemplaires, pas le muscle d’un pratiquant.
Turkestérone et testostérone : rien ne monte, rien ne baisse
Puisque la turkestérone ne passe pas par le récepteur des androgènes, elle n’a aucune raison de stimuler ta testostérone. Celle-ci dépend d’une chaîne qui va de l’hypothalamus aux testicules (voir l’article sur l’axe gonadotrope). Chez 45 hommes entraînés, 8 semaines d’ecdystérone n’ont changé ni la testostérone totale ou libre, ni le cortisol. Dans un essai allemand de 2025, la testostérone, l’œstradiol, le cortisol et l’IGF-1 n’ont pas bougé non plus en 12 semaines.
Aucun essai publié n’a encore mesuré la testostérone sous turkestérone. Mais les essais sur l’ecdystérone ne montrent pas de baisse non plus, contrairement aux stéroïdes anabolisants qui mettent les testicules au repos.
Non, la turkestérone ne fait pas monter la testostérone : elle n’agit pas sur le récepteur des androgènes. Les essais sur sa cousine l’ecdystérone ne trouvent ni hausse ni baisse de la testostérone en 8 à 12 semaines. Si c’est ta testostérone qui t’intéresse, l’ashwagandha a des preuves bien plus solides.
La légende soviétique et les rats « plus forts qu’au dianabol »
La réputation des ecdystéroïdes vient de l’URSS : d’après Lafont et Dinan, les sportifs du bloc de l’Est en ont profité les premiers. La plus citée des études de l’époque, celle de Simakin, aurait porté sur 78 athlètes pendant 10 jours. Avec de l’ecdystérone et des protéines, ils auraient gagné 6 à 7 % de muscle et perdu près de 10 % de graisse. Je ne connais ces chiffres que par l’équipe de Wilborn, qui juge ces études trop peu détaillées pour évaluer leur méthode.
En 1995, Gadzhieva et ses collègues ont donné pendant 3 semaines à des sportifs de l’Ekdisten (de l’ecdystérone tirée du Rhaponticum), seul ou avec des protéines. D’après la pince à plis de peau, leur graisse a baissé et leur muscle a monté. Le résumé ne parle pas de placebo.
Le fameux « plus fort que le dianabol » vient des rats. En 2015, l’équipe de Parr a injecté à des rats 5 mg par kilo et par jour, pendant 21 jours, d’ecdystérone, de dianabol, d’estradiènedione ou d’un SARM. À dose égale, l’ecdystérone a le plus grossi les fibres du soléaire, un muscle du mollet. C’est un vrai résultat, mais sur un seul muscle de rat, avec de l’ecdystérone injectée. Avalée, elle passe mal dans le sang.
D’autres équipes n’ont presque rien trouvé. Chez le rat, l’université Rutgers a vu peu d’effet de l’ecdystérone sur mTOR, la voie qui lance la fabrication des protéines. Très peu de molécule passait dans le sang. Chez les souris âgées de Caroline du Nord, ni l’extrait d’Ajuga ni l’ecdystérone n’ont changé la masse des muscles en 28 jours. Et une équipe de l’Illinois ne lui trouve pas de puissant effet anabolisant chez la souris. Dès 2003, Lafont et Dinan notaient que le marketing reposait sur une dizaine de références, souvent les mêmes, citées pour des effets différents.
Turkestérone en musculation : un seul essai positif, et il testait l’ecdystérone
Le premier essai sérieux date de 2006. À l’université Baylor, au Texas, Wilborn et ses collègues ont suivi 45 hommes entraînés d’environ 20 ans, en quatre groupes. L’un a pris pendant 8 semaines un extrait annoncé à 30 mg d’ecdystérone par jour, un autre un placebo. La masse maigre a pris 0,94 kg sous placebo et n’a pas bougé sous ecdystérone. Le développé couché a gagné 6,2 kg contre 7,2 kg, sans différence. La teneur réelle des gélules n’a jamais été vérifiée.
Le seul essai positif vient d’Allemagne, en 2019. Isenmann et ses collègues, à Cologne et Berlin, ont suivi 46 jeunes hommes pendant 10 semaines de musculation. Ils prenaient un placebo, ou 12 ou 48 mg d’ecdystérone par jour. Chaque gélule contenait 6 mg d’ecdystérone et 100 mg de leucine, d’après une équipe espagnole. Le produit avait été contrôlé (pas de stéroïde caché), et les participants ont passé un dépistage antidopage.
D’après les graphiques de l’étude, les groupes ecdystérone ont gagné environ 1,5 à 2 kg de muscle, quand le groupe placebo en perdait un peu. Au développé couché, ils ont pris environ 8,5 à 9,5 kg, contre environ 3 kg sous placebo. Au squat, pas de différence nette, et rien d’anormal pour le foie ni les reins. C’est encourageant, mais c’est un seul essai, et la leucine brouille un peu la lecture. L’article étant payant, je me base sur son résumé et ses graphiques.
En 2021, l’université catholique de Murcie a donné un extrait d’épinard (3,2 mg d’ecdystérone par jour) ou un placebo à 45 adultes de 59 ans. Ils suivaient 12 semaines d’entraînement modéré. La force du genou sur machine a mieux progressé, mais pas la charge maximale au demi-squat ni la masse musculaire. Les auteurs évoquent eux-mêmes le nitrate de l’épinard, la molécule du jus de betterave, qui fait gagner un peu de puissance dans plusieurs essais.
L’équipe d’Isenmann a ensuite voulu refaire l’expérience. En 2025, elle a suivi 24 hommes très entraînés pendant 12 semaines, sous placebo ou sous un produit Weider. L’étiquette annonçait 25 mg d’ecdystérone par gélule, 3 gélules par jour, avec de la diosgénine, un stéroïde végétal tiré de l’igname. Voilà la force des deux groupes au fil des semaines :

Aucune différence, ni en force, ni en muscle, ni en hormones. Au squat, le groupe complément est passé de 128 à 141 kg, le groupe placebo de 131 à 144 kg. L’explication est arrivée après l’essai, quand les chercheurs ont analysé les gélules : moins de 10 microgrammes d’ecdystérone par gélule, au lieu de 25 mg. Un lot plus ancien du même produit, analysé par la même équipe, en contenait pourtant 22 mg. Honnêtement, c’est le résultat le plus parlant de tout le dossier : même marque, même produit, et d’un lot à l’autre, la molécule a disparu.
Un essai thaïlandais, enfin, a donné 30 mg d’ecdystérone tirée de l’asperge ou un placebo à 20 hommes, pendant 12 semaines de musculation. Ils ont perdu plus de graisse sur les bras, mais le résumé ne parle pas de muscle (je n’ai pas eu le texte complet).
Les deux seuls essais sur la turkestérone
À Baylor, Harris et ses collègues ont donné à 11 hommes actifs une seule prise de 1 000 ou 2 000 mg d’un complément de turkestérone, ou un placebo. L’IGF-1 a semblé monter (de 81 à 135 ng/mL trois heures après 1 000 mg). Mais l’écart avec le placebo n’était pas significatif : avec 11 personnes, les différences entre individus noient tout. Le métabolisme de repos, la tension et le pouls n’ont pas bougé, et personne n’a eu de trouble digestif. Le produit n’a pas été analysé.
En 2025, l’équipe de Jose Antonio, qui dirige la Société internationale de nutrition sportive, a testé le Turk Builder, un complément à base de turkestérone. Vingt-quatre étudiants, hommes et femmes, en ont pris une gélule par jour, ou un placebo, pendant 4 semaines. Rien n’a bougé : ni la masse maigre, ni la force de la main, ni l’humeur, ni le sommeil. C’est un simple résumé de congrès, sur une courte durée et sans entraînement imposé.
| Étude | Participants | Produit et dose par jour | Durée | Résultat |
|---|---|---|---|---|
| Wilborn 2006 | 45 hommes entraînés | Extrait annoncé à 30 mg d’ecdystérone | 8 semaines | Ni muscle, ni force, ni testostérone |
| Isenmann 2019 | 46 jeunes hommes | 12 ou 48 mg d’ecdystérone, avec leucine | 10 semaines | Plus de muscle (1,5 à 2 kg environ) et de développé couché |
| Pérez-Piñero 2021 | 45 adultes de 59 ans | Extrait d’épinard (3,2 mg d’ecdystérone) | 12 semaines | Force du genou meilleure, ni muscle ni charge maximale |
| Dissemond 2025 | 24 hommes très entraînés | 75 mg d’ecdystérone annoncés, presque rien dedans | 12 semaines | Aucune différence |
| Sripinyowanich 2025 | 20 hommes entraînés | 30 mg d’ecdystérone d’asperge | 12 semaines | Moins de graisse aux bras (résumé seulement) |
| Harris 2024 | 11 hommes actifs | 1 000 ou 2 000 mg de turkestérone, une prise | 24 heures | Rien de significatif |
| Crisanti 2025 | 24 étudiants | 1 gélule de Turk Builder | 4 semaines | Aucune différence |
Turkestérone en musculation : aucune preuve chez l’humain à ce jour : les deux essais sur la turkestérone ne trouvent rien. Le seul essai positif a testé 12 à 48 mg d’ecdystérone par jour pendant 10 semaines. Il n’a pas été reproduit, et la tentative de reproduction a buté sur un produit presque vide.
Des gélules souvent presque vides
En 2023, Pieter Cohen, de l’école de médecine de Harvard, a fait analyser 57 compléments « sportifs » à base de plantes, achetés en ligne. Huit d’entre eux étaient vendus pour leur turkestérone :

Quatre produits sur huit ne contenaient aucune trace de turkestérone. Les quatre autres en contenaient au mieux 0,1 mg, quand l’étiquette en promettait 30 à 55 mg. Un seul échantillon par marque a été analysé, mais le constat est brutal.
De son côté, l’équipe de Plovdiv a dosé 13 compléments d’ecdystéroïdes en 2026. Dans les quatre extraits d’Ajuga « à 10 % de turkestérone », elle a trouvé ceci :

Un seul produit tenait sa promesse. Un autre contenait 0,64 mg de turkestérone au lieu de 50 mg, mais 25 mg d’ecdystérone, une molécule disponible en grande quantité et à bas prix. Les extraits de Rhaponticum « à 95 % d’ecdystérone » n’étaient pas mieux lotis : 22 mg au lieu d’environ 230 mg, et 50 mg au lieu d’environ 570 mg.
L’ecdystérone n’échappe pas au problème. Sur 12 compléments d’ecdystérone analysés à Berlin, 3 seulement restaient dans la marge tolérée de 50 % autour de la dose annoncée, rapporte l’équipe d’Isenmann. Des chimistes hongrois ont même montré que des produits allemands vendus comme « extrait d’épinard » étaient faits avec du Cyanotis. Et selon l’équipe d’Isenmann, près de 20 % des compléments d’ecdystérone testés contenaient des impuretés, dont des stéroïdes anabolisants.
Dangers de la turkestérone : peu de signaux, beaucoup d’inconnues
Chez l’animal, la toxicité de l’ecdystérone est très faible. Chez la souris, il faut plus de 9 g par kilo, par la bouche, pour tuer la moitié des animaux, d’après Lafont et Dinan. Chez l’humain, les bilans sanguins sont restés normaux dans les essais de Wilborn, d’Isenmann et de 2025.
Les meilleures données viennent du médicament de Biophytis, de l’ecdystérone pure à au moins 97 %. Dans l’essai de phase 1, des volontaires ont pris jusqu’à 1 400 mg en une fois, puis jusqu’à 450 mg deux fois par jour pendant 14 jours. Les effets indésirables étaient légers ou modérés, surtout digestifs, et plus fréquents aux fortes doses. Un volontaire a eu une nausée et un évanouissement à la dose la plus forte.
Dans l’essai SARA-INT, 233 seniors atteints de sarcopénie (la fonte musculaire de l’âge) ont pris 175 ou 350 mg deux fois par jour pendant 6 à 9 mois. Les effets indésirables liés au traitement n’étaient pas plus fréquents que sous placebo : 13 % contre 16 %. L’essai a été mené par Biophytis, et le gain sur la vitesse de marche n’était pas significatif dans l’analyse principale.
Quelques signaux viennent de l’animal ou de cas isolés. Chez le rongeur, une équipe brésilienne a vu l’ecdystérone pure abîmer l’ADN de cellules de la moelle osseuse (test des micronoyaux) en deux jours. Je n’ai pas trouvé d’étude qui l’ait reproduit.
En 2026, un cas de rhabdomyolyse, une destruction massive de muscle, a été décrit chez un homme de 23 ans après plus de 4 heures de salle. Il prenait de nombreux compléments, dont de la créatine, de la bêta-alanine et de la bêta-ecdystérone. Impossible de désigner un coupable, et ses médecins jugent le lien avec l’ecdystérone seulement théorique.
Peu de dangers connus, beaucoup d’inconnues : chez des seniors, 700 mg d’ecdystérone pure par jour pendant 6 à 9 mois ont été aussi bien tolérés que le placebo. Pour la turkestérone, on n’a que deux essais très courts. Évite-la si tu es enceinte ou si tu allaites (aucune donnée), si tu es contrôlé, et méfie-toi surtout de ce que contient vraiment le pot.
Quelle dose d’ecdystérone ou de turkestérone, et quel produit
Les doses testées chez l’humain vont de 3 à 48 mg d’ecdystérone par jour, et jusqu’à 700 mg en médicament. Pour la turkestérone, on n’a que la prise unique de 1 000 à 2 000 mg de l’essai de Baylor, et la gélule de Turk Builder, de teneur inconnue. D’après ses auteurs, la plupart des produits sont des extraits d’Ajuga annoncés à 10 % de turkestérone.
L’ecdystérone s’élimine vite. Dans l’essai de phase 1, sa demi-vie, le temps qu’il faut pour que la moitié disparaisse du sang, allait de 2,4 à 4,9 heures :

Si tu en prends, je répartirais donc la dose en deux prises. Un extrait de Rhaponticum non titré apporte peu d’ecdystérone. Celui d’une étude française sur le rat, financée par un fabricant d’extraits, n’en contenait que 0,4 %, soit 4 mg par gramme. Pour approcher les 12 à 48 mg de l’essai d’Isenmann, il faut un extrait titré, et surtout un titre vérifié par un laboratoire.
Mon avis : pour la testostérone, la turkestérone ne sert à rien, et pour le muscle, elle n’a aucune preuve chez l’humain. Si tu veux quand même tester un ecdystéroïde, choisis l’ecdystérone plutôt que la turkestérone : c’est la seule des deux avec un essai positif. Vise 12 à 48 mg d’ecdystérone par jour, en deux prises, pendant 10 à 12 semaines d’entraînement sérieux, avec assez de protéines. Note tes charges avant et après pour juger par toi-même, et sans effet au bout de 12 semaines, arrête. Si tu es contrôlé, enceinte ou si tu allaites, passe ton chemin.
Entre les deux plantes, un extrait de Rhaponticum a une logique : il apporte surtout de l’ecdystérone, la molécule de l’essai positif, et un peu de turkestérone. Si tu veux en acheter, tu peux avoir une réduction sur l’ecdystérone de Rhaponticum carthamoides de Nutriforce avec le code MUSCUNUTRITION. La fiche indique 500 mg d’extrait par gélule, mais pas sa teneur en ecdystérone : demande le certificat d’analyse du lot, comme pour n’importe quelle marque.
Si c’est ta testostérone que tu veux soutenir, j’ai comparé les principales plantes dans l’article sur les boosters de testostérone naturels. Le tribulus terrestris a d’ailleurs une histoire très proche : une légende née chez les haltérophiles de l’Est, que les essais n’ont pas confirmée. J’ai aussi passé en revue les études sur le pyrèthre d’Afrique.
Sources
- Bakrim A, Maria A, Sayah F et al. (2008). Ecdysteroids in spinach (Spinacia oleracea L.): biosynthesis, transport and regulation of levels. Plant Physiology and Biochemistry.
- Todorova V, Ivanova S, Chakarov D et al. (2024). Ecdysterone and Turkesterone: Compounds with Prominent Potential in Sport and Healthy Nutrition. Nutrients.
- Lafont R, Dinan L (2003). Practical uses for ecdysteroids in mammals including humans: an update. Journal of Insect Science.
- Mamadalieva NZ, Šoral M, Kysil E et al. (2024). Comparative metabolic profiling and quantitative analysis of metabolites in different tissues of Ajuga turkestanica by ESI-UHPLC-QqTOF-MS and NMR. Scientific Reports.
- Lawrence MM, Zwetsloot KA, Arthur ST et al. (2021). Phytoecdysteroids Do Not Have Anabolic Effects in Skeletal Muscle in Sedentary Aging Mice. International Journal of Environmental Research and Public Health.
- Todorova V, Ivanova S, Ardasheva R et al. (2026). Simultaneous LC-MS Profiling of Bioactive Ecdysteroids in Nutrient-Dense Plant Sources and Dietary Supplements. Molecules.
- Yuliandra T, Touvleliou K, de la Torre X et al. (2023). Urinary Excretion of Ecdysterone and Its Metabolites Following Spinach Consumption. Molecular Nutrition & Food Research.
- Isenmann E, Yuliandra T, Touvleliou K et al. (2024). Quinoa as phytopharmaceutical? Urinary elimination of ecdysterone after consumption of quinoa alone and in combination with spinach. Archiv der Pharmazie.
- Báthori M, Tóth N, Hunyadi A et al. (2008). Phytoecdysteroids and anabolic-androgenic steroids: structure and effects on humans. Current Medicinal Chemistry.
- Gorelick-Feldman J, Maclean D, Ilic N et al. (2008). Phytoecdysteroids increase protein synthesis in skeletal muscle cells. Journal of Agricultural and Food Chemistry.
- Gorelick-Feldman J, Cohick W, Raskin I (2010). Ecdysteroids elicit a rapid Ca2+ flux leading to Akt activation and increased protein synthesis in skeletal muscle cells. Steroids.
- Parr MK, Zhao P, Haupt O et al. (2014). Estrogen receptor beta is involved in skeletal muscle hypertrophy induced by the phytoecdysteroid ecdysterone. Molecular Nutrition & Food Research.
- Lafont R, Serova M, Didry-Barca B et al. (2021). 20-Hydroxyecdysone activates the protective arm of the RAAS via the MAS receptor. Journal of Molecular Endocrinology.
- Dinan L, Dioh W, Veillet S et al. (2021). 20-Hydroxyecdysone, from Plant Extracts to Clinical Use: Therapeutic Potential for the Treatment of Neuromuscular, Cardio-Metabolic and Respiratory Diseases. Biomedicines.
- Zubeldia J, Hernández-Santana A, Jiménez-del-Rio M et al. (2012). In Vitro Characterization of the Efficacy and Safety Profile of a Proprietary Ajuga Turkestanica Extract. Chinese Medicine.
- Wilborn CD, Taylor LW, Campbell BI et al. (2006). Effects of methoxyisoflavone, ecdysterone, and sulfo-polysaccharide supplementation on training adaptations in resistance-trained males. Journal of the International Society of Sports Nutrition.
- Dissemond J, Havers T, Held S et al. (2025). How reliable is the labeling of a commercial phytosteroid product? A 12-week randomized double-blind training study. Journal of the International Society of Sports Nutrition.
- Gadzhieva RM, Portugalov SN, Paniushkin VV et al. (1995). A comparative study of the anabolic action of ecdysten, leveton and Prime Plus, preparations of plant origin (en russe). Eksperimental’naia i Klinicheskaia Farmakologiia.
- Parr MK, Botrè F, Naß A et al. (2015). Ecdysteroids: A novel class of anabolic agents? Biology of Sport.
- Anthony TG, Mirek ET, Bargoud AR et al. (2015). Evaluating the effect of 20-hydroxyecdysone (20HE) on mechanistic target of rapamycin complex 1 (mTORC1) signaling in the skeletal muscle and liver of rats. Applied Physiology, Nutrition, and Metabolism.
- Cheng DM, Kutzler LW, Boler DD et al. (2013). Continuous infusion of 20-hydroxyecdysone increased mass of triceps brachii in C57BL/6 mice. Phytotherapy Research.
- Isenmann E, Ambrosio G, Joseph JF et al. (2019). Ecdysteroids as non-conventional anabolic agent: performance enhancement by ecdysterone supplementation in humans. Archives of Toxicology.
- Pérez-Piñero S, Ávila-Gandía V, Rubio Arias JA et al. (2021). A 12-Week Randomized Double-Blind Placebo-Controlled Clinical Trial, Evaluating the Effect of Supplementation with a Spinach Extract on Skeletal Muscle Fitness in Adults Older Than 50 Years of Age. Nutrients.
- Sripinyowanich S, Denben B, Satapoomin P et al. (2025). Effects of Asparagus-Derived 20-Hydroxyecdysone Supplementation on Fat Oxidation and Insulin Sensitivity in Resistance-Trained Males. Journal of Nutritional Science and Vitaminology.
- Harris DR, Chapman-Lopez T, Machek SB et al. (2024). The Effects of Multiple Acute Turkesterone Doses on Indirect Measures of Hypertrophy and Metabolic Measures: A Preliminary Investigation. Muscles.
- Crisanti A, Silver T, Jiannine L, Antonio J (2025). The effects of an ecdysteroid supplement on indices of physical and mental performance. Journal of the International Society of Sports Nutrition (résumé de congrès).
- Cohen PA, Avula B, Katragunta K et al. (2023). Presence and Quantity of Botanical Ingredients With Purported Performance-Enhancing Properties in Sports Supplements. JAMA Network Open.
- Ambrosio G, Wirth D, Joseph JF et al. (2020). How reliable is dietary supplement labelling? Experiences from the analysis of ecdysterone supplements. Journal of Pharmaceutical and Biomedical Analysis.
- Hunyadi A, Herke I, Lengyel K et al. (2016). Ecdysteroid-containing food supplements from Cyanotis arachnoidea on the European market: evidence for spinach product counterfeiting. Scientific Reports.
- Dioh W, Tourette C, Del Signore S et al. (2023). A Phase 1 study for safety and pharmacokinetics of BIO101 (20-hydroxyecdysone) in healthy young and older adults. Journal of Cachexia, Sarcopenia and Muscle.
- Fielding RA, Dao MM, Cannon K et al. (2025). BIO101 in Sarcopenic Seniors at Risk of Mobility Disability: Results of a Double-Blind Randomised Interventional Phase 2b Trial. Journal of Cachexia, Sarcopenia and Muscle.
- Neves CS, Gomes SS, dos Santos TR et al. (2016). The phytoecdysteroid β-ecdysone is genotoxic in Rodent Bone Marrow Micronuclei and Allium cepa L. Assays. Journal of Ethnopharmacology.
- Chowaniec P, Miedziaszczyk M, Kucia M et al. (2026). Exercise-Induced Rhabdomyolysis With Supplements (Creatine, β-Alanine, Citrulline Malate, and β-Ecdysterone). Cureus.
- Roumanille R, Vernus B, Brioche T et al. (2020). Acute and chronic effects of Rhaponticum carthamoides and Rhodiola rosea extracts supplementation coupled to resistance exercise on muscle protein synthesis and mechanical power in rats. Journal of the International Society of Sports Nutrition.



