Par Nathan de MuscuNutrition, publié le .
Une plante qui abîme le foie, dérègle la thyroïde et éteint les émotions : sur les forums, l’ashwagandha a mauvaise presse. Les essais racontent une histoire plus calme. Dans le plus grand, 1 002 adultes stressés ont pris 600 mg d’extrait ou un placebo pendant 8 semaines, et 5,2 % ont signalé un effet indésirable sous ashwagandha, contre 7,8 % sous placebo. Les vrais risques existent, mais ils sont rares et bien décrits : 25 atteintes du foie publiées dans le monde jusqu’à fin 2025, quelques emballements de la thyroïde, et des questions sans réponse pendant la grossesse. Pour un adulte en bonne santé, c’est une des plantes les mieux tolérées qu’on ait testées ; pour sept profils, mieux vaut s’en passer.
1 002 adultes suivis 8 semaines : pas plus de plaintes que sous placebo
On commence par le plus gros essai de tolérance. Pakhale et ses collègues ont recruté 1 002 adultes de 18 à 65 ans, stressés ou anxieux, sur cinq continents. La moitié a pris 300 mg d’extrait de racine KSM-66 matin et soir, l’autre moitié un placebo, pendant 8 semaines. Voilà ce que ça donne :

L’écart n’est pas significatif : rien ne dit que la plante protège des nausées. Mais aucun effet grave, aucun abandon pour un effet indésirable, et des prises de sang normales pour le foie, les reins et les globules. Limite à connaître : l’essai était financé par le fabricant de l’extrait.
Pour la vue d’ensemble, Coope et ses collègues ont rassemblé en 2026 les 23 essais menés avec un extrait de racine seule chez des adultes en bonne santé, soit 2 317 participants. Les doses allaient de 125 à 600 mg par jour, d’une prise unique à 180 jours. Foie, reins, globules, hormones, tension : tout est resté dans les normes. Aucun effet grave n’a été attribué à l’ashwagandha, et les petits effets (ventre, maux de tête, somnolence passagère) apparaissaient aussi sous placebo.
Les auteurs listent eux-mêmes les limites : 19 essais sur 23 menés en Inde, 16 avec le même extrait, le KSM-66, peu d’essais au-delà de 12 semaines, et des « aucun effet indésirable » écrits sans dire comment on les a cherchés. Plusieurs auteurs de la revue travaillent aussi pour l’industrie des compléments. Surtout, un essai de quelques centaines de personnes ne peut pas voir un effet qui en touche une sur plusieurs milliers.
Non, l’ashwagandha n’est pas dangereuse pour un adulte en bonne santé aux doses des essais : sur plus de 2 300 participants suivis jusqu’à 6 mois, pas plus d’effets que sous placebo et des prises de sang normales. Le danger tient à des cas rares, surtout pour le foie, et à quelques profils qui doivent s’abstenir.
Nausées, somnolence, maux de tête : les petits effets qui reviennent
En reprenant 30 études humaines sur la racine, Tandon et Yadav ont classé les effets signalés. Les plus fréquents, chez plus de 5 % des participants, sont la somnolence, une gêne ou une douleur à l’estomac et des selles molles. Viennent ensuite, plus rarement, les vertiges, le nez bouché, la baisse d’appétit, les nausées, la constipation et la bouche sèche.
Le ventre, c’est ce qui revient le plus souvent, mais presque autant sous placebo : dans l’essai de 24 semaines dont je parle plus bas, 9 diarrhées sur 598 personnes contre 6 sur 602. Si ton estomac proteste, prends-la au milieu d’un repas, c’est le premier réglage à tenter.
La somnolence mérite plus d’attention. Chez les 1 002 adultes de Pakhale, elle n’a pas été plus fréquente que sous placebo : 3 signalements de somnolence ou d’assoupissement sous placebo, aucun sous ashwagandha. Chez 64 adultes stressés, elle figurait parmi des effets aussi nombreux que sous placebo, 6 contre 5. Elle devient plus nette à 1 000 mg par jour et avec d’autres médicaments. Chez 66 patients schizophrènes sous antipsychotiques, 12 semaines d’ashwagandha ont donné plus de somnolence, de gêne à l’estomac et de selles molles que le placebo. D’après le relevé de l’ANSES, 21 % des patients sous ashwagandha s’y étaient plaints de somnolence.
C’est pour ça que l’ANSES, dans son avis de 2024, la déconseille avant de conduire ou d’utiliser une machine. À mon avis, le plus simple est de la prendre le soir les deux premières semaines, et de voir comment tu réagis avant de la prendre le matin. Les maux de tête, eux, vont dans un sens ou dans l’autre selon les essais : rien qui ressemble à un effet propre à la plante.
Le foie : 25 cas publiés, la plupart guéris à l’arrêt
C’est le vrai sujet. Chez 191 adultes suivis 12 mois sans placebo, l’ALAT, une enzyme qui monte quand le foie souffre, est passée de 31,3 à 33,7 UI/L, dans les valeurs normales (Salve, 2026). Dans l’essai de 24 semaines, de légères hausses, à une fois et demie la normale, ont été notées chez 6 personnes sous ashwagandha et 3 sous placebo. La base LiverTox, tenue par les instituts de santé américains, résume bien le paradoxe : pas de hausse des enzymes dans les essais, mais de vraies atteintes du foie chez des consommateurs.
La série la mieux décrite vient d’Islande et des États-Unis. Björnsson et ses collègues racontent 5 cas, chez 3 hommes et 2 femmes de 21 à 62 ans qui ne prenaient aucun médicament toxique pour le foie. Les trois Islandais prenaient le même produit, entre 450 et 1 350 mg par jour selon l’étiquette. Tous ont fait une jaunisse, souvent avec des nausées ou des démangeaisons. Voilà quand les symptômes sont arrivés :

Aucun n’a fait d’insuffisance du foie. La bilirubine, le pigment qui jaunit la peau, est restée haute 5 à 20 semaines. Les quatre patients suivis ont guéri, trois en 1 à 5 mois, le quatrième en 9 mois. Les gélules ne contenaient que de l’ashwagandha, sans autre toxique ni métal lourd. Un patient prenait aussi de la rhodiola, que les médecins n’ont pas pu mettre hors de cause.
Bokan et ses collègues décrivent deux autres cas en Bosnie en 2023 : un homme de 36 ans à 1 350 mg par jour depuis 6 mois, et une femme de 30 ans à 450 mg par jour depuis 45 jours. Les deux étaient guéris 4 et 8 semaines après l’arrêt. Fin 2025, la revue de McIntyre compte 25 patients dans la littérature médicale. La plupart ont guéri en quelques semaines ou quelques mois. Une Américaine de 41 ans a dû être greffée du foie. Et en Inde, Philips et ses collègues rapportent 3 décès, chez des patients qui avaient déjà une maladie chronique du foie.
Personne ne sait encore pourquoi. McIntyre parle d’une réaction propre à certaines personnes, pas d’une toxicité liée à une dose. Bokan avance deux pistes non démontrées : des doses élevées, et des feuilles, plus riches en certains withanolides, ajoutées à la racine pour gonfler le titrage. L’ANSES signale elle aussi des produits « racine » coupés avec des feuilles. Je prendrais donc un extrait de racine seule, titré, à la dose des essais, et pas un mélange de dix plantes.
Les signes qui doivent te faire arrêter tout de suite et consulter : une peau ou des yeux qui jaunissent, des urines foncées, des démangeaisons sans raison, des nausées qui durent. Et si ton foie est déjà malade, c’est non : c’est chez ces patients que l’atteinte a été mortelle.
Oui, l’ashwagandha peut abîmer le foie, mais c’est rare : 25 atteintes publiées dans le monde jusqu’à fin 2025, avec une jaunisse et des démangeaisons dans les premiers mois, et une guérison en quelques semaines à quelques mois après l’arrêt dans la plupart des cas. Les enzymes du foie restent normales dans les essais. À éviter si ton foie est déjà malade.
Thyroïde : la T4 grimpe un peu, et trois cas d’emballement
La thyroïde fabrique la T4 et la T3 sous les ordres de la TSH, envoyée par le cerveau. Chez des personnes en bonne santé, les essais ne voient rien bouger : 80 volontaires à 600 mg par jour pendant 8 semaines (Verma, 2021), 40 adultes de 50 à 70 ans pendant 6 mois (Vaidya, 2026), 191 adultes pendant un an (Salve, 2026). En regroupant les essais, Fornalik et ses collègues ne trouvent aucun effet sur la TSH ni sur la T3, mais une petite hausse de la T4, de 0,61 µg/dL. Précision honnête : la thyroïde n’a été mesurée que dans une poignée d’essais.
Cette hausse peut rendre service. Chez 50 adultes dont la thyroïde tournait un peu au ralenti, avec une TSH entre 4,5 et 10, 600 mg par jour pendant 8 semaines ont ramené la TSH, la T3 et la T4 vers la normale, mieux que le placebo.
Elle peut aussi déborder. Trois cas d’hyperthyroïdie ont été publiés. Aux Pays-Bas, une femme de 32 ans a maigri, tremblé et eu le cœur rapide après être passée à deux gélules par jour (van der Hooft, 2005). Au Japon, un homme de 47 ans en bonne santé a fait une thyroïdite indolore deux mois après le début, avec fatigue, fièvre la nuit et perte de poids (Hayashi, 2024). Aux États-Unis, une femme de 73 ans soignait son hypothyroïdie avec de l’ashwagandha depuis deux ans, à la place de sa lévothyroxine d’après l’ANSES. Elle a consulté pour un cœur qui battait beaucoup trop vite (Kamal, 2022). Les trois sont rentrés dans l’ordre à l’arrêt.
Ma lecture : si ta thyroïde va bien, les essais ne montrent pas de problème. Si tu as une hyperthyroïdie, ou si tu prends de la lévothyroxine, pas sans l’accord de ton médecin, avec un contrôle de la TSH après quelques semaines. Et jamais à la place de ton traitement.
Cœur et tension : rien dans les essais, une poignée de cas isolés
Dans les essais qui les ont mesurés, la tension et le pouls ne bougent pas : chez des sportifs pendant 12 semaines, chez 80 adultes qui faisaient de la musculation pendant 8 semaines, chez des insomniaques (relevé de Coope). Sur 6 mois, l’électrocardiogramme est resté normal, et le NT-proBNP, une hormone libérée par un cœur qui force, a même baissé de 28,7 % (Vaidya, 2026).
Chez 60 patients stressés qui avaient déjà de l’hypertension, 600 mg par jour pendant 60 jours ont fait baisser l’anxiété, sans effet grave et avec une tension plutôt en baisse (résumé seul). Sous traitement pour la tension, je surveillerais quand même les vertiges au lever les premières semaines : dans l’essai de 24 semaines, 8 personnes en ont eu sous ashwagandha, contre 4 sous placebo.
Côté cœur, l’ANSES a relevé quelques cas : deux tachycardies ventriculaires en Inde, une fibrillation atriale chez un Britannique de 38 ans après deux semaines, un Français de 52 ans au cœur rapide sous un mélange de plusieurs ingrédients. L’Italie signale des palpitations et des extrasystoles (Ippoliti, 2026). Des cas isolés, souvent avec d’autres produits, mais l’ANSES en fait un signal et conseille de s’abstenir en cas de maladie du cœur. Je suivrais ce conseil.
Antidépresseurs, somnifères, lévothyroxine : les associations à surveiller
Avec un antidépresseur : sept signalements en Pologne, et des essais rassurants
Siwek et ses collègues, à Cracovie, ont relu 1 816 déclarations d’effets indésirables et retenu 30 cas probablement dus à l’association d’un antidépresseur et d’une plante dite adaptogène. L’ashwagandha arrive en tête avec 7 cas : une diarrhée sévère qui a conduit à l’hôpital avec la sertraline ; nausées et vomissements, douleurs musculaires, jambes sans repos ou toux sèche avec l’escitalopram ; douleurs musculaires et douleur des yeux avec la paroxétine ; troubles de l’éjaculation avec la réboxétine. Tout a disparu à l’arrêt de la plante.
Les auteurs proposent deux explications : des effets secondaires qui s’additionnent, les deux produits pouvant irriter le ventre, et une plante qui ralentirait l’élimination de l’antidépresseur par le foie. Ce second point reste discuté : en laboratoire, quatre extraits de racine et de feuille n’ont freiné aucune des sept enzymes du foie testées (Raichura, 2025). Plusieurs de ces patients prenaient aussi trois ou quatre autres médicaments.
À l’inverse, des essais contre placebo ont ajouté l’ashwagandha à un traitement psychiatrique sans problème. Chez 30 patients atteints de TOC, tous sous un antidépresseur ISRS, la famille de la sertraline, 120 mg par jour pendant 6 semaines n’ont donné aucun effet indésirable. Les patients schizophrènes de Chengappa, eux, étaient sous antipsychotiques. En 2025, Marchi et ses collègues ont regroupé 14 essais chez des personnes avec un trouble psychique, souvent déjà traitées. Voilà les effets indésirables dans les 5 essais qui les comptaient :

Les abandons ne différaient pas non plus, et les effets les plus signalés étaient digestifs et passagers.
L’ashwagandha avec un antidépresseur, c’est possible avec l’accord de ton médecin : dans les essais, l’association n’a rien donné de grave, mais 7 cas d’effets cumulés ont été signalés en Pologne, surtout avec l’escitalopram et la sertraline. Préviens ton médecin avant de commencer, et arrête au moindre symptôme nouveau.
Somnifères et anxiolytiques : deux freins sur le même cerveau
En laboratoire, un extrait de racine active les récepteurs GABA, ceux sur lesquels agissent les benzodiazépines comme le diazépam (Candelario, 2015). D’après une monographie de l’OMS citée par l’ANSES, la plante pourrait aussi renforcer les barbituriques, de vieux somnifères. Rien n’a été mesuré chez l’humain, mais avec la somnolence vue dans les essais, l’ANSES déconseille de l’associer à un traitement qui endort. Je suis d’accord : somnifère ou anxiolytique, c’est non sans avis médical.
Diabète, thyroxine, greffe : des interactions surtout sur le papier
Pour le diabète, la glycémie à jeun baisse de 3 mg/dL en moyenne sur 11 essais (Farrin, 2026), bien trop peu pour faire chuter le sucre d’un diabétique traité. L’ANSES cite quand même des interactions possibles avec les antidiabétiques et les traitements de la thyroïde. Pour les traitements qui freinent l’immunité, après une greffe ou dans une maladie auto-immune, la crainte vient d’effets observés en laboratoire. Dans l’essai de Vaidya, trois familles de globules blancs ont monté de 4 à 6 % en 6 mois. C’est faible, mais je ne prendrais pas ce risque sous traitement antirejet sans l’accord du médecin qui le suit.
Moins d’émotions sous ashwagandha ? Une crainte née sur les forums
Sur internet, on lit que l’ashwagandha « éteint » les émotions : moins de stress, mais moins de joie aussi. Je n’ai trouvé aucun essai ni aucun cas médical publié qui décrive cet émoussement. La seule trace écrite vient d’une enquête menée en Arabie saoudite en 2026 : en entretien, une femme de 38 ans rapporte que « des gens ont dit qu’avec le temps, ils ressentaient un engourdissement de leurs émotions » (Khalil et Aljohani, 2026). Les auteurs précisent que ce sont des perceptions, pas des effets établis.
Les essais vont plutôt dans l’autre sens. Dans la méta-analyse de Marchi, les symptômes de dépression baissent sous ashwagandha, même si cet effet reste fragile. Chez les patients schizophrènes de Chengappa, les symptômes dits négatifs ont reculé plus que sous placebo, une catégorie qui comprend justement l’émoussement des émotions et le repli sur soi. Et chez les 1 002 adultes de Pakhale, l’irritabilité et l’agitation ont été signalées une fois chacune sous ashwagandha, le manque d’énergie deux fois sous placebo et jamais sous ashwagandha.
Mon avis : un questionnaire ne capte pas tout, et je ne peux pas exclure que certaines personnes se sentent « à plat ». Une plante qui calme le stress peut aussi calmer l’élan. Si tu as cette impression, arrête deux ou trois semaines et compare : c’est le seul test qui vaille. Et si tu te sens vide depuis des semaines, avec ou sans ashwagandha, parles-en à un médecin, car ça peut être une dépression.
Grossesse et allaitement : un seul essai, et rien sur les bébés
La plante traîne une réputation abortive dans de vieux textes. En 2026, une revue de Tallon et ses collègues juge ces preuves « non concluantes » : chez l’animal, pas de toxicité pour la reproduction aux doses proches de l’usage humain. D’après l’ANSES, des rates gestantes ont reçu jusqu’à 2 000 mg d’extrait de racine par kilo, sans malformation chez leurs petits. Un des auteurs de la revue travaille pour l’industrie des compléments.
En Inde, 70 femmes au deuxième trimestre ont pris 300 mg de KSM-66 matin et soir en plus du fer et du calcium, ou le fer et le calcium seuls, pendant 12 semaines. L’hémoglobine, le stress et le sommeil se sont améliorés, sans effet indésirable chez la mère (Ajgaonkar, 2026). Mais l’essai était ouvert, sans placebo, l’extrait était fourni par son fabricant, et personne n’a suivi la croissance ni la naissance des bébés. Le premier trimestre, le plus sensible, n’a pas été étudié.
Pour l’allaitement, il n’y a aucune donnée. Chez les moins de 18 ans, l’ANSES recommande aussi de s’en passer, faute d’études. Je m’abstiendrais dans les trois cas : un essai qui ne suit pas les bébés ne suffit pas à rassurer.
Cure de 8 semaines ou prise sur un an : ce que montrent les suivis longs
La plupart des essais contre placebo durent 8 à 12 semaines. Le plus grand des essais longs a suivi 1 200 adultes de 18 à 70 ans pendant 24 semaines, avec 500 mg d’extrait de racine chaque matin ou un placebo (Chopra, 2026). Il a été payé par un organisme public indien de recherche sur l’ayurvéda, pas par un fabricant, et les participants venaient d’être vaccinés contre le Covid. Voilà ce qui a été signalé dans chaque groupe :

Un peu plus de fièvres et de maux de tête sous ashwagandha, un peu moins de douleurs et de fatigue : les deux groupes se valent. Au total, 337 effets contre 309, presque tous légers et passés en un ou deux jours, et des prises de sang normales à chaque visite. Au-delà, Salve a suivi 191 adultes pendant 12 mois, sans placebo : 18 effets légers, tous passés sans traitement.
On lit souvent qu’il faut une semaine de pause toutes les 8 semaines pour éviter l’accoutumance. Aucune étude ne l’a testé, et aucune de celles que j’ai lues n’a montré que l’effet s’use. Je ferais plutôt le point au bout de 8 semaines : si ton stress et ton sommeil n’ont pas bougé, arrête. Si ça marche, les données vont jusqu’à un an sans signal particulier.
Pour l’arrêt, deux cas isolés posent question. Un étudiant de 20 ans, à 600 mg par jour, a eu le cœur rapide et des insomnies deux jours après avoir tout arrêté d’un coup (Holzman, 2025). Ses médecins évoquent un sevrage, mais il fumait aussi du cannabis et un retour de son anxiété n’est pas exclu. Une femme de 55 ans, à environ 950 mg par jour depuis plus d’un an, ne fabriquait plus assez de cortisol (Javid, 2026), mais le produit n’a pas été analysé et des corticoïdes cachés ne sont pas exclus. Dans les essais, le cortisol baisse mais reste dans les valeurs normales. Par prudence, si tu en prends depuis des mois, diminuer sur une semaine plutôt que tout couper ne coûte rien.
Les essais et les cas cliniques passés en revue, en un tableau
| Étude | Participants | Produit et dose par jour | Durée | Résultat |
|---|---|---|---|---|
| Pakhale 2026 | 1 002 adultes stressés ou anxieux | KSM-66, 600 mg | 8 semaines | Au moins un effet : 5,2 % contre 7,8 % sous placebo, aucun effet grave |
| Coope 2026 (revue) | 23 essais, 2 317 adultes en bonne santé | Extraits de racine, 125 à 600 mg | 1 jour à 180 jours | Foie, reins, sang, hormones dans les normes, aucun effet grave |
| Chopra 2026 | 1 200 adultes en bonne santé | Extrait de racine, 500 mg | 24 semaines | 337 effets contre 309, presque tous légers, aucun abandon |
| Salve 2026 | 191 adultes, sans placebo | Extrait de racine | 12 mois | 18 effets légers, ALAT de 31,3 à 33,7 UI/L |
| Vaidya 2026 | 40 adultes de 50 à 70 ans | Extrait de racine, 400 mg | 180 jours | Analyses, thyroïde et ECG normaux, aucun effet |
| Verma 2021 | 80 volontaires en bonne santé | KSM-66, 600 mg | 8 semaines | Foie, reins et thyroïde inchangés, aucun effet |
| Tandon 2020 (revue) | 30 études humaines | Racine ou extrait de racine | Variable | Somnolence, gêne à l’estomac, selles molles chez plus de 5 % |
| Chandrasekhar 2012 | 64 adultes stressés | KSM-66, 600 mg | 60 jours | 6 effets légers contre 5, dont de la somnolence |
| Chengappa 2018 | 66 schizophrènes sous antipsychotiques | Extrait standardisé, 1 000 mg | 12 semaines | Plus de somnolence, de gêne à l’estomac et de selles molles |
| Björnsson 2020 | 5 atteintes du foie | Produits à l’ashwagandha, 450 à 1 350 mg | 14 à 110 jours | Jaunisse, guérison chez les 4 patients suivis |
| Bokan 2023 | 2 atteintes du foie | 450 et 1 350 mg | 45 jours et 6 mois | Guérison 4 et 8 semaines après l’arrêt |
| Philips 2023 | 8 atteintes du foie en Inde | Produits à l’ashwagandha seule | Variable | 3 décès chez des malades du foie |
| McIntyre 2026 (revue) | 25 atteintes du foie publiées | Produits variés | Quelques semaines en général | 1 greffe, 3 décès sur maladie du foie, guérison des autres en général |
| Ippoliti 2026 | 15 signalements en Italie | Surtout des mélanges | 2002 à 2024 | Une insuffisance du foie avec un mélange, effets légers sinon |
| Fornalik 2026 (méta-analyse) | 23 essais, 1 706 personnes | Extraits variés | Variable | T4 +0,61 µg/dL, TSH et T3 inchangées |
| Sharma 2018 | 50 adultes, thyroïde au ralenti | Extrait de racine, 600 mg | 8 semaines | TSH, T3 et T4 vers la normale |
| van der Hooft 2005 | 1 femme de 32 ans | Gélules de 250 mg, puis 2 par jour | Quelques semaines | Hyperthyroïdie, guérie à l’arrêt |
| Hayashi 2024 | 1 homme de 47 ans | Non précisé | 2 mois | Thyroïdite indolore, guérie à l’arrêt |
| Kamal 2022 | 1 femme de 73 ans, hypothyroïdie | Extrait de racine | 2 ans | Hyperthyroïdie et cœur rapide, guérie à l’arrêt |
| Pattojoshi 2026 | 60 hypertendus stressés | Extrait standardisé, 600 mg | 60 jours | Anxiété en baisse, aucun effet grave |
| Siwek 2023 | 1 816 déclarations, 7 cas avec l’ashwagandha | Avec un antidépresseur | Variable | Effets cumulés, disparus à l’arrêt |
| Jahanbakhsh 2016 | 30 patients atteints de TOC sous ISRS | Extrait de racine, 120 mg | 6 semaines | Aucun effet indésirable |
| Marchi 2025 (méta-analyse) | 14 essais, 713 patients | 600 mg (médiane) | 8 semaines (médiane) | Effets : 47 sur 139 contre 53 sur 148 |
| Farrin 2026 (méta-analyse) | 11 essais, 667 personnes | Extraits variés | Variable | Glycémie à jeun -3 mg/dL |
| Khalil 2026 (enquête) | 508 adultes et 20 entretiens | Usage courant | Sans objet | Émoussement des émotions évoqué par ouï-dire |
| Ajgaonkar 2026 | 70 femmes enceintes | KSM-66, 600 mg | 12 semaines | Aucun effet chez la mère, bébés non suivis |
| Holzman 2025 | 1 homme de 20 ans | 600 mg | Non précisée | Cœur rapide et insomnie après un arrêt brutal |
| Javid 2026 | 1 femme de 55 ans | Environ 950 mg | Plus d’un an | Cortisol trop bas, produit non analysé |
Dernière étude ajoutée : Khalil et Aljohani, 2026.
Mon avis : la dose des essais pour l’adulte en bonne santé, et sept profils qui s’abstiennent
Si tu es un adulte en bonne santé, l’ashwagandha fait partie des plantes les mieux tolérées qu’on ait testées. Prends-la comme dans les essais : un extrait de racine seule, titré, à 600 mg de KSM-66 ou environ 30 mg de withanolides par jour, le soir au début. Fais le point au bout de 8 semaines, et arrête si une jaunisse, des urines foncées, des démangeaisons sans raison ou des palpitations apparaissent.
Si tu veux en acheter, tu peux avoir une réduction sur l’ashwagandha Nutriforce avec le code MUSCUNUTRITION : ses deux gélules par jour apportent 1 000 mg d’extrait de racine titré à 3 %, soit 30 mg de withanolides, autant que 600 mg de KSM-66.
Sept profils, à mon avis, doivent s’en passer : la femme enceinte ou qui allaite, les moins de 18 ans, les personnes qui ont une maladie du foie, une maladie de la thyroïde, une maladie du cœur, un excès d’hormones masculines (comme dans certains syndromes des ovaires polykystiques), ou qui prennent un somnifère ou un anxiolytique. Avec un antidépresseur, un antidiabétique, un traitement de la tension ou un traitement antirejet, ce n’est pas exclu, mais demande d’abord à ton médecin.
Pour les bienfaits, étude par étude, tout est dans l’article sur l’ashwagandha en musculation. Si tu cherches une plante pour une période de fatigue plus courte, j’ai aussi lu les études sur la rhodiola rosea. Et pour mieux dormir sans t’assommer, regarde ce que valent la L-théanine et la glycine prise avant le coucher.
Sources
- Pakhale K, Salve J, Ademola J et al. (2026). Safety of 8-Week Administration With Ashwagandha (Withania somnifera) Root Extract in Adults With Stress and Anxiety: Findings From a Prospective, Randomized, Multi-Center, Double-Blinded, Placebo-Controlled Study. Phytotherapy Research.
- Coope OC, Willems MET, Levington A et al. (2026). Back to the Roots: Safety and Tolerability of Standardised Ashwagandha (Withania somnifera) Root Extract in Healthy Adults: A Systematic Review of Biomarkers and Adverse Events. Pharmaceuticals.
- Tandon N, Yadav SS (2020). Safety and clinical effectiveness of Withania Somnifera (Linn.) Dunal root in human ailments. Journal of Ethnopharmacology.
- Chandrasekhar K, Kapoor J, Anishetty S (2012). A Prospective, Randomized Double-Blind, Placebo-Controlled Study of Safety and Efficacy of a High-Concentration Full-Spectrum Extract of Ashwagandha Root in Reducing Stress and Anxiety in Adults. Indian Journal of Psychological Medicine.
- Chengappa KNR, Brar JS, Gannon JM et al. (2018). Adjunctive Use of a Standardized Extract of Withania somnifera (Ashwagandha) to Treat Symptom Exacerbation in Schizophrenia. The Journal of Clinical Psychiatry.
- Anses (2024). Avis relatif aux risques liés à l’utilisation des préparations de Withania somnifera (L.) Dunal dans les compléments alimentaires (saisine 2021-SA-0077). Avis de l’Anses.
- Salve J, Kale S, Prajapati BL et al. (2026). Safety of 12-Months Administration of Ashwagandha (Withania somnifera) Standardized Root Extract in Healthy Adults: A Prospective, Observational Study. Phytotherapy Research.
- National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases (2024). Ashwagandha. LiverTox, mise à jour du 3 décembre 2024.
- Björnsson HK, Björnsson ES, Avula B et al. (2020). Ashwagandha-induced liver injury: A case series from Iceland and the US Drug-Induced Liver Injury Network. Liver International.
- Bokan G, Glamočanin T, Mavija Z et al. (2023). Herb-Induced Liver Injury by Ayurvedic Ashwagandha as Assessed for Causality by the Updated RUCAM: An Emerging Cause. Pharmaceuticals.
- McIntyre D, Nguyen P, Kim Y et al. (2026). Ashwagandha (Withania somnifera)-Associated Liver Injury: A Scoping Review of Clinical Characteristics and Safety Considerations. Cureus.
- Philips CA, Valsan A, Theruvath AH et al. (2023). Ashwagandha-induced liver injury: A case series from India and literature review. Hepatology Communications.
- Verma N, Gupta SK, Tiwari S et al. (2021). Safety of Ashwagandha Root Extract: A Randomized, Placebo-Controlled, study in Healthy Volunteers. Complementary Therapies in Medicine.
- Vaidya N, Agarwal R, Kshirsagar P et al. (2026). Safety and Tolerability of Withania somnifera Root Extract in Healthy Male Participants: A Pilot Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled Clinical Trial. Food Science & Nutrition.
- Fornalik M, Malkiewicz A, Adamczak D et al. (2026). Hormonal Modulation with Withania somnifera: Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized-controlled Trials. Planta Medica.
- Sharma AK, Basu I, Singh S (2018). Efficacy and Safety of Ashwagandha Root Extract in Subclinical Hypothyroid Patients: A Double-Blind, Randomized Placebo-Controlled Trial. The Journal of Alternative and Complementary Medicine.
- van der Hooft CS, Hoekstra A, Winter A et al. (2005). [Thyrotoxicosis following the use of ashwagandha]. Nederlands tijdschrift voor geneeskunde.
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