Lion’s mane (Hericium erinaceus) : études, effets sur le cerveau, dose et effets secondaires

Photo d'un champignon de Lion's Mane qui est utilisée comme nootropique. On voit les études scientifiques et les avis

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Le lion’s mane, ou crinière de lion, est un champignon blanc et chevelu que les rayons de nootropiques présentent comme un engrais pour les neurones. L’idée vient de cellules en culture : ses extraits leur font produire du NGF, une protéine qui entretient les cellules nerveuses. Chez l’humain, on compte une dizaine d’essais, de 18 à 109 participants, souvent financés par un fabricant. Les signaux les plus nets concernent des personnes de plus de 50 ans qui commencent à perdre la mémoire. Chez l’adulte jeune en bonne santé, l’effet est faible ou absent, et pour l’humeur ou le sommeil, les preuves restent minces.

Hericium erinaceus, l’hydne hérisson des vieux arbres

Son nom scientifique est Hericium erinaceus. En France, on l’appelle hydne hérisson ou crinière de lion, et au Japon yamabushitake. Il pousse sur les vieux feuillus ou les arbres morts, sous la forme d’une boule blanche couverte de longues pointes. On le cultive sur de la sciure, et au Japon comme en Chine on le mange comme un champignon de cuisine.

La revue de Mendel Friedman, chercheur au ministère américain de l’Agriculture, y recense environ 70 molécules actives ou candidates. Pour le cerveau, deux familles comptent, et elles ne viennent pas de la même partie.

Héricénones dans le champignon, érinacines dans le mycélium

Un champignon a deux parties. Le mycélium est un réseau de filaments blancs qui vit dans le bois, un peu comme des racines. Le corps du champignon, qu’on appelle aussi fructification, est la partie qu’on récolte et qu’on mange.

L’équipe japonaise d’Hirokazu Kawagishi a isolé les héricénones C, D et E dans le corps du champignon en 1991, puis les érinacines A, B et C dans le mycélium cultivé en 1994.

La séparation est nette. En 2025, une équipe de Fungi Perfecti, un fabricant américain de compléments, n’a détecté aucune des quatre érinacines dosées dans le corps du champignon, où les gènes qui les fabriquent tournent au ralenti. À l’inverse, une équipe de l’université de Pavie a mesuré 760 à 1 560 µg d’héricénone C par gramme dans le corps du champignon, selon qu’il était sauvage ou cultivé.

Quatre photos de boîtes de culture où des filaments blancs ramifiés de lion's mane grandissent à 30, 45 et 60 jours, puis le même matériel récolté et posé dans une boîte en verre
Ébauche de champignon (primordium) de lion’s mane cultivée en boîte après 30 (A), 45 (B) et 60 jours (C), puis récoltée (D) : c’est l’étape entre le mycélium et le corps du champignon. Corana et al., Molecules, 2019, figure 1, licence CC BY 4.0.

Une poudre de corps du champignon apporte donc des héricénones, un mycélium des érinacines, et les essais présentés plus bas n’ont pas tous testé la même chose.

Deuxième nuance : on prête souvent aux héricénones l’effet sur les neurones, mais les tests ne le confirment pas tous. Dans l’étude de Mori en 2008, les héricénones C, D et E isolées n’ont pas fait produire de NGF aux cellules, alors que l’extrait entier y arrivait. Une autre équipe a vu que les héricénones seules ne faisaient pas pousser les cellules nerveuses, mais renforçaient l’effet d’une petite dose de NGF ajoutée à côté.

Pour les érinacines, reste à savoir si elles arrivent jusqu’au cerveau. Chez le rat, oui. Après une prise par la bouche, environ un quart de l’érinacine A passe dans le sang, et on la retrouve dans le cerveau dès la première heure, avec un pic à 8 heures. Personne ne l’a encore mesuré chez l’humain.

Le NGF, la protéine qui entretient tes neurones

Le NGF (de l’anglais nerve growth factor, facteur de croissance nerveuse) est une protéine qui aide certains neurones à survivre et à garder leurs connexions. Il compte surtout pour les neurones à acétylcholine, très impliqués dans la mémoire (voir les compléments qui augmentent l’acétylcholine). En avaler ne sert à rien : il est digéré et ne franchit pas la barrière entre le sang et le cerveau. D’où l’idée de pousser le cerveau à en fabriquer plus lui-même.

L’étude de Mori a testé quatre champignons sur des cellules d’astrocytome humain, une lignée issue d’une tumeur du cerveau. Seul le lion’s mane a fait monter le NGF, d’autant plus que la dose était forte. Chez des souris nourries 7 jours avec 5 % de sa poudre, le NGF était plus produit dans l’hippocampe, la zone de la mémoire.

Une équipe malaisienne a baigné des cellules NG108-15 dans un extrait aqueux de lion’s mane. Ce ne sont pas des cellules du cerveau, mais une lignée de laboratoire née de cellules tumorales de souris et de rat. Avec l’extrait, elles ont fait pousser plus de prolongements, ces fines branches par lesquelles les neurones se connectent.

C’est parlant, mais ce sont des cellules baignées directement dans l’extrait, et l’étude mesure la longueur de leurs prolongements, pas un nombre de neurones. Rien ne dit qu’une gélule amène ces concentrations jusqu’à ton cerveau.

Mémoire après 50 ans : les essais les plus encourageants

On commence avec l’essai qui a lancé la réputation du lion’s mane. Koichiro Mori et ses collègues ont recruté 30 Japonais de 50 à 80 ans avec des troubles cognitifs légers, ce stade où la mémoire baisse sans qu’on parle encore de démence. La moitié a pris 12 comprimés de 250 mg par jour, presque entièrement faits de poudre de champignon séché (3 g au total), l’autre moitié un placebo, pendant 16 semaines. Le score cognitif (l’échelle de Hasegawa, notée sur 30) était plus élevé que sous placebo à 8, 12 et 16 semaines.

Ce qui n’est pas mal du tout, avec une limite claire : un mois après l’arrêt, le score était déjà retombé. L’effet ne dure que tant qu’on en prend. Les bilans sanguins n’ont montré aucun effet indésirable. Mais il y avait 15 personnes par groupe, une seule échelle de mesure, et le premier auteur travaillait pour Hokuto, un producteur japonais de champignons. Quinze ans plus tard, un groupe de neurologues spécialistes de la maladie de Charcot note que ce résultat n’a toujours pas été reproduit.

L’essai de Saitsu en 2019 a testé 31 adultes de plus de 50 ans, en bonne santé, avec 3,2 g par jour de poudre de champignon pendant 12 semaines. Sur le MMSE, un test de dépistage noté sur 30, le groupe lion’s mane est passé de 29,2 à 30, contre 28,7 à 29,5 sous placebo : un demi-point d’écart, en touchant le maximum du test. Les deux autres tests de mémoire, visuelle et verbale, n’ont rien montré. L’article ne dit rien de son financement.

L’essai le plus long vient de Taïwan. Li et ses collègues ont suivi 41 patients atteints d’une maladie d’Alzheimer débutante, âgés de 74 et 77 ans en moyenne selon le groupe, pendant 49 semaines. Le groupe actif prenait 3 gélules de 350 mg de mycélium enrichi en érinacine A, soit environ 5 mg d’érinacine A par jour.

Deux graphiques en courbes sur 49 semaines : le MMSE passe de 21,75 à 23,2 avec le mycélium de lion's mane et de 21,33 à 20,67 sous placebo, l'autonomie au quotidien passe de 6,35 à 6,7 contre 5,71 à 5
Le MMSE (à gauche) monte sous lion’s mane, mais l’écart final n’est pas significatif ; l’autonomie au quotidien (à droite) est la seule différence nette. Graphique MuscuNutrition d’après les chiffres de Li et al., Frontiers in Aging Neuroscience, 2020.

Le résumé est plus flatteur que le tableau des résultats. Le MMSE monte d’environ 1,5 point sous lion’s mane et baisse un peu sous placebo, mais l’écart entre les groupes n’est pas significatif, pas plus que sur un second test cognitif. Seule l’autonomie au quotidien (gérer son argent, ses médicaments, ses courses) diffère nettement. Cinq des auteurs sont salariés de Grape King Bio, qui produit ce mycélium, et 8 patients sur 49 ont quitté l’essai.

Peut-être, chez les plus de 50 ans qui commencent à perdre la mémoire : trois petits essais (30, 31 et 41 participants) vont dans le même sens, avec 1 à 3,2 g par jour pendant 3 mois à un an. L’effet reste modeste, souvent visible sur une seule échelle, et dans le seul essai qui l’a vérifié, il s’efface quand on arrête.

Chez l’adulte jeune et en forme, presque rien de mesurable

C’est sûrement ta question si tu en prends pour travailler ou réviser. À l’université de Northumbria, Docherty et ses collègues ont donné 1,8 g par jour d’un mélange de lion’s mane, ou un placebo, à 41 adultes de 18 à 45 ans pendant 28 jours. Une heure après la première prise, le groupe lion’s mane répondait plus vite au test de Stroop, où il faut dire la couleur de l’encre d’un mot qui désigne une autre couleur :

Graphique du temps de réaction au test de Stroop avant et 60 minutes après une dose : il passe d'environ 738 à 688 millisecondes avec le lion's mane et reste vers 700 millisecondes sous placebo
Temps de réaction au test de Stroop avant et 60 minutes après la première dose (plus bas = plus rapide). Regarde le point de départ : le groupe lion’s mane partait plus lent que le groupe placebo. Docherty et al., Nutrients, 2023, figure 4, licence CC BY 4.0.

Le même jour, ce groupe retenait moins bien une liste de mots. Après 28 jours, rien sur les scores globaux, et le groupe placebo retenait même plus de mots. Seul le stress ressenti était un peu plus bas sous lion’s mane, à la limite du seuil statistique.

Les essais sur une seule prise ne font pas mieux. Chez 18 adultes de 18 à 35 ans, 3 g d’extrait concentré de corps du champignon n’ont pas changé le score global, seulement un test de dextérité. Deux des auteurs travaillent pour une marque de boissons au lion’s mane. Chez 40 adultes de 18 à 50 ans, 1 g de champignon a amélioré quelques résultats, surtout des temps de réaction, deux heures après la prise.

Pour la salle, il y a un essai. Grozier et ses collègues ont fait manger à 24 étudiants actifs deux muffins par jour pendant 4 semaines, avec ou sans 10 g de lion’s mane. Aucun effet sur l’utilisation des graisses à l’effort, la condition cardio-respiratoire ni la concentration après un effort épuisant, malgré une grosse dose conseillée par le fournisseur du produit.

Le plus grand essai n’est pas encore relu par d’autres chercheurs. Dans cette prépublication de 2026, 109 adultes de 40 à 75 ans qui se plaignaient de leur mémoire ont pris 2 g par jour de champignon et de mycélium, ou un placebo, pendant 8 semaines. Ils ont fait mieux sur une tâche d’attention visuelle et déclaré un meilleur sommeil et une meilleure humeur. Deux des auteurs travaillent pour M2 Ingredients, qui vend ce type de poudre.

Non, pas d’effet net chez l’adulte jeune en bonne santé : dans quatre essais de 18 à 43 participants, un test isolé s’améliore ici ou là, d’autres empirent, et les scores globaux ne bougent pas. Chez des étudiants sportifs, 10 g par jour pendant 4 semaines n’ont rien changé.

Une revue de l’université de Reading, financée par l’interprofession américaine du champignon, juge elle aussi ces essais mitigés, un peu plus favorables chez les adultes d’âge mûr et les seniors.

Humeur, anxiété, sommeil et ménopause : des essais trop fragiles

Là, ça se complique. L’essai de Nagano en 2010 est souvent cité comme la preuve d’un effet antidépresseur. Trente femmes d’environ 40 ans, qui se plaignaient de petits troubles sans maladie, ont mangé 4 biscuits par jour pendant 4 semaines, avec 2 g de poudre de champignon au total ou rien. Les résultats de 26 d’entre elles ont été analysés.

Trois petits graphiques avant et après 4 semaines : le score de dépression passe de 13,9 à 10,3 avec le lion's mane et de 15,1 à 12,6 sous placebo, le score de ménopause de 16,5 à 11,2 contre 17,1 à 11,1, le score de sommeil de 6,3 à 6,0 contre 6,2 à 6,4
Les scores de dépression, de ménopause et de sommeil baissent autant sous placebo que sous lion’s mane. Graphique MuscuNutrition d’après les chiffres de Nagano et al., Biomedical Research, 2010, tableau 2.

Le score de dépression a baissé sous lion’s mane, mais presque autant sous placebo : aucune différence entre les groupes sur la dépression, la ménopause, le sommeil ou l’ensemble des plaintes. Seuls deux items sur quarante sortent du lot : moins de palpitations et plus d’envie de faire les choses. Les biscuits venaient d’Aso Biotech, dont deux salariés cosignent l’étude. Quant au tabac et à l’alcool, ils n’apparaissent que dans la description des participantes au départ : l’étude n’a mesuré aucun effet dessus.

L’étude de Vigna en 2019 a suivi 77 adultes en surpoids sous régime, avec ou sans 3 gélules par jour (1,2 g de mycélium et 0,3 g d’extrait de champignon) pendant 8 semaines, sans placebo ni aveugle. La dépression n’a pas plus baissé qu’avec le régime seul, l’anxiété a baissé de 12,6 % sous lion’s mane, et le sommeil n’a été mesuré que dans ce groupe. Les auteurs parlent eux-mêmes d’étude pilote.

Il existe aussi un essai pilote japonais de 2015 sur le sommeil d’étudiantes, mais je n’ai pas pu en lire le contenu.

Pas démontré pour l’humeur et le sommeil : le seul essai publié contre placebo (26 femmes, 4 semaines) ne trouve aucune différence entre les groupes, et l’autre n’avait pas de placebo. Si ton problème est le stress, j’ai analysé la L-théanine et la rhodiola, deux compléments étudiés contre le stress.

Nerfs abîmés : des résultats chez le rat, aucun essai chez l’humain

Tu liras parfois que le lion’s mane « répare les nerfs ». L’idée vient de l’étude de Wong en 2011, à Kuala Lumpur. Quarante rates ont reçu chaque jour, pendant 14 jours, un extrait aqueux de champignon frais, de l’eau ou de la vitamine B12, puis on leur a écrasé un nerf de la patte arrière. Avec l’extrait, elles ont retrouvé une marche normale 4 à 7 jours plus tôt qu’avec l’eau, à peu près comme avec la B12. En 2018, la revue a publié un correctif : certaines images avaient déjà servi dans un article de 2009 de la même équipe.

Une revue systématique de 2026 a rassemblé 11 études sur les champignons et les nerfs périphériques, dont 5 sur le lion’s mane. Les auteurs concluent qu’il faut maintenant passer aux essais chez l’humain.

Côté cerveau, chez des souris âgées et fragiles, deux mois d’extrait ont amélioré la mémoire de reconnaissance et les marqueurs de nouveaux neurones dans l’hippocampe. Chez des souris modèles d’Alzheimer, un mois de mycélium enrichi a réduit les plaques de protéine amyloïde. Une revue de 2025 sur les érinacines chez l’animal trouve des effets qui augmentent avec la dose. Ce sont des pistes sérieuses, mais une souris n’est pas un humain. Et les doses n’ont rien à voir : les rats de l’étude sur l’érinacine A recevaient 2,4 g d’extrait par kilo, contre environ 14 mg par kilo pour 1 g par jour chez un homme de 70 kg.

Ce que contient vraiment ta gélule de lion’s mane

Deux produits vendus sous le même nom peuvent n’avoir presque rien en commun. Le premier point, c’est la partie utilisée. Le mycélium peut pousser en cuve, dans un liquide (c’était le cas dans l’essai sur la maladie d’Alzheimer), ou sur des céréales, et la poudre contient alors le grain avec. C’est le cas de la poudre testée par M2 Ingredients en 2025, cultivée sur de l’avoine.

Le deuxième point, ce sont les bêta-glucanes, les fibres du champignon. Beaucoup d’étiquettes affichent des « polysaccharides » dosés par des méthodes qui comptent aussi l’amidon des céréales, alors qu’une méthode publiée en 2016 sépare les deux. Dans l’essai de Vigna, le mycélium affichait ainsi plus de 37 % de « glucanes totaux », amidon compris. Dans celui de Grozier, un laboratoire extérieur trouvait 33,69 % de bêta-glucanes.

Le troisième point, ce sont les composés actifs, qui varient énormément d’un mycélium à l’autre :

Graphique en barres horizontales sur échelle logarithmique : aucune érinacine dans le corps du champignon, 0,105 et 0,15 mg par gramme dans deux mycéliums italiens, 5 mg dans le mycélium enrichi de l'essai sur Alzheimer, 42,16 mg dans la meilleure souche testée en Chine
Teneur en érinacine A selon la partie du champignon et la souche : de rien du tout à 42 mg par gramme. Graphique MuscuNutrition d’après les chiffres de Doar et al., Fungal Biology and Biotechnology, 2025, Corana et al., Molecules, 2019, Li et al., Frontiers in Aging Neuroscience, 2020 et Liu et al., Foods, 2024.

Entre une souche italienne et la meilleure souche testée par une équipe chinoise, l’érinacine A varie d’un facteur 400. Pour le reishi, un autre champignon vendu de la même façon, une analyse de 19 lots de compléments achetés aux États-Unis n’en trouvait que 5 conformes à leur étiquette. Je n’ai trouvé aucune analyse équivalente publiée pour le lion’s mane.

Avant d’acheter, je regarderais la partie utilisée, les bêta-glucanes dosés à part de l’amidon, la teneur en héricénones ou en érinacines, et une analyse du lot. Un ratio d’extraction comme 10:1 ou 20:1 indique combien de champignon sec a servi, pas ce qui reste dans la gélule.

Effets secondaires, allergies et cas rapportés

Dans les essais, jusqu’à 49 semaines, le lion’s mane est bien toléré. Dans celui sur la maladie d’Alzheimer, 3 patients l’ont arrêté pour un inconfort au ventre, des nausées ou une éruption sur la peau, contre 1 sous placebo. La base LiverTox des instituts de santé américains ne lui relie aucune atteinte du foie. Chez le rat, aucune toxicité n’est apparue jusqu’à 3 g par kilo pendant 28 jours ou 2,6 g par kilo pendant 13 semaines, dans des études menées par le fabricant du mycélium.

Le risque principal, c’est l’allergie, rare mais parfois sérieuse. Au Japon, un homme de 63 ans a fait une détresse respiratoire aiguë après environ quatre mois de poudre d’extrait chaque jour. Placé sous respirateur, il a guéri sous corticoïdes, et ses globules blancs réagissaient fortement à l’extrait. Aux Pays-Bas, un eczéma de contact a été décrit chez une personne qui manipulait ce champignon au travail. Le groupe de neurologues cité plus haut signale aussi un cas d’anaphylaxie, la réaction allergique grave, après un lion’s mane frais.

Je l’éviterais donc dans ces situations :

Et si tu tousses, t’essouffles ou vois apparaître des plaques sur la peau après le début de la prise, tu arrêtes et tu en parles à un médecin.

Dose et durée dans les essais chez l’humain

ÉtudeParticipantsProduit et dose par jourDuréeRésultat
Mori 200930 personnes de 50 à 80 ans, troubles cognitifs légers3 g de poudre de champignon16 semainesMeilleur score cognitif, perdu un mois après l’arrêt
Saitsu 201931 adultes de plus de 50 ans sans trouble3,2 g de poudre de champignon12 semainesMMSE un demi-point au-dessus du placebo, 2 tests sur 3 sans effet
Li 202041 patients avec maladie d’Alzheimer débutante1,05 g de mycélium enrichi en érinacine A49 semainesAutonomie meilleure, MMSE sans différence entre groupes
Nagano 201026 femmes d’environ 40 ans2 g de poudre dans des biscuits4 semainesPas de différence avec le placebo
Vigna 201977 adultes en surpoids sous régime1,2 g de mycélium et 0,3 g d’extrait8 semainesAnxiété en baisse, sans placebo
Grozier 202224 étudiants actifs10 g dans des muffins4 semainesAucun effet à l’effort ni sur la cognition
Docherty 202341 adultes de 18 à 45 ans1,8 g d’un mélange28 joursStroop plus rapide 1 heure après la 1re prise, rien à 28 jours
La Monica 202340 adultes de 18 à 50 ans1 g de champignon1 priseQuelques temps de réaction meilleurs à 2 heures
Surendran 202518 adultes de 18 à 35 ans3 g d’extrait 10:11 priseScore global inchangé, dextérité meilleure
Daoust 2026 (non relu)109 adultes de 40 à 75 ans, plainte de mémoire2 g de champignon et de mycélium8 semainesAttention, sommeil ressenti et humeur meilleurs

Les essais positifs chez les plus de 50 ans ont utilisé soit 3 à 3,2 g par jour de poudre de corps du champignon pendant 3 à 4 mois, soit environ 1 g de mycélium enrichi en érinacine A pendant presque un an. Dans l’essai de Mori, l’écart apparaissait à 8 semaines et disparaissait un mois après l’arrêt.

À mon avis, le lion’s mane a du sens si tu as plus de 50 ans, que ta mémoire baisse un peu, et que ton médecin a écarté une autre cause. Je partirais sur l’équivalent de 1 à 3 g de champignon par jour, le matin après le petit-déjeuner comme dans l’essai de Docherty, pendant au moins 12 semaines avant de juger. Sans changement net au bout de trois mois, j’arrêterais. Si tu as 25 ans et que tu cherches un coup de fouet pour la concentration, les essais ne te promettent rien de perceptible.

Si tu veux en acheter, tu peux avoir une réduction sur le lion’s mane Nutriforce avec le code MUSCUNUTRITION. C’est un extrait concentré au moins 20:1, à 500 mg par gélule, annoncé à 1 % d’héricénones. Aucun essai de plusieurs semaines n’a testé ce type d’extrait : je ne peux donc pas te promettre les mêmes résultats que ceux décrits plus haut.

J’ai aussi analysé le bacopa monnieri, une autre plante vendue pour la mémoire, et les études sur le cordyceps, un autre champignon présenté comme nootropique.

Sources

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