Booster de testostérone naturel : le classement, du tongkat ali à la fadogia

Image de tongkat ali vs turkesterone pour choisir tongkat ali ou ashwagandha. pareil pour le shilajit et la turkesterone

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Fadogia agrestis, tongkat ali, ashwagandha, turkestérone, shilajit, tribulus : chaque booster de testostérone naturel a ses défenseurs, et on me demande souvent lequel choisir. Quand on ne garde que les essais contre placebo chez l’homme, le classement change du tout au tout. Les deux plantes les mieux étudiées, le tongkat ali et l’ashwagandha, font monter la testostérone d’environ 10 à 15 %, et pas chez tout le monde. La fadogia, vendue comme la plus puissante, n’a jamais été testée chez l’humain. Et chez un homme en surpoids, perdre du gras fait au moins autant que la meilleure gélule.

Ce qu’un booster de testostérone peut faire, et ce qu’il ne fera pas

Ta testostérone est fabriquée par les testicules, sur ordre de la LH, une hormone envoyée par le cerveau (je détaille ce circuit dans l’article sur l’axe gonadotrope). Dans le sang, une partie est retenue par la SHBG, une protéine de transport. C’est la testostérone libre qui agit directement, comme je l’explique dans l’article sur la testostérone libre et l’âge.

Un complément peut agir de quatre façons. Il peut corriger un manque, comme le zinc chez un homme carencé. Il peut lever un frein, par exemple le cortisol, l’hormone du stress. Il peut pousser les testicules à produire plus : c’est ce qu’on prête au tongkat ali, au tribulus ou à la fadogia. Ou il peut apporter des hormones toutes faites, comme le pollen de pin, mais en quantités infimes. Chez un homme qui ne manque de rien, la marge est donc faible.

Chez les hommes de 19 à 39 ans qui ne sont pas obèses, la testostérone totale va de 264 à 916 ng/dL (normes harmonisées de Travison). Une hausse de 15 % fait passer un homme de 500 à 575 ng/dL. Il reste au milieu de la zone normale.

Les étiquettes promettent bien plus. Des urologues américains ont étudié 50 boosters de testostérone trouvés sur Google. 90 % promettaient de faire monter la testostérone. Pourtant, seuls 24,8 % de leurs ingrédients avaient au moins une étude montrant une hausse. Et 13 produits dépassaient les limites de sécurité du zinc, de la vitamine B3 ou du magnésium.

Une revue systématique de 2024 a repris 52 études sur 27 de ces ingrédients. La plupart ne font pas monter la testostérone totale. Côté plantes, elle ne juge « possiblement efficaces » que le tongkat ali et l’ashwagandha chez l’homme en bonne santé. Chez l’homme dont la testostérone baisse avec l’âge, elle retient le tongkat ali, un shilajit purifié et un mélange de grenade et de cacao. Une autre revue, en 2021, retenait surtout le fenugrec et l’ashwagandha. Elle ne jugeait que 6 essais sur 32 vraiment solides.

Pour mon classement, j’ai regardé quatre choses : les essais contre placebo chez l’homme, la testostérone mesurée dans le sang, le profil des hommes testés et qui a payé l’étude.

Le classement des boosters de testostérone naturels, du plus solide au plus fragile

En haut du tableau, des essais contre placebo qui trouvent une hausse. En bas, seulement des études sur le rat.

ComplémentEssais chez l’hommeCe qu’ils montrentMon verdict
Tongkat ali5 essais contre placebo+12 % après 50 ans si la testostérone est basse, rien de net chez l’homme en bonne santéLe plus solide si ta testostérone est basse
Ashwagandha3 essais retenus en 2024Environ +15 %, chez de jeunes débutants comme après 40 ansSolide aussi, surtout si tu es stressé
Fenugrec6 essais contre placeboPetite hausse de la totale, pas de la libreFaible, essais des fabricants
Shilajit1 essai contre placebo+20 %, mais le placebo chute de 24 %À confirmer
Cistanche1 essai en musculationTestostérone finale 16 à 22 % plus hauteÀ confirmer
ZincPrivation, supplémentation, ZMARemonte chez l’homme carencé seulementSi tu en manques
Tribulus4 essais retenus en 2024Aucune hausse chez l’homme en bonne santéInutile
Maca4 essais contre placeboAucune hausse, même à 5 g par jourPour la libido, pas pour la testostérone
Vitamine D11 comparaisons contre placeboPas d’effet démontréInutile pour la testostérone
Magnésium1 étude sans placebo, essais du ZMAAucune hausse chez le sportifInutile
Bore1 essai contre placebo, 1 sans témoinRien chez 19 culturistesPas démontré
Turkestérone1 résumé de congrès (4 semaines)Aucun effet, testostérone inchangée avec l’ecdystéronePas un booster de testostérone
Pollen de pin2 essais sans placeboPas de hausse nettePas démontré
Pyrèthre d’AfriqueAucun avec la plante seuleRien de significatif chez le rat sainPas démontré
Fadogia agrestisAucun2 à 6 fois plus chez le rat en 5 jours, testicules abîmés en 4 semainesÀ éviter

Le meilleur booster de testostérone naturel, d’après les essais : le tongkat ali si ta testostérone est basse après 45 ans, l’ashwagandha si tu es stressé ou en surpoids. Dans les deux cas, attends-toi à 10 à 15 % de plus, pas à un changement de physique. La fadogia et la turkestérone, les plus vantées, n’ont aucun essai qui montre une hausse de testostérone chez l’homme.

Voilà ce que donnent sept essais contre placebo, plante par plante :

Graphique en barres de la variation de la testostérone totale dans sept essais : tongkat ali plus 12,2 % contre moins 2,8 % sous placebo, plus 43,9 % contre moins 8,2 %, plus 5,7 % contre plus 0,4 % ; ashwagandha plus 15,3 % contre plus 2,7 % ; fenugrec plus 12,2 % contre moins 6,1 % ; shilajit plus 20,5 % contre moins 23,5 % ; maca plus 0,2 % contre moins 13,4 %
Variation de la testostérone totale dans sept essais, sous complément (rouge) et sous placebo (gris). Pour le shilajit, l’écart vient autant de la chute du placebo que de la hausse sous shilajit. Graphique MuscuNutrition d’après les chiffres de Chinnappan et al. (2021), Leisegang et al. (2022), Wankhede et al. (2015), Rao et al. (2016), Pandit et al. (2016) et Shin et al. (2023).

Tongkat ali et ashwagandha, les plus solides face au placebo

Le tongkat ali agit surtout quand la testostérone est basse

L’essai le plus solide sur le tongkat ali en musculation et pour la testostérone date de 2021. Chinnappan et son équipe ont suivi 105 hommes de 50 à 70 ans dont la testostérone était sous 300 ng/dL. Avec 200 mg par jour d’extrait de racine pendant 12 semaines, elle est passée de 200,5 à 225,0 ng/dL. Celle du placebo descendait de 183,0 à 177,9. C’est environ 12 % de plus, et ces hommes restent sous le seuil de 300. Au Brésil, Leitão et ses collègues trouvent bien plus (de 278 à 400 ng/dL en 6 mois), mais sur une dizaine d’hommes par groupe.

Chez l’homme en bonne santé, c’est une autre histoire. Dans la méta-analyse de Leisegang, l’effet global vient des hommes à testostérone basse. Chez 40 hommes en bonne santé sous 300 mg par jour, la testostérone est passée de 458 à 484 ng/dL en 12 semaines, contre 540 à 542 sous placebo. La différence n’est pas significative. Chez 109 hommes de 30 à 55 ans, rien non plus. Voilà la figure de la méta-analyse :

Deux graphiques en forêt : à gauche, trois essais chez des hommes en bonne santé dont le losange de synthèse touche la ligne zéro ; à droite, quatre comparaisons chez des hommes à testostérone basse avec un losange nettement à droite
À droite de la ligne verticale, plus de testostérone qu’avec le placebo. Chez les hommes en bonne santé (A), le losange orange qui résume les essais déborde sur la ligne zéro. Chez les hommes à testostérone basse (B), il est nettement à droite. Leisegang et al., Medicina, 2022, figure 4, licence CC BY 4.0.

Deux réserves. Presque tous ces essais testent le même extrait, Physta, avec l’argent de son fabricant malaisien. Et en 2021, l’EFSA, l’autorité européenne de sécurité des aliments, n’a pas pu conclure que cet extrait était sans risque. En cause : des atteintes de l’ADN vues en éprouvette et chez le rat à très forte dose. Côté muscle, le seul essai contrôlé chez de jeunes pratiquants ne trouve pas plus de force qu’avec l’entraînement seul.

L’ashwagandha, environ 15 % de plus, peut-être grâce au stress en moins

L’essai le plus cité vient d’Inde. Wankhede et ses collègues ont suivi 57 jeunes hommes qui débutaient la musculation. Ils prenaient 600 mg par jour d’extrait de racine ou un placebo, pendant 8 semaines. La testostérone est passée de 630 à 727 ng/dL sous ashwagandha (15 % de plus), et de 675 à 693 sous placebo. Le développé couché a pris 46,0 kg contre 26,4 kg. Un détail qu’on cite rarement : à la fin, la testostérone des deux groupes n’était pas significativement différente, car le groupe placebo partait plus haut.

Chez des hommes de 40 à 70 ans en surpoids, 8 semaines d’un autre extrait ont donné 14,7 % de testostérone en plus qu’avec le placebo. Chacun a pris les deux produits à tour de rôle, et 43 hommes sont allés au bout. Mais les hormones ont été dosées dans la salive. Et ces hommes ne se sentaient ni moins fatigués ni plus vigoureux qu’avec le placebo.

Les chercheurs pensent que cette hausse passe en partie par le cortisol, qui freine la testostérone quand il reste haut, mais ils ne l’ont pas démontré. Chez 64 adultes stressés, 600 mg par jour pendant 60 jours l’ont fait baisser de 27,9 %, contre 7,9 % sous placebo. Je détaille ces essais dans l’article sur l’ashwagandha en musculation. Côté sécurité, l’ANSES n’a pas pu fixer de dose sans risque en 2024. Elle demande de s’en passer en cas de maladie de la thyroïde, du foie ou du cœur, pendant la grossesse et avec un traitement sédatif.

Tongkat ali ou ashwagandha : lequel choisir

Sur la testostérone, les deux font jeu égal : 12 à 15 % de plus en 8 à 12 semaines. Ce qui les départage, c’est ton profil. Le tongkat ali marche surtout après 45 ans quand la testostérone est basse, et presque pas chez l’homme jeune en bonne santé. L’ashwagandha a été testée chez de jeunes débutants comme chez des hommes de 40 à 70 ans. Elle agit aussi sur le stress, ce que le tongkat ali n’a montré que dans un petit essai. Aucun essai n’a testé les deux ensemble.

Le tongkat ali si ta testostérone est basse, l’ashwagandha si tu es stressé : le premier si une prise de sang la montre basse après 45 ans. La seconde si tu dors mal, si tu débutes ou si le stress domine. Aucun des deux n’est anodin. L’EFSA n’a pas pu valider la sécurité de l’extrait de tongkat ali le plus étudié, et l’ANSES déconseille l’ashwagandha à plusieurs profils.

Shilajit et cistanche : un seul essai positif chacun

Le shilajit est une résine noire qui suinte des roches de l’Himalaya. Pour la testostérone, tout repose sur un essai indien de 2016. Des hommes de 45 à 55 ans ont pris 250 mg deux fois par jour d’un shilajit purifié (PrimaVie) ou un placebo, pendant 90 jours. À la fin, la testostérone totale et libre était plus haute sous shilajit.

Regarde le tableau des résultats. Sous shilajit, la testostérone passe de 4,84 à 5,83 ng/mL, soit 20,5 % de plus. Sous placebo, elle tombe de 5,82 à 4,45 ng/mL, une chute de 23,5 % en trois mois chez des hommes en bonne santé. C’est inhabituel, et ça fabrique une bonne partie de l’écart : le groupe shilajit finit au niveau où le placebo avait commencé. L’étude a été financée par Natreon, le fabricant de PrimaVie. Un essai plus ancien chez 28 hommes infertiles trouve aussi 23,5 % de plus, mais sans placebo. J’en parle dans mon analyse du shilajit.

La cistanche, une plante parasite des déserts chinois, n’a elle aussi qu’un essai en musculation. Chez 48 hommes suivis 8 semaines, 5 g par jour d’extrait ont donné une testostérone finale plus haute qu’avec le placebo. Chez les débutants, 774 ng/dL contre 636 sous placebo. Chez les entraînés, 846 contre 732. Mais il y avait 12 hommes par groupe, l’extrait venait de son producteur, et personne n’a refait l’essai. Le reste vient de rats diabétiques, comme je l’explique dans mon article sur la cistanche.

Turkestérone : un stéroïde de plante qui ne touche pas à ta testostérone

La turkestérone fait partie des ecdystéroïdes, les hormones de mue des insectes, que certaines plantes fabriquent aussi. La plus étudiée de la famille est sa cousine l’ecdystérone, présente dans les épinards et le quinoa. On lit souvent que ces molécules stimulent les récepteurs de la testostérone. Mais chez le rat et sur des cellules musculaires, l’ecdystérone passe par un récepteur des œstrogènes : un anti-androgène ne bloque pas son effet, un anti-œstrogène si.

Et dans les essais, elle ne fait pas monter la testostérone. Chez 45 hommes entraînés, 200 mg d’ecdystérone par jour pendant 8 semaines n’ont changé ni la testostérone, ni la masse maigre, ni la force.

Côté muscle, un essai est positif. Isenmann et ses collègues, financés par l’Agence mondiale antidopage, ont suivi 46 jeunes hommes pendant 10 semaines de musculation. Ceux qui prenaient de l’ecdystérone ont gagné plus de muscle et de force au développé couché que sous placebo. D’après la figure de l’étude, environ 2 kg de masse musculaire avec la plus forte dose, alors que le groupe placebo n’en gagnait pas. Les auteurs ont même demandé qu’on l’ajoute à la liste des produits dopants.

En 2025, la même équipe a refait l’expérience avec 28 pratiquants entraînés et un produit du commerce. Après 12 semaines, les deux groupes avaient progressé pareil, et la testostérone n’avait bougé dans aucun. En analysant les gélules, les chercheurs ont trouvé moins de 1 % de l’ecdystérone annoncée. Voilà la force des deux groupes :

Deux graphiques en courbes : la charge maximale au squat et au développé couché progresse de la même façon pendant 12 semaines dans le groupe ecdystérone et dans le groupe placebo
Charge maximale au squat (à gauche) et au développé couché (à droite), au départ (T0) puis toutes les 4 semaines, avec le produit à l’ecdystérone (carrés, EcDi) ou le placebo (triangles, Plac). Les deux courbes montent ensemble. Dissemond et al., Journal of the International Society of Sports Nutrition, 2025, figure 3, licence CC BY 4.0.

Ce n’est pas un cas isolé. Sur 12 compléments d’ecdystérone analysés, la teneur réelle était en général bien plus basse que l’étiquette. Pour la turkestérone elle-même, je n’ai trouvé qu’une étude sur des prises ponctuelles chez 11 hommes, sans effet significatif. Il y a aussi un résumé de congrès sur 24 étudiants suivis 4 semaines, sans différence avec le placebo. J’en parle plus en détail dans mon article sur la turkestérone.

Entre tongkat ali et turkestérone, la comparaison n’a donc pas de sens. Le premier peut faire monter un peu une testostérone basse. La seconde vise le muscle, avec un essai positif sur trois pour l’ecdystérone et aucun pour la turkestérone.

Tribulus, maca, vitamine D, zinc, magnésium, bore, pollen de pin : rien chez l’homme en bonne santé

Le tribulus terrestris est le plus ancien booster de testostérone du marché. Sur ce point, les essais sont clairs. Chez 21 hommes de 20 à 36 ans, 4 semaines de tribulus n’ont changé ni la testostérone ni la LH. Une revue de 11 études ne trouve de hausse chez l’humain qu’avec des mélanges. Seule exception, une équipe du Caire trouve environ 60 à 70 ng/dL de plus (revue brésilienne de 2025). C’était chez des hommes de 40 à 70 ans à testostérone basse. Le tribulus garde un petit intérêt pour l’érection, pas pour tes hormones.

La maca améliore un peu le désir sexuel dans quelques petits essais, mais son action sur la testostérone est très faible. Chez 56 hommes sous 1,5 ou 3 g par jour pendant 12 semaines, aucune hormone n’a bougé par rapport au placebo. Chez 80 hommes de plus de 40 ans, même à 5 g par jour, la testostérone est passée de 4,40 à 4,41 ng/mL.

La vitamine D doit sa réputation à un essai de 2011. Chez 54 hommes en surpoids et carencés, 3 332 UI par jour pendant un an ont fait passer la testostérone de 10,7 à 13,4 nmol/L. Mais à la fin, le groupe placebo était à 12,7 nmol/L, un écart qui peut venir du hasard. Les essais conçus pour la question n’ont rien retrouvé. À Graz, 98 hommes en bonne santé ont pris 20 000 UI par semaine ou un placebo pendant 12 semaines : aucun effet. Une méta-analyse de 2026 sur 11 comparaisons contre placebo ne trouve pas d’effet démontré.

Le zinc, lui, compte vraiment quand il manque. Privés de zinc pendant 20 semaines, 4 jeunes hommes ont vu leur testostérone tomber de 39,9 à 10,6 nmol/L. Chez 9 hommes de 64 ans carencés, 30 mg par jour pendant 6 mois l’ont fait remonter de 8,3 à 16,0 nmol/L, sans groupe placebo. Mais chez 14 sportifs qui en mangeaient assez, 8 semaines de ZMA (zinc, magnésium et vitamine B6) n’ont rien changé. Pour le magnésium, l’étude citée partout n’avait pas de placebo. Et les sportifs qui s’entraînaient sans magnésium y ont gagné plus de testostérone totale que ceux qui en prenaient.

Le bore repose, pour la testostérone de l’homme, sur deux petites études. Chez 8 hommes, 10 mg par jour pendant une semaine ont fait monter la testostérone libre, sans groupe témoin. C’est à peu près la dose journalière admissible en Europe, alors que l’alimentation en apporte 1 à 3 mg (revue de 2025). Chez 19 culturistes, 2,5 mg par jour pendant 7 semaines n’ont rien fait de plus que le placebo.

Le pollen de pin contient bien de la testostérone, mais 0,08 µg par gramme. Il faudrait en avaler environ 71 kg pour égaler ce que ton corps fabrique en une journée. Ses deux seuls essais chez l’humain, sans placebo, ne trouvent pas de hausse nette.

Fadogia et pyrèthre d’Afrique : des chiffres de rats vendus comme des promesses

La fadogia agrestis est présentée partout comme le booster de testostérone le plus puissant, avec des « 600 % » en vitrine. Ce chiffre vient d’une étude nigériane de 2005 sur des rats. Après 5 jours d’extrait de tige, leur testostérone était 2, 3 ou 6 fois celle des rats témoins selon la dose, avec 5 rats par groupe. Les mêmes chercheurs ont ensuite donné l’extrait pendant 28 jours : testicules plus lourds, marqueurs du tissu déréglés. Au microscope, ils ont vu des tubes séminifères détruits et moins de spermatozoïdes aux deux plus fortes doses. Pour un homme de 70 kg, ces doses font environ 3 et 6 g de poudre de tige par jour. En octobre 2026, aucun essai chez l’humain n’a été publié.

Non, la fadogia n’est pas le booster de testostérone le plus puissant : ses « 600 % » viennent de 5 rats par groupe après 5 jours. Aucun essai n’existe chez l’homme, et chez le rat, les mêmes doses abîment les testicules en 4 semaines.

Même scénario pour le pyrèthre d’Afrique, une petite marguerite du Maghreb dont on vend la racine. Les hausses de testostérone publiées viennent de rats, la plus forte avec un extrait injecté dans le ventre. Chez des rats en bonne santé qui l’avalent, une équipe iranienne ne trouve pas de hausse significative après 25 jours. Une équipe du Caire mesure 7,81 ng/mL contre 7,27 chez les témoins après 8 semaines, sans différence significative. Aucun essai chez l’homme n’a testé la plante seule.

Sommeil et tour de taille : ce qui pèse plus lourd que les plantes

Avant d’acheter une plante, regarde deux choses. Le sommeil d’abord. À Chicago, 10 hommes de 24 ans ont dormi 5 heures par nuit pendant une semaine. Leur testostérone de la journée est passée de 18,4 à 16,5 nmol/L, une baisse de 10 à 15 %. Les auteurs rappellent que le vieillissement en fait perdre 1 à 2 % par an.

Le poids ensuite. Une méta-analyse a réuni 24 études sur des hommes en surpoids ou obèses qui perdaient du poids. Avec un régime hypocalorique, leur testostérone totale remonte de 2,87 nmol/L, environ 83 ng/dL. Après une chirurgie de l’obésité, elle remonte de 8,73 nmol/L, environ 250 ng/dL. Plus la perte de poids est grande, plus elle remonte. Je te mets les ordres de grandeur côte à côte :

Graphique en barres horizontales : plus 252 ng/dL après une chirurgie de l'obésité, plus 83 avec un régime hypocalorique, plus 78 pour l'ashwagandha et plus 30 pour le tongkat ali par rapport au placebo, moins 55 après une semaine à 5 heures de sommeil
Ordres de grandeur : les plantes sont comparées à leur placebo, le sommeil et la perte de poids à la situation de départ. Graphique MuscuNutrition d’après les chiffres de Corona et al. (2013), Leproult et Van Cauter (2011), Wankhede et al. (2015) et Chinnappan et al. (2021).

Un régime fait donc à peu près autant que la meilleure plante, et une grosse perte de poids trois fois plus. Si tu as du ventre, la perte de gras reste le booster de testostérone que je mets en tête, pour sa sûreté et son efficacité. Inutile en revanche de compter sur la vitamine D pour la testostérone : les essais contre placebo ne trouvent aucune hausse chez l’homme qui n’est pas carencé.

Quel booster de testostérone choisir selon ton profil

Si tu as moins de 35 ans, que tu t’entraînes et que tu n’as aucun symptôme, je ne pense pas qu’un complément change quelque chose que tu sentiras. Dors assez, mange assez, et garde ton argent. Si tu veux quand même tester une plante, l’ashwagandha est la mieux placée chez le jeune pratiquant. Dans l’essai de Wankhede, c’était 600 mg par jour d’extrait de racine pendant 8 semaines.

Après 45 ans, avec de la fatigue, une libido en baisse ou des érections moins fermes, fais d’abord une prise de sang le matin. Demande la testostérone totale et la SHBG, et montre le résultat à ton médecin. Une testostérone basse a des causes à chercher. Si elle est basse ou limite, le tongkat ali est la plante qui a le plus d’arguments. Prends 200 mg par jour d’un extrait de racine standardisé pendant 8 à 12 semaines, puis refais une prise de sang. Si c’est le stress qui domine, l’ashwagandha est plus logique. Dans les deux cas, une seule plante à la fois, à la dose des essais.

Ce que j’éviterais : la fadogia, pour ce qu’elle fait aux testicules des rats, et les mélanges du commerce, qui empilent en moyenne huit ingrédients. Je n’associerais aucune de ces plantes à des stéroïdes ou à un anti-aromatase.

Pour une épice souvent rangée parmi les boosters de testostérone, j’ai aussi analysé la cannelle en musculation. Et si on t’a déjà proposé de la DHEA, j’ai repris les études sur la DHEA en complément.

Tous les articles du blog sur la testostérone

Le classement plus haut ne parle que des compléments. Le blog traite aussi de ce qui règle ta testostérone au quotidien : l’axe hormonal qui la commande, l’âge, la prolactine, l’œstradiol, l’alimentation. Voici tous ces articles, avec ce que les études montrent chez l’homme et mon verdict en quelques mots. Les compléments viennent d’abord, du mieux prouvé au moins prouvé.

SujetCe que montrent les études chez l’hommeVerdictArticle
Tongkat aliChez 105 hommes de 50 à 70 ans à testostérone basse, 200 mg d’extrait par jour ont fait monter la testostérone d’environ 12 % en 12 semaines. Rien de significatif chez l’homme en bonne santé.Le plus solide si ta testostérone est basseTongkat ali en musculation
AshwagandhaEnviron 15 % de testostérone en plus chez de jeunes débutants en musculation (600 mg par jour, 8 semaines). Le cortisol baisse de 23 à 33 % chez les adultes stressés.Le meilleur choix si tu es stressé ou si tu débutesAshwagandha en musculation
Ashwagandha : effets secondairesChez 80 volontaires, 600 mg par jour pendant 8 semaines n’ont changé ni le foie, ni les reins, ni la thyroïde. De rares atteintes du foie ont été publiées, plus graves chez des malades du foie.Pas pendant la grossesse, ni avec une maladie du foie ou de la thyroïdeEffets secondaires de l’ashwagandha (article le 27 octobre)
FenugrecPetite hausse de la testostérone totale dans 6 essais contre placebo, souvent payés par les fabricants, sans effet net sur la libre. Plus d’érections matinales après 40 ans dans un essai.Un petit effet, surtout sur la libido après 40 ansFenugrec en musculation (article le 19 novembre)
ShilajitUn seul essai contre placebo : +20,5 % en 90 jours chez des hommes de 45 à 55 ans (500 mg par jour), mais le placebo chutait de 23,5 %. Essai payé par le fabricant.Une piste après 45 ans, avec le certificat d’analyse du lotShilajit en musculation
CistancheUn seul essai en musculation : chez 48 hommes, 5 g d’extrait par jour pendant 8 semaines, plus de force chez les débutants et une testostérone finale 16 à 22 % plus haute.Un essai positif, à confirmerCistanche tubulosa
ZincPrivés de zinc pendant 20 semaines, 4 jeunes hommes ont perdu près des trois quarts de leur testostérone. Chez des sportifs qui en mangent assez, le ZMA ne change rien.Utile seulement si tu en manquesZinc et musculation
Tribulus terrestrisAucune hausse de testostérone ni de force chez l’homme en bonne santé. En cas de troubles légers de l’érection, 3 à 4 points de plus que le placebo au score d’érection.Inutile pour la testostérone, un petit effet sur l’érectionTribulus et testostérone
MacaLa testostérone ne bouge pas, même à 5 g par jour pendant 12 semaines. Le désir sexuel monte un peu dans plusieurs petits essais.Pour la libido, pas pour la testostéroneMaca en musculation (article le 22 novembre)
Vitamine DAucune hausse de testostérone dans les essais contre placebo, même chez des hommes carencés. Elle réduit un peu les infections de l’hiver, surtout chez ceux qui en manquent.Inutile pour la testostérone, utile l’hiver si ton taux est basVitamine D en musculation
Huile de nigelleLe seul essai contre placebo chez l’homme ne trouve pas de hausse de testostérone. Chez les diabétiques, la glycémie à jeun baisse d’environ 0,2 g/L.Pour la glycémie, pas pour la testostéroneHuile de nigelle (article le 24 janvier)
BoreTestostérone libre en hausse chez 8 hommes après une semaine à 10 mg par jour, sans groupe témoin. Chez 19 culturistes, rien de plus qu’avec le placebo.Pas démontréLe bore en musculation
Pollen de pin0,08 µg de testostérone par gramme : il en faudrait 71 kg pour égaler ce que ton corps fabrique en un jour. Deux essais sans placebo, sans hausse nette.Pas démontréPollen de pin et testostérone
TurkestéroneLes deux essais sur la turkestérone ne trouvent rien. Sa cousine l’ecdystérone a un essai positif sur le muscle, sans hausse de testostérone.Pas un booster de testostéroneTurkestérone en musculation
Bois bandé (muira puama)Aucune hausse de testostérone observée avec la plante seule, ni chez l’homme ni chez l’animal. Pour la libido, seulement des enquêtes sans placebo et des mélanges.Rien pour la testostérone, peu de preuves pour la libidoBois bandé et muira puama (article le 10 décembre)
Saw palmettoChez l’homme, ni la testostérone ni la LH ne bougent. Sur la prostate, les deux grands essais indépendants ne font pas mieux que le placebo.Ne fait pas monter la testostéroneSaw palmetto et DHT (article le 24 décembre)
CannelleAucun essai n’a mesuré la testostérone d’un homme sous cannelle. Chez des diabétiques, la glycémie à jeun baisse d’environ 15 mg/dL, et l’hémoglobine glyquée d’un demi-point dans la méta-analyse la plus récente.Pas démontré pour la testostéroneLa cannelle en musculation
Spilanthes acmellaChez le rat, la testostérone fait plus que doubler. Chez l’homme, un seul essai contre placebo, d’une seule équipe : +22 ng/dL en 3 mois chez des hommes à testostérone basse.Pas démontré chez l’hommeSpilanthes acmella et testostérone
Pyrèthre d’AfriqueAucun essai chez l’homme avec la plante seule. Avalé par des rats en bonne santé, l’extrait ne fait pas monter la testostérone de façon significative.Pas démontréPyrèthre d’Afrique (akarkara)
Fadogia agrestisAucun essai chez l’homme. Chez le rat, testostérone 2 à 6 fois plus haute en 5 jours, puis testicules abîmés en 4 semaines aux deux plus fortes doses.Ne vaut pas le risqueFadogia agrestis
Compléments anti-aromataseChrysine, DIM, ortie, resvératrol : aucun n’a fait baisser l’œstradiol d’un homme dans un essai. Quand un médicament bloque l’œstradiol, l’homme prend du gras et perd de la libido.Aucun ne vaut son prix pour cet usageAnti-aromatase naturels
Aliments anti-œstrogènesAucun aliment n’a fait baisser l’œstradiol d’un homme dans un essai. Un extrait de thé vert l’a même fait monter de 16 % chez des femmes ménopausées.Perds du gras et garde l’alcool pour les occasionsAliments anti-œstrogènes
DHEA en gélulesChez l’homme jeune qui s’entraîne, ni testostérone ni muscle en plus. C’est surtout son œstradiol qui monte.Inutile pour un homme qui s’entraîneDHEA en complément
DHEA et alimentationAucun aliment n’en apporte assez pour changer ton taux. L’âge pèse bien plus : après 70 ans, il reste environ un cinquième du pic.Dors bien et ne descends pas trop bas en graissesDHEA naturelle et alimentation
Testostérone et âgeAvec l’âge, la testostérone libre baisse d’environ 2 à 3 % par an, plus vite que la totale, parce que la SHBG monte.Une prise de sang le matin avant tout complémentTestostérone libre et âge
Axe gonadotrope (GnRH, LH, FSH)Après 48 heures de jeûne, la LH de 8 jeunes hommes tombe de 2,94 à 1,07 UI/L. Sèche trop dure, nuits courtes, surpoids et stéroïdes coupent ce signal du cerveau.Retirer la cause fait plus qu’une géluleAxe gonadotrope
ProlactineUne prolactine trop haute fait partie des causes les plus fréquentes de LH et de FSH basses, donc d’une testostérone basse.À faire doser si ta LH est basseProlactine et musculation
Régimes carnivore et cétogèneAucun essai sur le régime carnivore lui-même. Un régime très pauvre en graisses fait un peu baisser la testostérone, la perte de gras la fait remonter.La perte de gras compte plus que le type de régimeRégimes carnivore et cétogène
MyostatineChez 62 hommes âgés sarcopéniques, l’épicatéchine seule a fait moins bien que la musculation seule, et la myostatine n’a baissé que chez ceux qui s’entraînaient.L’entraînement d’abord, l’épicatéchine en optionBloqueurs de myostatine

Si tu ne devais en lire qu’un avant d’acheter quoi que ce soit, prends celui sur l’axe gonadotrope. Il t’apprend à lire la LH de ta prise de sang, celle qui dit d’où vient une testostérone basse.

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