Apigénine : un léger effet sur l’anxiété et le sommeil dans les essais sur la camomille

photo de camomille qui contient de l'apigénine pour la musculation, le stress, la testostérone et les œstrogènes avec l'aromatase

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50 mg d’apigénine une demi-heure à une heure avant le coucher : la dose fait le tour des forums depuis qu’Andrew Huberman l’a mise dans son protocole de sommeil. On prête aussi à cette molécule de la camomille le pouvoir de faire baisser le cortisol, de freiner l’aromatase et de faire monter la testostérone. Chez l’humain, presque tous les essais portent sur l’extrait de camomille : ils montrent un effet réel sur l’anxiété, plus discret sur le sommeil. La testostérone, elle, n’a été mesurée que dans des cellules et chez des rongeurs. Je te montre tout ça étude par étude, avec les doses testées et les précautions à connaître.

Une flavone que fabriquent la camomille, le persil et le céleri

L’apigénine est un flavonoïde, une de ces molécules que les plantes produisent pour se protéger des UV et des insectes. On la trouve surtout dans les fleurs de camomille, le persil et le céleri, et en plus petite quantité dans le thym, l’origan ou les oranges. Dans les plantes, elle est presque toujours accrochée à un sucre : on parle de glycoside.

Une précision, parce que l’erreur circule : ton corps ne sait pas en fabriquer. Les plantes la produisent à partir de deux acides aminés, la phénylalanine et la tyrosine, par une chaîne de réactions qui n’existe pas chez les animaux (Kramer et Johnson, 2024). Toute l’apigénine de ton sang vient donc de ton assiette ou d’une gélule. Avec une alimentation habituelle, on en avale environ 0,5 à 1 mg par jour, d’après la revue de DeRango-Adem et Blay (2021). Kramer et Johnson ont résumé dans ce schéma les pistes avancées pour le sommeil et le vieillissement :

Schéma avec la formule de l'apigénine au centre, les effets avancés pour le sommeil à gauche (activité GABA, anxiété, sédation, BDNF, stress oxydatif) et ceux pour le vieillissement à droite
Autour de la molécule, les effets avancés pour le sommeil (à gauche) et le vieillissement (à droite). La plupart viennent d’études sur des cellules ou des animaux. Kramer et Johnson, Frontiers in Nutrition, 2024, figure 3, licence CC BY 4.0.

Camomille, persil, céleri : les teneurs mesurées

La revue de Hostetler et ses collègues (2017) a rassemblé les dosages publiés. Les fleurs de camomille séchées sont la source la plus riche : jusqu’à 5,3 g de glycosides d’apigénine pour 100 g, soit environ 100 mg dans les 2 g d’un sachet. C’est la teneur des fleurs, pas celle de l’infusion. Le persil séché en contient 1,2 à 1,35 g pour 100 g, et le persil frais varie énormément d’une analyse à l’autre. Le céleri en branche n’apporte que 3 à 22 mg pour une portion de 200 g.

Le persil et le céleri sont aussi vendus comme « anti-œstrogènes » : j’ai vérifié ce qu’ils font sur l’aromatase dans l’article sur les aliments anti-œstrogènes.

Absorption : moins de 1 µmol/L dans le sang, quelle que soit la source

L’apigénine qu’on avale arrive mal dans le sang. Meyer et son équipe (2006) ont fait manger à 11 adultes de 23 à 41 ans 2 g de persil blanchi par kilo de poids, soit environ 140 g pour 70 kg et 18 mg d’apigénine. Le pic est arrivé au bout de 7 heures environ, à 127 nmol/L en moyenne. À peine 0,2 % de la dose est ressortie dans les urines. Hostetler le résume ainsi : chez l’humain, toutes les mesures restent sous 1 µmol/L.

La forme compte. En 2022, Borges et ses collègues ont donné de l’apigénine sous plusieurs formes à des hommes en bonne santé. Avec l’infusion de camomille, l’équivalent de 34 % de la dose est ressorti dans les urines, avec un pic dans le sang au bout de 2 heures. Avec une boisson au persil, 11 %. Avec l’apigénine pure en gélule, 0,5 % seulement. Je n’ai pu lire que le résumé, qui ne donne pas les doses.

En extrapolant des données de rat, DeRango-Adem et Blay estiment qu’il faudrait jusqu’à 4 g par jour pour atteindre 5 µmol/L, l’ordre de grandeur qui agit sur des cellules. Garde ce point en tête : beaucoup d’effets spectaculaires de l’apigénine ont été obtenus dans des boîtes de culture, à des concentrations que ton sang n’atteint pas.

Anxiété : l’extrait de camomille a battu le placebo

Tout part du GABA, le messager qui calme le cerveau et fait contrepoids au glutamate, celui qui l’excite. Les benzodiazépines, la famille du Valium, renforcent son action en se fixant sur une zone précise de son récepteur. En 1995, Viola et son équipe ont isolé l’apigénine d’une infusion de camomille justement parce qu’elle se fixait sur cette zone. Chez la souris, elle a réduit l’anxiété dans un test de labyrinthe, sans endormir les animaux ni relâcher leurs muscles. À dix fois la dose, une légère sédation apparaissait.

Chez le rat, Zanoli (2000) ne voit qu’un effet sédatif, sans effet sur l’anxiété. Mais une revue de 21 études sur les rongeurs conclut à des effets anxiolytiques et antidépresseurs réguliers (Wang et Shi, 2026).

Chez l’humain, l’essai de référence vient de l’université de Pennsylvanie. Amsterdam et son équipe (2009) ont recruté 57 adultes de 46 ans en moyenne, avec une anxiété généralisée légère à modérée, c’est-à-dire des inquiétudes permanentes et difficiles à contrôler. Pendant 8 semaines, la moitié a pris des gélules de 220 mg d’extrait de camomille titré à 1,2 % d’apigénine, l’autre moitié un placebo. On commençait à une gélule par jour, puis on montait jusqu’à cinq si l’anxiété n’avait pas baissé de moitié, soit 2,6 à 13,2 mg d’apigénine. Voilà les résultats :

Deux graphiques en barres : le score d'anxiété baisse de 53 % sous camomille contre 35 % sous placebo, et 57 % des patients sous camomille voient leur anxiété baisser de moitié contre 38 % sous placebo
À gauche, la baisse du score d’anxiété de Hamilton, noté par un médecin : 53 % sous camomille contre 35 % sous placebo. À droite, la part des patients dont le score a baissé d’au moins la moitié. Graphique MuscuNutrition d’après les chiffres d’Amsterdam et al., Journal of Clinical Psychopharmacology, 2009.

Sur les 8 semaines, le score a baissé d’environ 3 points de plus sous camomille, une différence significative. Les autres critères penchent tous du même côté, sans atteindre la significativité avec si peu de patients. Il y a même eu deux fois moins d’effets indésirables sous camomille (11 contre 22). L’essai était financé par les instituts de santé américains, pas par un fabricant. Pour une plante, ce n’est pas mal du tout.

La même équipe a ensuite testé la durée. 179 adultes avec une anxiété généralisée modérée à sévère ont pris 1 500 mg d’extrait par jour, en trois gélules de 6 mg de glucosides d’apigénine chacune. Sans placebo à ce stade, 58 % ont répondu en 8 semaines et 12 % ont signalé un effet indésirable, jamais grave (Keefe, 2016). Les 93 qui allaient mieux ont ensuite continué la camomille ou reçu un placebo pendant 26 semaines (Mao, 2016). Rechute : 15 % contre 26 %, un écart non significatif, mais l’anxiété est restée plus basse sous camomille.

Toutes les études ne vont pas dans ce sens. Pour l’anxiété ponctuelle, celle d’un moment donné, la méta-analyse de Hieu et ses collègues (2019) ne trouve aucune différence avec le placebo sur trois essais. L’effet porte sur l’anxiété qui dure, et il reste modeste : 1,4 à 1,8 point de mieux sur l’échelle de Hamilton après 2 à 4 semaines, en regroupant les essais.

Sommeil : un mieux chez les seniors, rien chez les insomniaques

Chez la souris, l’apigénine allonge le sommeil provoqué par un somnifère, le pentobarbital (Kim, 2012). Chez l’humain, dans une maison de jour de Karaj, en Iran, Adib-Hajbaghery et Mousavi (2017) ont donné à 60 personnes de 60 ans et plus 200 mg d’extrait deux fois par jour, ou des gélules de farine, pendant 4 semaines. La qualité du sommeil s’est nettement améliorée sous camomille. À Ispahan, 77 résidents de maisons de retraite ont pris 400 mg deux fois par jour pendant 4 semaines, face à un groupe qui ne prenait rien, et leur sommeil s’est aussi amélioré (Abdullahzadeh, 2017).

En 2024, Kazemi et ses collègues ont regroupé ces essais. Le PSQI est un questionnaire de qualité du sommeil noté sur 21 : plus le score est bas, mieux on dort. Voilà ce que donnent les cinq essais qui l’ont mesuré :

Graphique en forêt de cinq essais sur la qualité du sommeil : quatre points sont à gauche du zéro, et le losange du résultat moyen est centré sur -1,88 point en faveur de la camomille
Chaque ligne est un essai, le losange le résultat moyen : un score plus bas de 1,88 point sous camomille. À gauche du trait vertical, la camomille fait mieux que le groupe témoin. Les deux plus gros effets viennent d’essais où les participants savaient ce qu’ils prenaient. Kazemi et al., Complementary Therapies in Medicine, 2024, figure 3, panneau PSQI, licence CC BY 4.0.

Sur 10 études et 772 participants, la qualité du sommeil progresse donc un peu, avec un endormissement plus rapide dans trois études sur quatre. La durée du sommeil et la forme dans la journée, elles, ne bougent pas.

Chez les vrais insomniaques, l’essai le plus rigoureux déçoit. Zick et ses collègues (2011) ont donné 270 mg d’extrait deux fois par jour ou un placebo à 34 adultes qui dormaient mal depuis au moins 6 mois. Après 28 jours, aucune différence sur le journal de sommeil, à peine un léger mieux dans la journée. Chez 80 jeunes mamans taïwanaises, l’infusion de camomille a amélioré le sommeil au bout de 2 semaines, mais à 4 semaines les deux groupes ne différaient plus (Chang et Chen, 2016).

Et le protocole de Huberman a fini par être testé : 50 mg d’apigénine avec 2 g de thréonate de magnésium et 200 mg de L-théanine, le soir pendant 14 jours, chez 103 adultes actifs en bonne santé. Les 25 qui prenaient seulement ce mélange du soir n’ont pas mieux dormi ni moins stressé que sous placebo (Mastrofini, 2026). L’étude était financée par Momentous, le fabricant des gélules testées.

L’apigénine fait-elle dormir ? Pas comme un somnifère. Avec l’extrait de camomille, la qualité du sommeil progresse un peu, surtout chez les personnes âgées qui dorment mal. Chez les insomniaques chroniques et chez les bons dormeurs, les essais contre placebo n’ont rien trouvé.

Si c’est surtout l’endormissement qui coince, la glycine prise avant le coucher et la L-théanine ont leurs propres essais.

Cortisol : moins 47 % dans des cellules, un rythme plus normal chez les anxieux

Le cortisol est l’hormone du stress, fabriquée par les glandes surrénales, posées sur les reins. En 2002, Ohno et ses collègues ont stimulé des cellules surrénales humaines en culture. Avec 12,5 µmol/L d’apigénine, elles ont produit 47,5 % de cortisol en moins. C’est environ 100 fois la concentration mesurée dans le sang après le plat de persil de Meyer.

Chez l’animal, l’effet passe aussi par la bouche. Chez des rats soumis à un stress chronique, l’apigénine avalée a ramené vers la normale la corticostérone, le cortisol des rongeurs (Yi, 2008). Alghamdi et son équipe (2022) ont fait la même expérience sur des souris stressées pendant 3 semaines, avec 25 ou 50 mg par kilo :

Graphique en barres : chez des souris stressées, la corticostérone passe de 28 sans traitement à 25 avec 25 mg/kg d'apigénine, 17 avec 50 mg/kg et 14 avec un antidépresseur
À droite, la corticostérone dans le sang des souris stressées, dans l’ordre : sans traitement (28), avec 25 mg/kg d’apigénine (25), avec 50 mg/kg (17) et avec l’imipramine, un antidépresseur (14). À gauche, les nitrites, un autre marqueur du stress. Alghamdi et al., Molecules, 2022, figure 4, licence CC BY 4.0.

À la forte dose, la corticostérone a baissé de 39 %, presque autant qu’avec l’antidépresseur. Mais 50 mg par kilo, c’est une dose sans commune mesure avec une gélule, et ce sont des souris.

Une seule étude humaine a suivi le cortisol sous camomille, et elle ne dit pas ce qu’on croit. Keefe et ses collègues (2018) ont mesuré le cortisol de la salive quatre fois par jour chez 45 patients anxieux, avant et après 8 semaines d’extrait, sans placebo. Au départ, les plus anxieux avaient le cortisol du matin le plus bas. À la fin, ceux qui allaient le mieux avaient un cortisol du matin plus haut, qui baissait ensuite plus nettement dans la journée. Le cortisol n’a donc pas chuté : son rythme s’est rapproché de la normale.

Chez l’humain, c’est l’ashwagandha qui a les preuves : un cortisol en baisse de 23 à 33 % en 8 semaines chez des adultes stressés, sans la démotivation qu’on lui prête parfois.

Testostérone et aromatase : des hausses vues dans des cellules de souris

La testostérone est fabriquée dans les testicules par les cellules de Leydig, quand le cerveau leur envoie la LH. Dans la cellule, ce signal passe par l’AMPc, un messager qui active la protéine StAR. Elle fait entrer le cholestérol, la matière première, dans les centrales de la cellule : c’est l’étape qui limite toute la production.

En 2011, Li et ses collègues ont ajouté de l’apigénine à des cellules de Leydig de souris en culture, stimulées par de l’AMPc. Cette lignée de cellules s’arrête à la progestérone, une étape avant la testostérone. Voilà ce qu’ils ont mesuré :

Graphique en barres : des cellules de Leydig de souris produisent 28,2 ng/mL de progestérone sans apigénine et 154,1 ng/mL avec 10 µmol/L d'apigénine
Progestérone produite en 6 heures par des cellules de Leydig de souris (lignée MA-10) stimulées par l’AMPc : 28,2 ng/mL sans apigénine, 154,1 ng/mL avec 10 µmol/L. Graphique MuscuNutrition d’après les chiffres de Li et al., Journal of Nutritional Biochemistry, 2011.

Plus de cinq fois plus. Sur des cellules de Leydig fraîches de souris, 5 µmol/L ont aussi fait monter la testostérone. L’apigénine bloque le récepteur du thromboxane A2, ce qui fait baisser DAX-1, un frein de la protéine StAR. Point important : sans AMPc, elle ne faisait rien. Elle amplifie le signal de la LH, elle ne le remplace pas.

Chez l’animal, deux études vont dans ce sens. Chez des souris rendues obèses par un régime gras, 10 mg/kg d’apigénine ont rétabli les protéines qui fabriquent la testostérone (Wu, 2024). Chez des rats intoxiqués à l’acrylamide, 10 à 20 mg/kg par jour pendant 28 jours ont ramené la testostérone, la LH et la FSH vers la normale (Baraka, 2024). Dans les deux cas, l’apigénine répare un dégât provoqué par les chercheurs.

D’autres cellules racontent l’inverse. Sur des cellules de Leydig de rat, Wang et ses collègues (2016) ont vu 100 µmol/L d’apigénine freiner la production d’hormones mâles. Elle bloque même deux enzymes humaines qui fabriquent la testostérone, dont la 17β-HSD de type 3, la dernière étape dans le testicule, freinée de moitié à 1,3 µmol/L. Les auteurs proposent l’apigénine contre le cancer de la prostate, justement pour faire baisser les androgènes.

Côté aromatase, l’enzyme qui transforme la testostérone en œstradiol, je retrouve la conclusion de mon article sur les anti-aromatases naturels. Dans des cellules humaines, il faut 20 µmol/L d’apigénine pour freiner l’enzyme de moitié, 1 000 fois plus qu’avec le formestane, un médicament (Sanderson, 2004). Le pic mesuré par Meyer après 140 g de persil est 160 fois plus bas. Quant à la 17β-HSD freinée dans l’étude de Le Bail (1998), sur des extraits de placenta, c’est celle qui transforme l’estrone, un œstrogène faible, en œstradiol. Elle ne touche pas à la testostérone.

Chez la souris, l’apigénine agit même un peu comme un œstrogène, en activant à moitié ses récepteurs (Yao, 2021). Chez l’humain, aucun essai n’a mesuré la testostérone ou l’œstradiol d’un homme sous apigénine. La seule piste concerne des femmes atteintes d’un syndrome des ovaires polykystiques, qui ont trop d’hormones mâles : la camomille y était testée pour faire baisser la testostérone, et les trois essais regroupés ne la font pas bouger (Firoozi, 2026).

L’apigénine fait-elle monter la testostérone ? Aucune étude ne l’a montré chez l’homme. Les hausses viennent de cellules de souris et de rongeurs malades ou intoxiqués, à des concentrations que le sang n’atteint pas. Dans d’autres cellules, elle freine au contraire les enzymes qui fabriquent la testostérone.

Pour la testostérone, j’ai classé les plantes qui ont de vrais essais chez l’humain dans mon comparatif des boosters de testostérone.

Allergie, warfarine, somnifères : quand se passer d’apigénine

Dans les essais, l’extrait de camomille est bien toléré : chez Mao, 17 % des patients sous camomille ont signalé un effet indésirable contre 19 % sous placebo, tous légers. Dans l’essai de Mastrofini, aucun abandon n’est venu du mélange du soir à 50 mg d’apigénine. Les vrais risques sont rares.

Le premier, c’est l’allergie. La camomille fait partie des Astéracées, la famille de l’armoise et de l’ambroisie. Andres et ses collègues (2009) décrivent un homme de 38 ans qui a fait un choc allergique grave une heure après une infusion de camomille. Les auteurs signalent des allergies croisées avec l’armoise : si tu es allergique à son pollen, méfie-toi de la camomille.

Le second concerne les médicaments. Une femme de 70 ans sous warfarine, un anticoagulant, a fait plusieurs hémorragies internes après avoir pris de la camomille en infusion et en lotion (Segal et Pilote, 2006). Dans des tubes à essai, l’apigénine freine aussi trois enzymes du foie qui éliminent de nombreux médicaments, d’après DeRango-Adem et Blay. Plus rassurant : chez 18 volontaires, 84 mg d’apigénine par jour, apportés par du persil séché pendant 7 jours, n’ont changé ni les plaquettes ni la coagulation (Janssen, 1998). Si tu prends un anticoagulant ou un traitement au long cours, parles-en à ton médecin avant.

Comme l’apigénine se fixe, chez la souris, sur le même site que les benzodiazépines, je ne la cumulerais pas avec un somnifère, un anxiolytique ou de l’alcool le soir. Pour la grossesse et l’allaitement, il n’existe aucune donnée sur l’apigénine. Une revue de 23 études sur la camomille autour de la grossesse juge les preuves trop faibles pour conclure (Ferguson et Gordon, 2025). Dans le doute, abstiens-toi.

De 3 à 18 mg par jour dans les essais, 50 mg chez Huberman

Les essais positifs sur l’anxiété n’ont jamais donné 50 mg d’apigénine. Chez Amsterdam, c’était 2,6 à 13,2 mg par jour, contenus dans 220 à 1 100 mg d’extrait. Chez Mao, 18 mg de glucosides d’apigénine dans 1 500 mg d’extrait. Je te mets les doses côte à côte :

Graphique horizontal des doses d'apigénine par jour : 0,45 à 1,17 mg dans l'alimentation, 5,6 mg dans une gélule, 2,6 à 13,2 mg dans l'essai d'Amsterdam, 17,8 mg dans un repas de persil, 18 mg dans l'essai de Mao et 50 mg dans le protocole Huberman
Apigénine par jour selon la source. En rouge, les essais contre placebo sur l’anxiété ; chez Mao, la dose est comptée en glucosides d’apigénine. Le repas de persil est une prise unique. Graphique MuscuNutrition d’après les chiffres des études citées et de la fiche de l’apigénine Nutriforce.

La dose de 50 mg vient du protocole de sommeil d’Andrew Huberman, pas d’un essai. Testée avec du magnésium et de la théanine chez des gens qui dormaient bien, elle n’a rien donné. Je viserais plutôt la zone des essais, entre 5 et 15 mg environ. Si tu préfères une gélule dosée, tu peux avoir une réduction sur l’apigénine Nutriforce avec le code MUSCUNUTRITION : une gélule apporte 5,6 mg d’apigénine pure, à peu près ce que contenaient deux gélules de l’essai d’Amsterdam. Garde en tête que les essais ont testé l’extrait de camomille entier, avec ses autres molécules.

Aucun essai n’a comparé le matin et le soir : les gélules étaient souvent réparties dans la journée, en trois prises chez Mao, après le déjeuner et le dîner à Ispahan. Pour le sommeil, le soir reste le choix logique. Côté délai, l’anxiété baisse déjà après 2 semaines dans la méta-analyse de Hieu.

Apigénine : quelle dose et quand la prendre ? Contre l’anxiété, les essais positifs ont donné 2,6 à 18 mg d’apigénine par jour sous forme d’extrait de camomille, pendant 8 semaines. Pour le sommeil, 400 à 800 mg d’extrait pendant 4 semaines. Prends-la le soir si c’est pour dormir. Compte 2 semaines pour juger l’effet sur l’anxiété et 4 pour le sommeil.

Les études chez l’humain sur la camomille et l’apigénine, réunies dans un tableau

ÉtudeParticipantsProduit et dose par jourDuréeRésultat
Amsterdam 200957 adultes avec anxiété généralisée légère à modéréeExtrait de camomille à 1,2 % d’apigénine, 220 à 1 100 mg8 semainesAnxiété -53 % contre -35 % sous placebo, écart significatif sur l’évolution du score
Keefe 2016179 adultes avec anxiété généralisée modérée à sévère, sans placeboExtrait, 1 500 mg8 semaines58 % de répondeurs, effets indésirables chez 12 %
Mao 201693 répondeurs de l’essai précédentExtrait, 1 500 mg, ou placebo26 semainesRechute 15 % contre 26 % (non significatif), anxiété plus basse sous camomille
Keefe 201845 adultes anxieux, sans placeboExtrait, 1 500 mg8 semainesCortisol du matin plus haut chez ceux qui vont mieux
Adib-Hajbaghery 201760 personnes de 60 ans et plusExtrait, 400 mg4 semainesQualité du sommeil meilleure que sous placebo
Abdullahzadeh 201777 résidents de maisons de retraite, sans placeboExtrait, 800 mg4 semainesQualité du sommeil meilleure que sans rien
Chang 201680 jeunes mères dormant mal, sans placeboInfusion de camomille2 semainesMieux à 2 semaines, plus de différence à 4 semaines
Zick 201134 insomniaques chroniquesExtrait, 540 mg28 joursSommeil comme sous placebo
Mastrofini 2026103 adultes actifs en bonne santé, dont 25 sous le seul mélange du soir50 mg d’apigénine, magnésium et théanine14 joursSommeil et stress comme sous placebo
Meyer 200611 adultesEnviron 140 g de persil (18 mg d’apigénine), une fois28 heures de suiviPic de 127 nmol/L, 0,2 % de la dose dans les urines
Borges 2022Hommes en bonne santéApigénine pure, boisson au persil, infusion de camomillePrise uniqueDans les urines : 0,5 % (pure), 11 % (persil), 34 % (infusion)
Janssen 199818 volontaires5 g de persil séché (84 mg d’apigénine)7 joursPlaquettes et coagulation inchangées
Méta-analyse Hieu 201912 essaisCamomille sous diverses formesVariableSommeil meilleur, anxiété ponctuelle inchangée, anxiété généralisée -1,4 à -1,8 point
Méta-analyse Kazemi 202410 études, 772 participantsCamomille sous diverses formesVariablePSQI -1,88 point, durée du sommeil inchangée
Méta-analyse Firoozi 20263 essais chez des femmes avec ovaires polykystiquesCamomilleVariableTestostérone inchangée

Dernière étude ajoutée : Mastrofini et al., 2026.

Mon avis : 5 à 15 mg le soir pour le stress, rien à attendre côté testostérone

Si tu es anxieux de nature, stressé depuis des semaines, ou si tu dors moins bien en vieillissant, l’apigénine, ou plutôt la camomille, a des essais humains pour elle. L’effet est modeste, mais il est là, avec très peu d’effets indésirables. Je partirais sur la zone des essais : 5 à 15 mg d’apigénine par jour, en gélule ou sous forme d’extrait de camomille titré, le soir si ton souci est le sommeil. Fais le point au bout de 4 semaines, et arrête si rien n’a bougé.

Si tu en attends plus de testostérone, moins d’œstrogènes ou plus de muscle, passe ton chemin : rien de tout ça n’a été vu chez l’humain. Et évite-la si tu es allergique à l’armoise ou à la camomille, si tu prends de la warfarine ou un somnifère, ou si tu es enceinte.

Pour un stress qui s’installe, les essais sont plus solides du côté de l’ashwagandha. Et si c’est ton œstradiol qui t’inquiète, commence par ce que valent les anti-aromatases naturels.

Sources

  1. Kramer DJ, Johnson AA (2024). Apigenin: a natural molecule at the intersection of sleep and aging. Frontiers in Nutrition.
  2. DeRango-Adem EF, Blay J (2021). Does Oral Apigenin Have Real Potential for a Therapeutic Effect in the Context of Human Gastrointestinal and Other Cancers? Frontiers in Pharmacology.
  3. Hostetler GL, Ralston RA, Schwartz SJ (2017). Flavones: Food Sources, Bioavailability, Metabolism, and Bioactivity. Advances in Nutrition.
  4. Meyer H, Bolarinwa A, Wolfram G et al. (2006). Bioavailability of Apigenin from Apiin-Rich Parsley in Humans. Annals of Nutrition and Metabolism.
  5. Borges G, Fong RY, Ensunsa JL et al. (2022). Absorption, distribution, metabolism and excretion of apigenin and its glycosides in healthy male adults. Free Radical Biology and Medicine.
  6. Viola H, Wasowski C, Levi de Stein M et al. (1995). Apigenin, a Component of Matricaria recutita Flowers, is a Central Benzodiazepine Receptors-Ligand with Anxiolytic Effects. Planta Medica.
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  9. Amsterdam JD, Li Y, Soeller I et al. (2009). A Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled Trial of Oral Matricaria recutita (Chamomile) Extract Therapy for Generalized Anxiety Disorder. Journal of Clinical Psychopharmacology.
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  11. Mao JJ, Xie SX, Keefe JR et al. (2016). Long-term chamomile (Matricaria chamomilla L.) treatment for generalized anxiety disorder: A randomized clinical trial. Phytomedicine.
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